RDC Sport

Arsenal inquiet : l'absence de Bukayo Saka et ses conséquences

Arsenal savait déjà que le déplacement à Everton serait piégeux. Il le sera encore plus sans son joueur le plus décisif. Bukayo Saka manquera le match de samedi en Premier League, touché à la cuisse contre le Bayern Munich, et l’ombre qui plane sur son état physique commence sérieusement à inquiéter Mikel Arteta.

Mercredi soir, à Munich, tout bascule au bout de dix minutes. Un simple ballon joué, aucun tacle, aucune collision. Saka s’arrête, porte la main à la partie haute de la cuisse, grimace. Il tente de repartir, mais son corps le trahit. L’ailier anglais finit par quitter la pelouse, remplacé par Eberechi Eze, et laisse derrière lui un silence lourd du côté d’Arsenal, malgré le 2-2 arraché en Ligue des champions.

Une blessure qui fait peur

Les premiers examens n’ont rien eu de rassurant. La zone touchée est gonflée, saturée de liquide, ce qui complique le diagnostic. Avant d’affronter Everton, Arteta a expliqué que Saka devait passer une nouvelle IRM, subir d’autres examens et consulter des spécialistes pour déterminer l’ampleur exacte de la blessure.

Le technicien espagnol n’a pas cherché à masquer son inquiétude. Il a reconnu que voir un joueur « peiner à marcher sans douleur » et limité dans ses mouvements n’augurait rien de bon, tout en appelant au calme en attendant un verdict médical clair. Derrière ces mots, les supporters d’Arsenal entendent surtout l’alarme.

Les informations qui remontent ne font qu’alimenter ce climat. Selon plusieurs médias anglais, le club craint une absence d’environ six semaines. D’autres évoquent même un arrêt de huit semaines. Aucun de ces délais n’a été confirmé officiellement par Arsenal, mais l’idée d’un long bail à l’infirmerie suffit déjà à changer la perspective de la saison.

Un calendrier qui ne pardonne pas

Si le scénario des six semaines se confirme, le coup est énorme. Le calendrier ne laisse aucun répit. Début novembre, Arsenal doit aller à Liverpool en Premier League, avant de recevoir Slavia Prague trois jours plus tard en Ligue des champions. Dans la foulée arrivent Newcastle, puis Manchester City, toujours en championnat.

Et ce n’est que la première vague. Un retour retardé ouvrirait la porte à d’autres absences de poids : le derby du nord de Londres face à Tottenham, puis un choc européen contre le Real Madrid en décembre. Rien n’est encore acté, mais la simple possibilité de voir Saka manquer ces rendez-vous suffit à tendre tout un club.

Car le problème ne se limite pas aux chiffres. Saka, ce ne sont pas seulement des buts et des passes décisives. C’est la constante menace, le joueur que les défenses surveillent en priorité, celui qui étire les blocs, qui ouvre des espaces pour les autres. Sans lui, Arsenal perd une bonne partie de sa créativité spontanée, cette étincelle qui fait basculer les matches fermés.

Arteta dispose d’options. Eberechi Eze peut occuper le couloir, Noni Madueke offre un autre profil de percussion, et le jeune Max Dowman pourrait gratter du temps de jeu si l’absence se prolonge. Mais aucun d’eux n’incarne aujourd’hui le même poids symbolique et tactique que Saka dans cette équipe.

La question qui dérange : la charge de travail

Cette nouvelle alerte ravive un débat qui couve depuis plusieurs saisons : jusqu’où peut-on tirer sur le corps de Bukayo Saka ? L’international anglais a déjà traîné plusieurs pépins physiques récemment, souvent gérés dans l’urgence pour qu’il soit de nouveau disponible le plus vite possible.

Arteta lui-même a reconnu que la gestion de sa charge de travail deviendrait cruciale à son retour. Le manager ne s’en est pas caché : le calendrier imposé aux joueurs de très haut niveau frôle l’absurde. Arsenal enchaîne trois matches en moins de six jours, avec le duel face au Bayern, la rencontre contre Everton et un match de League Cup contre Fleetwood Town. À ce rythme, la marge de récupération est quasi inexistante, surtout pour les joueurs les plus sollicités.

Pour l’instant, tout tourne autour d’une seule priorité : savoir exactement ce que Saka a, et combien de temps Arsenal devra apprendre à vivre sans lui. Le club ne peut pas se permettre de précipiter son retour, pas avec autant de mois encore à jouer et autant d’objectifs en jeu.

Mais si les pires craintes se confirment, cette blessure ne sera pas un simple contretemps. Elle pourrait bien devenir le moment charnière qui dira si la saison d’Arsenal bascule vers la conquête… ou vers le regret.