Ipswich – Nottingham Forest : un rendez-vous décisif pour le classement
Sept journées de Premier League, et déjà un tableau qui grince. Les formes se croisent, les calendriers brouillent la lecture, deux actions font basculer un jugement. Mais voir Ipswich installé à la 10e place et Nottingham Forest coincé au 19e rang n’était pas le scénario le plus probable au coup d’envoi de la saison.
Ipswich, lui, n’a pas traîné. Efficace, surtout à Portman Road. Le club compte déjà plus de victoires à domicile que lors de sa dernière saison dans l’élite, conclue par une relégation, il y a deux ans. Trois succès au total, autant que Liverpool, actuel cinquième. Cela situe le niveau. Gary O’Neil a rendu cette équipe compétitive très vite, et à ce stade de l’exercice, c’est plus précieux que n’importe quel débat sur l’esthétique.
Forest vit une histoire inverse. Oliver Glasner peine à installer un rythme, une continuité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : cinq points, une différence de buts de -4, et aucun but inscrit lors des quatre rencontres disputées à domicile. Voilà pourquoi Forest se déplace à Portman Road en position de relégable, avant-dernier. Il n’y a pas de maquillage possible pour ça.
Ipswich : des certitudes, un système qui s’affirme
La bonne nouvelle pour Ipswich arrive du milieu de terrain. Sasa Lukic, absent lors de la défaite 3-2 à Manchester City en raison d’une légère gêne à l’aine, est attendu de retour. S’il est apte, il retrouve sans discussion sa place aux côtés d’Exequiel Palacios dans l’entrejeu. Florentino Luis et Azor Matusiwa restent en embuscade, mais en solutions de rechange.
Jack Taylor, lui, n’a toujours pas lancé sa saison, freiné par un problème au genou. O’Neil devra encore composer sans lui. En revanche, le banc s’étoffe sur les côtés : Abdul Fatawu revient de suspension et offre une vraie alternative dans le couloir. De quoi mettre une pression claire sur Daizen Maeda, titulaire mais loin d’être intouchable.
Face à City, O’Neil avait innové avec une défense à trois. Un choix de contexte ? Pas seulement. Tout indique qu’il pourrait prolonger cette idée. Leif Davis et Abdoul Ouattara en pistons, largeur assurée, couverture défensive maintenue. À domicile, face à une équipe en manque de confiance comme Forest, ce schéma ressemble moins à un excès de prudence qu’à une logique assumée : garder la solidité sans renoncer aux couloirs.
Nottingham Forest : des trous aux deux extrémités du terrain
Forest arrive avec des soucis devant comme derrière. Igor Jesus est forfait jusqu’à la fin du mois en raison d’une blessure au mollet. Résultat, Liam Delap se profile comme avant-centre titulaire, avec Chris Wood en solution de secours.
Le cas Morgan Gibbs-White pèse lourd. Absent lors de la défaite contre Arsenal pour un problème musculaire, il se rapproche du retour, comme l’a laissé entendre Glasner. S’il est suffisamment remis, il doit débuter. Sans détour. Forest a besoin d’un lien entre le milieu et l’attaque, et personne ne remplit ce rôle aussi naturellement que lui. Avec Gibbs-White, James McAtee peut reculer d’un cran. Sans lui, Nicolas Dominguez devrait conserver sa place.
Derrière, une lueur : Nikola Milenkovic a retrouvé le groupe contre Arsenal après une contusion osseuse au genou. Il pourrait être réintégré avec prudence, par séquences. Nicolo Savona, lui, reste un absent de longue durée, toujours touché au genou, sans la moindre minute jouée depuis janvier.
Le retour de Liam Delap : une histoire qui ajoute du piquant
Le fil narratif de cette affiche tient en un nom : Liam Delap. L’attaquant revient à Portman Road, où il avait laissé une vraie empreinte avant son départ. Il a déjà montré quelques éclairs sous le maillot de Forest, dont un but important, l’ouverture du score lors de la victoire 2-1 sur la pelouse d’Aston Villa.
Face à une équipe d’Ipswich qui devrait défendre en nombre, mais laisser de l’espace en transition, Delap a un vrai coup à jouer. Ses courses dans le dos, son activité permanente peuvent faire mal. Le cadre est posé : ancien de la maison, équipe en difficulté, besoin de points. Tout est là pour une soirée marquante.
Pour le résultat, les signaux se croisent. Ipswich a pour lui le classement, l’avantage du terrain et une atmosphère sereine. Forest, lui, s’appuie sur des données sous-jacentes plus flatteuses que son rang ne le laisse penser, et peut espérer récupérer Gibbs-White, ce qui transformerait immédiatement son visage offensif.
Coup d’envoi à 20h, heure britannique, vendredi 23 octobre, à Portman Road. À la fin de la nuit, l’un de ces deux clubs, peut-être les deux, pourrait regarder le tableau en se disant que sa place n’est plus un mensonge. Ou au contraire qu’il révèle enfin la vérité.




