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Christchurch : Phillips et Jacobs relancent la Nouvelle-Zélande

Christchurch a longtemps grelotté, mais pas le duo Glenn Phillips – Bevon Jacobs. Après un départ chaotique, la Nouvelle-Zélande a arraché une totale métamorphose de son innings pour terminer à 180/5 face à l’Inde lors de ce deuxième T20I au Hagley Oval, après avoir été sonnée à 43/3 dans le powerplay.

L’Inde avait pourtant gagné le toss, choisi de poursuivre, et rapidement justifié ce choix. Puis le match a basculé.

Un début de naufrage pour les Black Caps

Le nouveau ballon a parlé, et fort. Arshdeep Singh, sur sa neuvième livraison, ouvre la brèche : Tim Seifert, 7 points, cède sur une prise de Tilak Varma. 9/1, la soirée commence mal pour les locaux.

Bhuvneshwar Kumar enfonce le clou dès l’over suivant. Daryl Mitchell, limité à 6, trouve lui aussi Tilak Varma. 18/2, Hagley Oval retient son souffle.

Mitchell Santner tente alors un pari audacieux pour boucler le powerplay, mais c’est l’Inde qui frappe encore. Le novice Prince Yadav, lancé pour le sixième over, n’a besoin que de deux balles pour faire tomber Finn Allen, 16 sur 14. Stumps éparpillés, seulement trois runs concédés dans l’over, et un tableau d’affichage brutal : 43/3 après six overs. La Nouvelle-Zélande tangue.

Axar et les jeunes indiens serrent l’étau

L’Inde croit tenir le match dans sa paume. Axar Patel enchaîne les lignes tendues, les longueurs parfaites. Ses deux premiers overs coûtent à peine 9 runs. À ses côtés, Nitish Kumar Reddy et Prince Yadav complètent un bloc de milieu d’innings sérieux, presque clinique.

À 10 overs, les Black Caps plafonnent à 66/3. De 41/3 dans le powerplay à ce frêle 66/3, Glenn Phillips et Bevon Jacobs n’ont ajouté que 31 runs pour le quatrième guichet. L’Inde a le contrôle, la pression est nette, le public attend un nouveau coup de massue.

Mais quelque chose change. Lentement, presque discrètement.

Phillips allume la mèche, Jacobs construit

Phillips commence à lire la surface comme un livre ouvert. Il choisit ses moments, s’attaque aux bons match-ups, refuse de se laisser enfermer. Les chiffres racontent la suite : quatre sixes monumentaux, trois limites au sol, un rythme flirtant avec les 160 de strike rate.

Jacobs, lui, joue le contrepoint idéal. Moins spectaculaire, plus chirurgical. Il étire les singles, casse le rythme des lanceurs indiens, refuse les risques inutiles. Sa première cinquantaine en T20I, en 41 balles, avec cinq fours, ressemble à un manuel de gestion de crise. Une innings de réparation, mais aussi de relance.

L’Inde, soudain, ne dicte plus les termes. Le duo renverse la dynamique, sur la durée. Les overs s’enchaînent, les champs se dépeuplent, les lignes se dérèglent.

Le partenariat devient massif : 116 runs pour le quatrième guichet. Le cœur de l’innings, et sans doute son poumon.

Bhuvneshwar puni, l’Inde cherche l’air

Le tournant se cristallise dans le 16e over. Phillips décide que Bhuvneshwar Kumar paiera le prix de ses erreurs de longueur. Deux limites consécutives, un rythme qui s’emballe, un vétéran soudain exposé.

Bhuvneshwar boucle ses quatre overs avec des chiffres inhabituels : 1/50, économie à 12,50. Une ligne qui pèse lourd dans un match où chaque run arraché en fin de manche peut valoir une session entière de bowling.

Dans les tribunes, le ton change. Les murmures deviennent clameurs à chaque six de Phillips, à chaque drive puissant de Jacobs. L’Inde, privée de Jasprit Bumrah pour cette tournée, cherche une solution de fin d’innings qui n’existe pas vraiment ce soir-là.

Arshdeep et Nitish répliquent, Bracewell finit le travail

La pression finit tout de même par fissurer la Nouvelle-Zélande. Arshdeep Singh, revenu pour le 18e over, trouve enfin la faille. Phillips, 70 en 43 balles, quatre sixes, est pris par Naman Dhir. 157/4, mais les dégâts sont déjà lourds.

Nitish Kumar Reddy, dans l’over suivant, refuse de laisser le match lui échapper complètement. Jacobs, 58 sur 46 balles, est pris par Axar Patel. 180 semblait encore loin quand l’Inde avait la main en milieu d’innings. Il est désormais à portée, mais la marge d’erreur a fondu.

Michael Bracewell entre alors en scène pour les six dernières balles. Pas de temps pour s’installer, seulement pour frapper. Face à Prince Yadav dans le 20e over, il trouve une limite, puis franchit la corde une nouvelle fois. Chaque coup repousse un peu plus le défi posé aux batteurs indiens.

La Nouvelle-Zélande ferme à 180/5. Un score qui, à 43/3, relevait presque de la fiction.

Un contexte chargé, une série en tension

Cette rencontre n’arrive pas dans le vide. Jeudi, au même Hagley Oval, quatre guichets, deux balles et 225 runs avaient déjà séparé les deux équipes. De quoi laisser aux Néo-Zélandais un goût amer, celui d’avoir tout tenté sans être récompensés.

Ce deuxième T20I devait répondre à une question simple : la frustration du premier match allait-elle nourrir une réaction, ou l’Inde allait-elle verrouiller la série ?

Les visiteurs ont dû composer avec un coup dur avant même le premier lancer : Ishan Kishan forfait sur blessure à l’aine, et le retour de Vaibhav Sooryavanshi dans le XI après une longue période sur le banc. Ses chiffres – moyenne de 30,75, strike rate de 186,36 en huit T20I – promettent un impact immédiat. La Nouvelle-Zélande, elle, sait qu’elle ne pourra pas lui offrir de s’installer.

Le décor, lui, est idéal : ciel dégagé, pas de pluie, une fraîcheur coupante et une probable rosée en soirée qui rendra la balle glissante en fin d’innings. De quoi conforter les capitaines dans l’idée de chasser plutôt que de défendre. Shreyas Iyer n’a pas hésité au toss.

Un total qui pèse, une réponse attendue

180/5, sur ce Hagley Oval, dans ces conditions, n’est ni un Everest ni une promenade. C’est un test de caractère. La surface récompense les coups francs une fois l’angle du nouveau ballon dissipé, mais la marge d’erreur reste fine.

Sanju Samson et Abhishek Sharma ouvriront face à une attaque néo-zélandaise menée par Lockie Ferguson, Matt Henry, Jacob Duffy et Nathan Smith, avec Mitchell Santner et Michael Bracewell pour verrouiller le milieu. Derrière, Vaibhav Sooryavanshi, Shreyas Iyer, Tilak Varma et Nitish Kumar Reddy portent la responsabilité d’un milieu d’innings à la hauteur du standard imposé par Phillips et Jacobs.

La série est encore longue, le script loin d’être figé. Mais une chose est sûre : à partir de ce 180/5, l’Inde ne pourra plus se contenter de gérer. Elle devra chasser. Fort, et juste.