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Inter-Milan : Akanji appelle à la vigilance avant le derby décisif

Manuel Akanji n’a pas cherché à arrondir les angles. À l’approche d’un Derby della Madonnina qui sent déjà le tournant pour le titre, le défenseur suisse a envoyé un message limpide au vestiaire de l’Inter : plus question de démarrer les matches en retard, surtout pas face à l’AC Milan.

Samedi, San Siro ne pardonnera pas.

Un sommet qui peut creuser l’écart

L’Inter arrive au rendez-vous tout en haut de la Serie A, à égalité de points avec la Lazio. Le tableau est flatteur : invaincus, 25 points pris sur 27 possibles, huit victoires, un nul. Une machine qui tourne, au moins sur le plan comptable.

En face, l’AC Milan débarque avec une cicatrice fraîche : un 4-2 encaissé à Bologne, première défaite en championnat cette saison et sérieux coup de frein dans l’élan des Rossoneri. La donne est brutale : si l’Inter s’impose, l’écart grimperait à dix points. En octobre, ce serait déjà une entaille profonde dans les ambitions de titre du voisin.

Mais derrière cette Inter de leader se cache une faille tenace : l’habitude de courir après le score. L’équipe de Cristian Chivu a déjà récupéré 13 points après avoir été menée cette saison. Un signe de caractère, oui. Un risque mortel dans un derby, surtout.

D’autant que la récente histoire ne joue pas en faveur des Nerazzurri : aucune victoire contre Milan depuis avril 2024. Sept derbies sans succès, cinq défaites, deux nuls. Une série qui pèse.

« On ne peut pas donner de buts faciles »

Akanji ne s’est pas défilé au moment d’analyser ces entames compliquées. Le constat est sec.

« Ce n’est pas facile à expliquer. Ce n’est pas qu’on commence mal, mais parfois on fait des erreurs et on encaisse », a-t-il confié à Sky Sport Italia. « On ne peut pas se le permettre, surtout contre les grandes équipes. Parfois tu t’en sors, si l’adversaire ne concrétise pas ses occasions. On sait qu’on ne peut pas commencer comme ça contre Milan, on ne peut pas donner de buts faciles. Ils devront travailler dur pour marquer. »

Le message est clair : plus de cadeaux. Plus de temps d’adaptation. Dans un derby, chaque hésitation se paye.

Interrogé sur la clé pour enfin briser cette série noire face aux Rossoneri, le Suisse est allé droit au but : « Le désir de gagner. C’est ça qui compte dans un derby. On doit le montrer dès la première minute et ne pas seulement amener la faim, mais la volonté d’aller gagner. La mentalité, c’est ce qui alimente le désir. »

Le ton est donné. Pas de discours tactique fleuri, mais une question d’attitude. De tranchant.

Un gouffre possible, mais un championnat encore long

Une victoire samedi ouvrirait un boulevard. Akanji refuse pourtant de s’emballer, sans minimiser l’enjeu.

« C’est encore tôt, mais bien sûr que ce serait magnifique de gagner ce match », reconnaît-il. Les poursuivants prennent des points, la course au sommet ne laisse aucun répit. Pour l’Inter, ce derby est déjà l’un des rendez-vous majeurs de la saison. Trois points qui valent plus que trois points.

Le défenseur n’a pas oublié la leçon de la saison dernière. « Milan nous avait montré son bloc bas et a joué intelligemment. On ne peut pas offrir de situations faciles. On doit tous défendre et leur rendre les choses compliquées. On doit profiter des transitions quand on a le ballon. »

Tout est là : patience quand Milan ferme le jeu, agressivité dès que l’espace s’ouvre. Le moindre ballon perdu, la moindre transition mal gérée, et la soirée peut basculer.

Un corps sous pression, un calendrier sans pitié

Akanji a aussi tenu à replacer ce derby dans un contexte plus large : celui d’un football qui ne s’arrête jamais. Les jambes tirent, les saisons s’enchaînent, et l’extension de la Coupe du monde 2026 n’a rien arrangé.

« Ce n’est pas seulement ça, il faut penser aux dernières années aussi. Avant, il y avait la Coupe du monde des clubs et l’Euro l’été précédent », rappelle-t-il. « Heureusement, l’an prochain, il y aura une vraie coupure. Quand tu joues autant et que tu dois tout de suite recommencer, c’est difficile. »

La fatigue ne se gère plus seulement sur un mois, mais sur des cycles entiers. « Tu peux être heureux, peut-être que tu as fait une bonne Coupe du monde, peut-être que tu as besoin de repos, mais il n’y a pas de temps. Le corps répond au présent, l’esprit moins. Ce n’est pas simple. J’ai 31 ans maintenant, on doit réfléchir et jouer en équipe. On veut bien finir avant la trêve internationale. »

Là encore, pas de plainte, mais une lucidité de vétéran. Ce derby tombe au cœur d’un bloc de matches qui use tout le monde. Il faudra gérer les émotions autant que les courses.

Inter condamnée à démarrer fort

Samedi, l’Inter entrera sur la pelouse avec deux obsessions : frapper la première et exorciser ses démons récents face au rival. Un début de match timide, une erreur gratuite, et tout le discours de la semaine s’effondre.

À l’inverse, une entame autoritaire, une défense concentrée, un Milan obligé de « travailler dur pour marquer », comme l’exige Akanji, et le leader enverra un signal bien plus large que la seule ville de Milan.

Un derby ne donne jamais un Scudetto en octobre. Mais certains soirs, il révèle qui a vraiment les épaules pour aller le chercher.