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Inde vs Nouvelle-Zélande : Un mois de cricket intense commence

À Hagley Oval, les projecteurs s’allument ce soir sur un mois de cricket qui peut redessiner tout l’hiver néo-zélandais. L’Inde débarque en Nouvelle-Zélande pour une tournée longue, dense, avec un premier choc en format Twenty20 à Christchurch, devant un stade à guichets fermés.

Pas de Jasprit Bumrah. Pas de Hardik Pandya. Mais certainement pas une Inde affaiblie. La sélection indienne arrive avec une profondeur de talents rare, symbolisée par la présence d’un phénomène de 15 ans, Vaibhav Sooryavanshi, déjà propulsé dans le groupe T20. Face à elle, une équipe des Black Caps qui connaît parfaitement son jardin, mais qui porte encore les cicatrices du dernier duel mondial.

Un duel T20 à sens unique… jusqu’ici

Les chiffres sont cruels pour la Nouvelle-Zélande. En Twenty20, le face-à-face penche nettement du côté indien : 31 rencontres, 17 victoires pour l’Inde, 11 pour les Black Caps, 3 égalités. Et surtout, une série de cinq confrontations T20 remportées consécutivement par l’Inde, dont la dernière en terre néo-zélandaise, il y a quatre ans.

La dernière fois que ces deux équipes se sont croisées dans ce format, la scène était autrement plus lourde : une finale de Coupe du monde T20. L’Inde avait alors frappé un grand coup. Envoyée à la batte par Mitchell Santner, elle avait transformé la pression en démonstration : 255 pour 5, troisième plus gros total de l’histoire du tournoi.

Sanju Samson (89 sur 46 balles) et Abhishek Sharma (52 sur 21) avaient éventré la nouvelle-balle néo-zélandaise, 98 runs en sept overs, comme un rouleau compresseur. Les variations mal maîtrisées, les longueurs approximatives, tout finissait à la limite. Quand Rachin Ravindra a enfin trouvé la faille, Sharma a glissé une edge vers Tim Seifert, mais le mal était fait. Samson a ensuite ajouté une nouvelle centaine de partenariat avec Ishan Kishan (52 sur 25), et le match s’est pratiquement échappé à ce moment-là.

En réponse, les Black Caps se sont retrouvés à courir après un score supérieur de deux runs à leur plus haut total T20 de l’histoire, inscrit face à l’Écosse. Ils n’en ont jamais vraiment approché la menace, renvoyés au pavillon pour 159, avec un over encore à jouer.

Ce passé récent plane sur Hagley Oval. Et donne à ce premier match un parfum de revanche immédiate.

Santner, un capitaine lucide avant un marathon

Mitchell Santner, capitaine des Black Caps pour cette série T20, sait exactement ce qui les attend : un mois de haute intensité, douze matchs toutes formes confondues, et aucune marge pour les approximations.

« En tant que joueur, tu veux te mesurer aux meilleures équipes du monde dans les trois formats, et commencer notre été à domicile avec une série aussi grosse que l’Inde, c’est génial », explique-t-il. Douze rencontres en un peu plus de quatre semaines, des stades pleins annoncés, et une équipe indienne qui ne lève jamais le pied. Le décor est posé.

Le terrain, lui, pourrait offrir un léger répit aux lanceurs rapides néo-zélandais. Santner ne s’attend pas à voir beaucoup de spin à Hagley Oval. Début de saison, un peu de vie dans le pitch, des soirées fraîches, possiblement de la rosée tardive. Un cocktail qui peut transformer une bonne balle en cauchemar à attraper pour les fielders. Mais pour le capitaine, les conditions restent idéales pour lancer l’été : deux premiers matchs ici, du monde partout, une météo annoncée clémente. Aucun alibi possible.

Une Inde en mission, un hôte sûr de sa force en formats longs

Si l’Inde domine le bras de fer en T20, le récit change dès que l’on allonge les manches. En ODI, la Nouvelle-Zélande reste une forteresse. Avant 2019, les Black Caps avaient remporté 11 séries consécutives à domicile. La dernière équipe à avoir brisé cette série ? L’Inde. Depuis, les Néo-Zélandais ont gagné 28 de leurs 30 derniers ODI chez eux, et se sont même offert une série remportée en Inde plus tôt cette année.

Sur ce terrain-là, l’équilibre bascule. Et ce n’est pas fini.

La tournée se conclura par deux tests où l’Inde viendra chercher bien plus qu’une simple victoire. La dernière série de tests entre les deux nations s’est soldée par un cinglant 3-0 pour les Black Caps en 2024, un balayage historique. L’Inde n’a pas oublié. La revanche se prépare en arrière-plan, même si, pour l’instant, tout converge vers le T20 d’ouverture.

Des effectifs fournis, un favori clair chez les bookmakers

Les groupes parlent d’eux-mêmes. Côté néo-zélandais, Mitchell Santner mène une escouade T20 où l’on retrouve Finn Allen, Michael Bracewell, Mark Chapman, Devon Conway, Jacob Duffy, Lockie Ferguson, Zak Foulkes, Matt Henry, Bevon Jacobs, Kyle Jamieson, Adam Milne, Daryl Mitchell, Glenn Phillips, Tim Seifert et Nathan Smith. De la puissance à la batte, de la vitesse au lancer, de l’expérience en fin de manche. Tout ce qu’il faut pour tenir tête à un géant, à condition d’exécuter sans faillir.

En face, l’Inde aligne un groupe aussi large que dangereux : Shreyas Iyer au capitanat, entouré d’Abhishek Sharma, Sanju Samson, Vaibhav Sooryavanshi, Ishan Kishan, Tilak Varma (vice-capitaine), Axar Patel, Shivam Dube, Nitish Kumar Reddy, Naman Dhir, Prince Yadav, Mayank Yadav, Arshdeep Singh, Bhuvneshwar Kumar, Varun Chakaravarthy et Kuldeep Yadav. Une ligne de batteurs agressifs, des all-rounders capables de renverser un match en trois overs, et une batterie de lanceurs variés.

Les cotes confirment la tendance : pour la série, l’Inde est largement donnée favorite, avec une cote de 1,35 contre 3 pour la Nouvelle-Zélande. Pour ce premier match, même scénario : 1,62 pour l’Inde, 2,25 pour les Black Caps. Le respect statistique va aux visiteurs. Le public, lui, sera entièrement acquis aux locaux.

Un mois de cricket, douze rendez-vous, aucune échappatoire

Le calendrier est sans pitié. Cinq T20 : deux à Christchurch (ce soir et samedi 24 octobre, 20 h), puis Wellington (mardi 27), Auckland (vendredi 30) et Hamilton (dimanche 1er novembre), toujours à 20 h. Derrière, cinq ODI : Auckland (4 novembre), Wellington (7), Hamilton (10), puis un double rendez-vous à Mount Maunganui (13 et 15), tous à 15 h. Enfin, deux tests pour conclure : Wellington du 19 au 23 novembre, Christchurch du 27 novembre au 1er décembre, avec début des journées à 11 h.

Douze matchs. Trois formats. Une seule tournée pour juger où en sont réellement les Black Caps face à une Inde qui ne voyage jamais pour faire de la figuration.

La soirée s’ouvre à Hagley Oval avec un stade plein, une équipe locale qui veut effacer la gifle de la Coupe du monde T20 et une Inde qui vise un sixième succès consécutif en série dans ce format. Si la Nouvelle-Zélande veut renverser l’histoire récente, c’est ce soir que le ton doit être donné. Sinon, ce mois de cricket risque de ressembler à une longue chasse derrière une équipe indienne déjà lancée à pleine vitesse.