Baptême de feu pour Dusty May et retour de Kyrie Irving à Houston
HOUSTON — La NBA n’a pas offert de période d’adaptation à Dusty May. À peine couronné champion NCAA avec Michigan et déjà sur le banc des Dallas Mavericks, le nouveau coach a découvert la ligue par la face la plus brutale : une gifle collective infligée par des Houston Rockets déchaînés.
Dans un Toyota Center bouillant pour l’ouverture de la saison, Houston a pris Dallas à la gorge, a construit une avance de 32 points à la mi-temps et n’a plus jamais regardé derrière pour s’imposer 128-110. Selon ESPN Research, jamais un entraîneur n’avait connu un tel écart à la pause lors de son premier match à la tête d’une équipe NBA. Bienvenue au plus haut niveau.
Un deuxième quart-temps cauchemardesque
Le match bascule en douze minutes. Littéralement.
Après un premier quart encore jouable, les Mavericks explosent dans le deuxième. Les Rockets les écrasent 38-12 sur la période. Dallas perd deux fois plus de ballons qu’il ne marque de paniers, termine à 4 sur 19 au tir, dont un terrible 0 sur 14 à trois points. Le jeu se délite, la confiance s’effrite, et l’écart enfle à vue d’œil.
« Nous avons eu quelques choses qui n’ont pas tourné en notre faveur, et nous n’avons pas gardé notre calme », reconnaît Dusty May, auteur d’un impressionnant bilan de 190-82 en NCAA, dont 37-3 la saison dernière. « On a lâché la corde en tant que groupe. Globalement, j’ai trouvé qu’on avait joué et compété sur trois des quatre quarts-temps. Mais dans le deuxième, on n’a pas trouvé le moyen de redresser le navire. »
Le navire, lui, prenait l’eau de partout. Transition défensive en lambeaux, communication absente, principes défensifs oubliés. Dallas encaisse 20 points en contre-attaque rien qu’en première mi-temps, alors même que ce secteur faisait partie des priorités affichées pendant le camp d’entraînement et la présaison. Sur ce point, le verdict de May est sans appel : les Mavs ont « abandonné leurs principes » et laissé le match leur échapper.
Kyrie ciblé, Houston sans pitié
Le retour de Kyrie Irving, lui, ressemblait sur le papier à un événement. Dans la réalité, Houston en a fait un point de fixation défensive.
Pour son premier match de saison régulière depuis sa blessure au genou en mars 2025, après une saison entière sur la touche, Irving se heurte à un mur. Les Rockets le désignent comme cible numéro un et adaptent tout leur plan autour de lui. Traps, prises à deux, pressions constantes pour lui faire lâcher la balle.
« Kyrie était absent depuis 600 jours et notre plan de jeu, c’était lui », lâche Kevin Durant, auteur de 30 points, comme Jabari Smith Jr. « On a parlé de le piéger. Et Cooper Flagg, on voulait voir comment le match allait tourner. On ne voulait pas le piéger d’entrée. Kyrie est aussi dangereux que ça. »
Irving termine avec 15 points à 6 sur 9 au tir en 24 minutes, des minutes appelées à monter progressivement. Mais la première mi-temps est compliquée : seulement 4 points, 3 ballons perdus, constamment harcelé par les aides défensives texanes.
Après la rencontre, le meneur ne se cache pas : « On doit prendre ça sur le menton. Ils ont mis leurs gants de boxe et ils nous ont vraiment tabassés dans ce deuxième quart-temps. J’ai besoin de faire un meilleur boulot pour nous en sortir, ne pas jouer de façon aussi timide, prendre plus de tirs et attaquer plus agressivement les prises à deux. »
Cooper Flagg réagit, trop tard
Au milieu de ce naufrage collectif, un homme refuse de sombrer sans réaction : Cooper Flagg. Le rookie flamboyant des Mavericks finit meilleur marqueur du match avec 32 points, dont 23 après la pause. Une seconde mi-temps en forme de réponse, plus de fierté que de véritable remontée, mais un signal tout de même.
Flagg ne se contente pas de parler attaque. Il cible le cœur du problème : le leadership défensif.
« On doit trouver des gars, moi inclus, qui vont élever notre niveau de communication et être des leaders sur le terrain », insiste-t-il. « Je ne pense pas qu’on ait vraiment eu ça ce soir. On n’avait personne pour imposer un ton défensif, pour communiquer, pour mettre tout le monde sur la même longueur d’onde, et ça s’est vraiment vu dans ce deuxième quart-temps. »
Ses mots résonnent avec ceux de May. Dallas n’a pas seulement été dépassé techniquement. L’équipe a cédé mentalement au moment où Houston a appuyé sur l’accélérateur.
Houston frappe fort, Dallas déjà au révélateur
Pour les Rockets, ce match ressemble à une déclaration d’intention. Kevin Durant mène la charge, Jabari Smith Jr. l’accompagne avec 30 points également, la défense asphyxie la principale menace adverse, et le collectif impose son rythme jusqu’à étouffer Dallas.
Pour les Mavericks, ce n’est qu’un match. Mais quel avertissement.
Un coach rookie en NBA, un leader de retour après une longue absence, un jeune talent déjà mis en avant… et une leçon reçue d’entrée sur l’exigence du niveau. La saison est longue, les ajustements viendront. La question est simple désormais : combien de temps leur faudra-t-il pour transformer cette claque texane en point de départ d’une vraie identité ?




