Harry Kane marque mais Bayern éliminé en Ligue des champions
Harry Kane a marqué. Encore. Et cette fois, son but entre dans l’histoire autant qu’il laisse un goût amer.
À la 94e minute, dans un Allianz Arena suspendu à sa frappe, l’attaquant anglais a arraché le nul 1-1 face au Paris Saint-Germain. Un geste de buteur pur, un réflexe de champion. Mais un but qui ne change rien au verdict : Bayern Munich est éliminé. Battus 5-4 à l’aller, les Bavarois sortent de la Ligue des champions sur un score cumulé de 6-5, et voient les tenants du titre filer en finale.
Kane dans l’histoire, mais dehors
Avec ce nouveau but en phase à élimination directe, Kane rejoint un certain Ronaldo dans un club très fermé : ils sont désormais deux seulement à avoir marqué lors de six matches consécutifs à ce stade de la compétition, une série signée par le Portugais entre 2012 et 2013.
Kane, lui, a tout fait pour prolonger l’aventure. Un penalty converti lors du spectaculaire 5-4 du match aller, ce but au bout du temps additionnel au retour, une présence constante, un leadership offensif assumé. Rien n’y fait. Le tableau d’affichage ne raconte qu’une chose : Bayern s’arrête en demi-finales.
C’est précisément pour éviter ce genre de scénario qu’il avait quitté Tottenham Hotspur l’été dernier. Tourner le dos à son club formateur pour rejoindre une machine à titres comme Bayern Munich, avec en tête une obsession : soulever enfin un grand trophée européen. Il devra attendre.
Car si les Allemands ont franchi un cap par rapport aux deux dernières saisons – stoppés en quarts de finale – la marche suivante reste hors d’atteinte. Pour Kane, la statistique est cruelle : une seule finale de Ligue des champions disputée jusqu’ici, avec Tottenham, conclue par une défaite contre Liverpool. Aujourd’hui, malgré une campagne individuelle vertigineuse – 56 buts en 49 matches – l’Anglais se retrouve à compter les mois. Environ neuf avant de pouvoir relancer sa quête continentale.
Paris frappe tôt, Munich court derrière
Le scénario de ce match retour s’est dessiné très vite. Trois minutes à peine, et Ousmane Dembélé faisait déjà taire l’Allianz Arena. Une accélération, une finition clinique, et voilà Bayern forcé de courir après le score.
La réaction allemande ne s’est pas fait attendre dans le jeu. Bayern a posé le pied sur le ballon, confisqué la possession (66 %), multiplié les tentatives (18 tirs au total). Le ballon a souvent rôdé dans la surface parisienne, rarement au fond des filets. Les minutes ont défilé, la tension a monté, mais la défense des champions d’Europe a tenu bon.
La pression a fini par céder dans le temps additionnel, sur ce fameux but de Kane. Trop tard. Le PSG, fort de son avantage du match aller et de ce but précoce à Munich, a absorbé les vagues, encaissé le coup de massue de la 94e minute sans vaciller sur l’essentiel : la qualification.
PSG en route pour Budapest, Arsenal en embuscade
Paris peut savourer. Dans la douleur, dans le combat, mais avec le résultat attendu : une place en finale pour défendre sa couronne. Direction Budapest pour une affiche de prestige face à Arsenal, tombeur d’Atletico Madrid.
La perspective est claire : un duel entre tenants du titre et un Arsenal revenu au sommet européen, pour un trophée qui pèse lourd dans l’histoire d’un club. Paris connaît déjà ce chemin, sait ce que représente une telle soirée. Arsenal arrive avec l’ambition de briser la dynastie naissante.
Bayern doit tourner la page, Kane aussi
Pour Bayern Munich, il faut déjà regarder ailleurs. Le club a sécurisé le titre en Bundesliga, l’habitude ne change pas, mais la fin de saison reste chargée. Deux matches de championnat pour finir proprement, et surtout une finale de DFB-Pokal contre Stuttgart, le 23 mai.
Ce sera une autre scène, un autre type de pression. Pas la Ligue des champions, pas les projecteurs de Budapest, mais un trophée à aller chercher. Pour le club, l’occasion de valider une saison nationale solide. Pour Kane, une chance de ne pas boucler cet exercice monumental sans la moindre coupe à soulever.
Il est venu en Bavière pour écrire l’histoire en Europe. Pour l’instant, il ne collectionne que les records. Quand viendront les titres à la hauteur de ses chiffres ?




