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Guenther Steiner sur Liam Lawson : un choix absurde pour Red Bull

À quelques jours du Grand Prix des États-Unis à Austin, Guenther Steiner a posé des mots tranchants sur un sujet qui agite le paddock : l’avenir de Liam Lawson. Pour l’ancien patron de Haas, le choix de Racing Bulls de ne pas conserver le Néo-Zélandais défie la logique sportive.

Invité sur le Mike Hosking Breakfast de Newstalk ZB, Steiner n’a pas tourné autour du pot. Pour lui, écarter Lawson maintenant, au vu de son niveau et de ses résultats, relève presque de l’absurde.

« Si vous remplacez Liam maintenant, alors qu’il fait du très bon travail, regardez les points qu’il a marqués et la façon dont il performe… même si vous avez un jeune derrière, pourquoi faire ça ? », a-t-il lancé. « Vous soutenez quelqu’un pendant si longtemps, vous investissez tellement d’argent sur ce pilote et, au moment où il devient bon, vous le laissez partir. »

De la galère au bilan flatteur

La saison 2024 de Liam Lawson n’a pas commencé sous les meilleurs auspices. Un abandon à Melbourne, une 12e place en Chine, puis un jeu de chaises musicales avec Yuki Tsunoda. Le Japonais a pris le relais, Lawson a glissé dans le baquet Racing Bulls.

C’est là que l’histoire a changé de ton. Course après course, le Néo-Zélandais a empilé les points et terminé l’année devant Tsunoda au championnat. Une statistique simple, mais lourde de sens dans un environnement où chaque dixième et chaque unité au classement comptent.

Steiner, qui sera en tournée de conférences en Nouvelle-Zélande en décembre, n’a pas oublié la suite : la promotion de Lawson aux côtés de Max Verstappen dans l’équipe de pointe, sur la saison 2025, après ses prestations solides chez Racing Bulls. Une ascension méritée, stoppée net selon lui.

« Il a été très bon immédiatement, puis évidemment il a été envoyé dans la grande équipe. Je ne dirais même pas qu’il a eu des difficultés ; on ne lui a pas donné sa chance, à mon avis », a estimé l’Italien. « C’est un sacré caractère. Je le connais, sans le connaître intimement, mais il est dur. Personne ne mérite rien, il faut travailler pour. Il a travaillé, il a réussi. C’est pour ça qu’il devrait être là. »

Racing Bulls, toujours équipe tremplin ?

Depuis sa naissance en 2006 sous le nom de Toro Rosso, la structure sœur de Red Bull a toujours été pensée comme un laboratoire. Un banc d’essai pour jeunes talents, chargés de prouver qu’ils peuvent survivre – et briller – en Formule 1 avant de rêver au baquet Red Bull.

Mais ce cadre a changé. L’équipe, devenue Racing Bulls, n’est plus un simple incubateur. Elle s’est muée en véritable force du milieu de grille. Cette saison, elle tient solidement la cinquième place du championnat constructeurs, juste derrière les quatre mastodontes que sont Mercedes, Ferrari, Red Bull et McLaren.

Quand on joue à ce niveau, les états d’âme de la formation changent. On ne parle plus seulement de donner des tours de roue à des rookies, mais de marquer gros tous les dimanches. Et Steiner y voit un dilemme profond pour Red Bull.

« Pour trouver le prochain Max Verstappen, vous pouvez passer par tellement de pilotes que ça en devient ridicule, et ce n’est bon pour personne. À un moment, plus personne ne voudra y aller, parce qu’un Max Verstappen ne sort pas tous les 10 ou 15 ans », a-t-il souligné. « Si vous y allez, c’est quitte ou double. »

Lawson, très bon… mais pas un “nouveau Max” ?

Steiner ne vend pas du rêve facile. Il place Lawson là où il pense qu’il doit être : parmi les très bons, pas dans la catégorie des phénomènes générationnels.

« Certains, comme Liam, sont très bons. Peut-il être champion du monde ? Je pense que oui, avec la bonne voiture et au bon moment. Mais est-ce un talent du niveau de Max ? Peut-être pas, parce qu’il n’y a qu’un seul Max Verstappen, comme il n’y a eu qu’un seul Lewis Hamilton, un seul Michael Schumacher. »

Le message est clair : exiger de chaque jeune issu de la filière Red Bull qu’il soit un nouveau Verstappen, c’est se condamner à brûler des carrières à la chaîne. Et dans ce contexte, laisser filer un pilote aussi solide que Lawson interroge.

« Je pense que ce n’est pas simple pour Red Bull de décider ce que Racing Bulls doit être, réellement », a insisté Steiner. « Mais une fois que vous avez un talent comme Liam… Quand ils l’ont mis dans la Red Bull, il a très bien fait. »

Entre l’obsession de dénicher la prochaine superstar et la nécessité de construire une équipe stable, compétitive, une question s’impose désormais à Red Bull : combien de Lawson peut-on se permettre de laisser passer avant que le système ne commence à se fissurer ?