La Juventus face à Rennes : un test de caractère après la défaite
La Juventus gronde encore. Quatre jours après un 3-0 cinglant encaissé à domicile face à la Lazio en Serie A, le club turinois se retrouve déjà face à un test de caractère en Europa League, avec la réception de Rennes. Luciano Spalletti, lui, a tranché : Randal Kolo Muani et Nick Woltemade débuteront ensemble à la pointe de l’attaque.
Après la gifle, le huis clos
La défaite contre la Lazio a laissé des traces. Sur le terrain, bien sûr, mais surtout dans le vestiaire. Gleison Bremer, le capitaine, n’a pas mâché ses mots après le naufrage à l’Allianz Stadium. Le lendemain, les joueurs se sont retrouvés portes closes pour une longue mise au point.
Spalletti a laissé parler son groupe. Littéralement.
« Lors de notre dernière réunion, je les ai encouragés à parler longuement pour recueillir un maximum d’informations et les aider à éviter de baisser de niveau pendant les matches », a expliqué l’entraîneur en conférence de presse, relayé par Sky Sport Italia.
Il s’est mis en retrait, silencieux, pour écouter. « J’ai fait parler tout le monde et je suis resté silencieux, mais j’ai été content d’entendre ce qu’ils avaient à dire. Pour moi, cela rend la suite de mon travail plus simple. »
Bremer, au centre des critiques et des regards, a dû s’expliquer. Spalletti l’a confirmé : le défenseur a clarifié ses propos, et le vestiaire a accepté ses explications. Le lien interne tient, assure le technicien, qui insiste sur « l’honnêteté » et le « professionnalisme » de ses joueurs, ainsi que sur leur volonté « d’offrir davantage et d’apporter plus de variété dans le jeu ».
Kolo Muani – Woltemade, le pari frontal
Place maintenant au terrain, et à un choix fort. Kolo Muani et Woltemade ont déjà foulé la pelouse ensemble cette saison, mais jamais d’entrée. Ce sera le cas contre Rennes. Spalletti n’a laissé aucune place au doute : « Les deux débuteront demain. »
C’est un signal. La Juventus a pris le maximum de points lors de ses deux premiers matches d’Europa League, mais traîne déjà deux défaites en sept journées de Serie A. Le contraste est net. Sur la scène européenne, l’équipe a su imposer son rythme. En championnat, elle vacille.
Interrogé sur cette différence de visage, Spalletti a refusé la facilité des explications toutes faites. « Il n’y a pas de raison spécifique. Chaque match a sa propre histoire, et il faut réagir à ce que propose l’adversaire à chaque fois », a-t-il insisté.
Pour lui, tout se joue dans la clarté des choix : savoir quand presser, quand reculer, et surtout assumer ces décisions avec plus de tranchant.
Kolo Muani et Woltemade symbolisent cette recherche de décisions nettes. Deux profils capables d’attaquer la profondeur, de fixer, de peser physiquement. Deux attaquants alignés ensemble pour envoyer un message : la Juventus ne veut plus subir.
Rennes, l’examen de maturité
Face à eux, Rennes ne viendra pas en victime. Spalletti le sait, et il ne s’en cache pas. Il décrit une équipe « forte en espace ouvert et physiquement », avec des attaquants rapides et un argument de poids : le meilleur buteur actuel de Ligue 1, Lepaul.
Les Bretons surfent sur un début de saison solide : sixièmes du championnat, mais à un seul point du leader. Une position qui nourrit l’enthousiasme et l’insouciance. Exactement le genre d’adversaire qui peut profiter de la moindre faille mentale ou structurelle.
Spalletti pose donc le décor : ce match sera « un test de maturité » pour la Juventus.
Un test de caractère, aussi, après la réunion de vestiaire, après les mots forts de Bremer, après la claque reçue face à la Lazio.
Tout se jouera dans l’attitude, conclut-il. Dans la façon dont son équipe saura imposer son ton, son intensité, sa lecture des moments clés.
Kolo Muani et Woltemade auront, eux, la première phrase du récit. Reste à savoir si la Juventus saura écrire la suite sans nouvelle fausse note.



