Guardiola refuse l'Italie : Pirlo en pole position pour la Nazionale
Pep Guardiola ne sera pas le nouveau sélectionneur de l’Italie. La Federazione Italiana Giuoco Calcio (FIGC) lui avait pourtant déroulé le tapis rouge. Il a choisi de s’en écarter.
L’ancien manager de Manchester City, libre depuis son départ cet été après dix années à la tête du club anglais, a informé la fédération qu’il maintenait son projet : faire une pause, souffler, passer du temps avec sa famille, voyager. Pas de banc, pas de sélection. Pas même pour l’Italie.
Une cour assidue… et vaine
Ces derniers jours, le scénario avait tout d’une opération séduction XXL. Le président de la FIGC, Giovanni Malagò, avait reconnu publiquement l’existence de discussions avec Guardiola et laissé entendre que la fédération était prête à bousculer ses propres règles. Des « exceptions » pouvaient être faites pour son salaire, a-t-il admis. Comprendre : chèque XXL, pouvoirs élargis, statut quasi présidentiel sur le sportif.
Jeudi, le directeur technique Paolo Maldini a dévoilé la chronologie : avant Guardiola, l’Italie avait d’abord approché Carlo Ancelotti, aujourd’hui sélectionneur du Brésil. La priorité allait au technicien qui a déjà porté le maillot azzurro. Mais Ancelotti a décidé de rester en poste avec la Seleção. Premier refus.
La FIGC s’est alors tournée vers Guardiola, l’un des entraîneurs les plus titrés et les plus influents de son époque, avec une promesse à peine voilée : façonner le rôle comme il l’entend. Repenser le fonctionnement, dicter la ligne sportive, reconstruire une sélection qui vient de manquer trois Coupes du monde consécutives. Une offre rare, presque unique, pour tenter de relancer une nation en crise d’identité.
Guardiola a pris le temps de réfléchir. Puis il a dit non.
Une Nazionale en quête de guide
Ce refus laisse l’Italie face à ses doutes. La Nazionale n’a plus participé à une Coupe du monde depuis 2014, un gouffre historique pour un quadruple champion du monde. L’idée d’installer sur le banc une figure comme Guardiola symbolisait un virage radical : une révolution de jeu, de méthode, d’image.
La révolution attendra.
Carlo Ancelotti reste au Brésil, Guardiola se retire du marché pour se ressourcer. Deux cibles de prestige se sont successivement dérobées, et la FIGC doit désormais revenir à un profil plus proche de son histoire récente, plus en phase avec ses moyens, mais pas moins ambitieux sur le plan symbolique.
Pirlo, l’hypothèse qui prend de l’épaisseur
Dans ce nouveau paysage, un nom s’impose : Andrea Pirlo. L’ancien meneur de jeu de la Nazionale, champion du monde 2006, est aujourd’hui entraîneur de United FC à Dubaï. Il devient le grand favori pour prendre les rênes de la sélection.
Pirlo n’a pas le palmarès sur le banc de Guardiola ou d’Ancelotti, mais il incarne autre chose : la mémoire technique d’une Italie qui savait dominer avec le ballon, la classe d’un numéro 21 qui voyait le jeu avant tout le monde, et l’aura d’un champion respecté dans le vestiaire comme dans le pays.
La mission qui attend le futur sélectionneur est claire, et rude. À l’automne, l’Italie devra se frayer un chemin dans un groupe de Nations League relevé, avec France, Belgique et Turquie au programme. Une série de tests de haut niveau, sans période de rodage, face à des sélections installées dans le gratin européen.
Au-delà, l’horizon se nomme Euro 2028. Après les échecs en qualifications pour la Coupe du monde, la marge d’erreur est mince. La FIGC ne peut plus se permettre un nouveau fiasco.
Guardiola a choisi le repos et la distance. L’Italie, elle, n’a pas ce luxe. Elle doit décider vite qui la guidera dans ce tunnel de haut niveau où chaque faux pas se paie cash. Si, comme tout l’indique désormais, Andrea Pirlo hérite du costume, une autre question surgira aussitôt : l’élégance du maestro suffira-t-elle à recoller une nation à son histoire de géant du football ?




