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Francis Adu alerte sur les faux agents dans le football ghanéen

Dans les couloirs de la Ghana Football Association, Francis Adu n’est pas un visage de passage. Directeur informatique de la GFA, l’un des plus anciens au sein de l’instance, il connaît le système de l’intérieur. Et ce qu’il voit aujourd’hui autour des joueurs et des clubs l’inquiète profondément.

Au micro du GFA Podcast animé par Patrick Akoto, il a posé les mots sur un phénomène qui gangrène silencieusement le football ghanéen : la prolifération d’agents non licenciés, de pseudo-intermédiaires qui flairent les opportunités bien plus que l’intérêt des joueurs.

« Il y a beaucoup de personnes au Ghana qui prétendent être agents, mais ne le sont pas », a-t-il lancé. Interrogés, ces individus se rebaptisent aussitôt “player managers”. Un titre qui sonne bien, mais qui n’a aucune existence officielle, ni à la FIFA, ni à la Ghana FA.

Derrière ce glissement de vocabulaire, le danger est réel. Sans licence, sans examen, sans contrôle, ces intermédiaires se positionnent au cœur des décisions les plus sensibles : signatures de contrats, transferts, choix de carrière. Et la ligne de fracture est nette : d’un côté, des joueurs souvent jeunes, parfois issus de milieux modestes, de l’autre, des négociateurs qui ne répondent à aucune règle.

Adu insiste sur le point névralgique : « Si vous voulez être agent, vous devez suivre le processus approprié et réussir les examens requis. » Pas par amour de la bureaucratie, mais parce que ces étapes sont le minimum pour protéger toutes les parties. Sans ce cadre, les portes s’ouvrent aux contrats déséquilibrés, aux pertes financières, aux trajectoires brisées.

« Certains de nos clubs et joueurs deviennent vulnérables lorsque ces individus interviennent », prévient-il. La formule est polie. La réalité, elle, est souvent brutale : signatures arrachées sans conseil juridique, pourcentages opaques, engagements à long terme qui enferment plutôt qu’ils ne propulsent.

Face à ce constat, Adu ne se contente pas de dénoncer. Il appelle tout l’écosystème à se réveiller. Les clubs d’abord, parfois trop pressés de conclure un accord. Les joueurs ensuite, qui signent sans toujours mesurer la portée de chaque clause.

« Je pense que les clubs et les joueurs doivent chercher des conseils d’experts avant de signer des contrats et comprendre pleinement ce qu’ils signent », martèle-t-il. Apprendre, se documenter, se familiariser avec les règlements : pour lui, ce n’est plus une option, c’est une question de survie professionnelle.

Le message est clair : dans un football ghanéen qui rêve d’exporter ses talents et de sécuriser ses investissements, la bataille ne se joue pas seulement sur la pelouse. Elle se joue aussi, et de plus en plus, dans les bureaux, autour des tables de négociation. Et tant que les faux agents auront le champ libre, chaque signature restera une zone à risque.