Fenerbahce retrouve la Champions League après dix-huit ans d'attente
À Istanbul, l’attente a duré dix-huit ans. Jeudi soir, au Sukru Saracoglu, Fenerbahce retrouve enfin la lumière de la Champions League. Et Ismail Kartal sait exactement ce que cela représente.
Le technicien turc, de retour pour une quatrième aventure sur le banc du club, s’est présenté devant la presse avec un mélange de fierté assumée et de détermination froide. Il vient de guider Fenerbahce à travers trois tours de qualification, un parcours à élimination qui a ravivé la ferveur européenne du club et l’a hissé jusqu’à la phase de ligue. Un exploit qui le place dans l’histoire : il n’est que le deuxième entraîneur turc à mener Fenerbahce à ce stade de la compétition.
Kartal, la fierté et le plan
Kartal ne s’en cache pas : cette qualification a une saveur particulière. Dix-huit ans d’absence, une attente interminable pour un géant du football turc. Mais il refuse de se contenter du symbole. Il parle d’un groupe prêt à se mesurer « au plus haut niveau », d’une équipe qui ne vient pas simplement participer.
Face à lui, un premier obstacle massif : Roma. Trois matchs, trois victoires en Serie A, une dynamique parfaite. Le coach de Fenerbahce n’a pas cherché à minimiser l’ampleur du défi. Au contraire, il a placé la barre très haut en décrivant l’effectif actuel du club italien comme le plus puissant de son histoire. « Ils ont le plus fort effectif de leur histoire », a-t-il souligné, sans détour.
Mais l’admiration ne se transforme pas en crainte. Kartal insiste sur le travail accompli en coulisses. Son staff technique a disséqué l’adversaire, multiplié les analyses, préparé un plan de jeu pensé pour répondre coup pour coup.
« Un match de stratégie »
Pas question pour Fenerbahce de reculer et d’attendre. Le discours est clair : il veut une équipe équilibrée, capable de défendre avec rigueur mais aussi de frapper devant. « Nous allons afficher un jeu équilibré, avec des plans pour l’attaque et la défense, pas simplement rester derrière », a-t-il prévenu.
Ce duel, il le voit comme une partie d’échecs à haute tension. Un match de détails, de patience, de discipline. « C’est un match de stratégie », a-t-il martelé. Le message est aussi destiné aux tribunes.
Car Kartal sait que le Sukru Saracoglu peut basculer une soirée. Il a donc lancé un appel direct aux supporters : rester derrière l’équipe, ne pas se laisser gagner par la nervosité si le verrou italien tient longtemps. « Nous demandons à nos fans de rester patients et unis derrière l’équipe jusqu’au coup de sifflet final », a-t-il insisté.
Asensio absent, le groupe mis au défi
Sur le plan sportif, une absence majeure vient toutefois compliquer l’équation. L’attaquant espagnol Marco Asensio est toujours forfait, touché et indisponible pour ce choc d’ouverture. Un coup dur sur le papier, tant son profil technique et son expérience européenne auraient pesé dans ce type de rendez-vous.
Kartal refuse pourtant d’y voir une excuse. Il a répété sa confiance dans la profondeur de son effectif, persuadé que d’autres sauront saisir l’occasion de briller sur cette scène que le club attend depuis si longtemps.
Jeudi 10 septembre, à 19h45, Fenerbahce et Roma entreront sur la pelouse pour bien plus qu’un simple premier match de phase de ligue. Pour les Turcs, c’est un retour à la table des grands, chez eux, dans un stade prêt à exploser. Pour Kartal, c’est la suite logique d’une campagne déjà remarquable.
Reste une question brûlante : cette fois, Fenerbahce saura-t-il transformer la nostalgie européenne en véritable élan de saison ?




