Everton débute la saison par une victoire contre Crystal Palace
Andy Burnham avait pris place dans les sièges feutrés du Hill Dickinson Stadium pour voir comment son Everton, privé des recrues réclamées à cor et à cri – un latéral droit, un avant-centre – allait se débrouiller. Pas de latéral droit, pas de nouvel avant-centre… et finalement, pas de problème : Everton a profité d’un Crystal Palace terriblement maladroit pour lancer sa saison par une victoire nette, au moins au tableau d’affichage.
Kiernan Dewsbury-Hall a balayé les dernières rancœurs de la fin de saison passée avec une frappe splendide, avant que Thierno Barry, sous pression alors qu’un nouvel attaquant pourrait encore débarquer avant la clôture du mercato, ne plie l’affaire d’une tête en seconde période. Pour Pierre Sage, propulsé sur le banc de Palace, cette première en Premier League a tourné à la leçon cruelle, aggravée par la blessure inquiétante de Chadi Riad en fin de rencontre.
Palace frappe les montants, Everton frappe juste
Sage n’avait rien tenté de révolutionnaire pour son baptême en championnat : même structure, mêmes principes, et le même problème que sous Oliver Glasner, un manque de tranchant terrible dans les deux surfaces. Les visiteurs se sont créés trois occasions franches avant l’ouverture du score d’Everton. Ils n’en ont converti aucune.
La malchance s’en est mêlée, deux fois, avec le poteau gauche de Jordan Pickford comme ennemi intime. Mais cela n’a pas adouci le supplice pour le nouvel entraîneur ni pour le parcage visiteurs. À chaque occasion gâchée, le sentiment d’inéluctable grandissait côté Everton.
Avant le coup d’envoi, Palace avait dû démentir les rumeurs selon lesquelles Ismaïla Sarr aurait refusé de jouer pour forcer un départ vers Galatasaray. Officiellement, le Sénégalais était blessé, a assuré Sage. Le tumulte n’a pourtant pas freiné l’entame des Londoniens.
Après trois minutes seulement, James Tarkowski, nouveau capitaine d’Everton, se troue sur un ballon aérien. Eddie Nketiah s’échappe côté gauche, lève la tête et sert parfaitement Jean-Philippe Mateta au premier poteau. À bout portant, le Français envoie sa volée au-dessus. Premier avertissement.
Le deuxième arrive sur un geste de classe d’Adam Wharton. Le milieu, que Sage refuse de voir partir malgré l’intérêt de Manchester City, dépose un ballon au-dessus de Merlin Röhl, repositionné latéral droit en attendant que la quête du successeur de Seamus Coleman cesse de tourner au feuilleton. Nketiah contrôle dans la surface, a le temps de choisir son coin, mais Pickford sort une parade superbe et dévie sur son poteau gauche.
Le même montant vibre encore quand Wharton combine avec Dwight McNeil, ancien d’Everton, puis Nketiah pour servir Mateta, seul face au but. À l’extension maximale, l’attaquant trompe Pickford… mais trouve encore le bois. Trois alertes, zéro but. Cinq minutes plus tard, Everton punit.
Dewsbury-Hall allume la mèche
Peu à peu, l’équipe de David Moyes s’installe dans son match. Les recrues estivales Hayden Hackney, Tyrique George et Röhl se mettent en évidence, sans trembler. Les locaux s’offrent même une première opportunité quand Dewsbury-Hall lance Röhl dans le dos de la défense. Le jeune milieu allemand sert Iliman Ndiaye, qui oblige Dean Henderson à une belle parade réflexe.
Puis le jeu se fige, manque d’idées, malgré les incessantes percussions de George côté gauche. Il faut attendre que Dewsbury-Hall et Ndiaye prennent le ballon à bras-le-corps pour que la rencontre bascule vraiment.
Dewsbury-Hall enclenche d’abord un slalom dans l’axe, conclut par une frappe qui touche Chris Richards. Everton réclame une main, l’arbitre laisse jouer. Daniel Muñoz, ciblé par Everton au poste de latéral droit, tente de relancer, mais Harrison Armstrong le harcèle, récupère, et ouvre une brèche béante.
Le ballon revient à Dewsbury-Hall. À 27 ans, le milieu ne tremble pas : contrôle, frappe croisée, sèche, imparable, qui vient se loger dans le petit filet opposé de Henderson. Une ouverture du score limpide, un stade qui explose et une saison qui démarre enfin pour Everton.
Muñoz a l’occasion de se racheter peu après. Il surgit devant George pour couper un centre parfait de Daichi Kamada. Encore une fois, Palace soigne la préparation mais bâcle la conclusion : la tête du Colombien file à côté du poteau opposé.
La différence se résume là, pour l’instant : Palace touche les poteaux, Everton trouve les filets. Et dans une Premier League sans pitié, cette nuance-là finit souvent par dessiner tout un début de saison.




