Everton – Man City : City sous pression face à Arsenal
Arsenal a mis le ton dans l’après‑midi. Large victoire contre Fulham, un matelas de six points en tête du classement, et un message limpide envoyé au rival : à vous de répondre. Le relais est désormais dans les mains de Manchester City, qui se présente à Goodison… pardon, au Hill Dickinson Stadium, avec deux matches en retard, mais sans droit à l’erreur.
City sous pression, mais Guardiola refuse de se plaindre
Le calendrier est brutal. Trois matches en sept jours dans le sprint final, une finale de FA Cup coincée entre deux rencontres de Premier League, des déplacements répétés vers le sud du pays : le tableau est chargé. Du côté de City, on grince des dents en coulisses. Le club estime que le principe de réorganisation des matches n’a pas été respecté, notamment pour la réception de Crystal Palace, fixée au 13 mai, puis le voyage à Bournemouth le 19 mai, autour de la finale de FA Cup contre Chelsea à Wembley le 16.
Pep Guardiola, lui, garde le ton sec et fataliste.
« C’est comme ça », lâche-t-il. Il rappelle que lors du triplé et du quadruplé, City a déjà connu ce genre de marathon. Pas de demande d’aide, pas de plainte publique prolongée : « On ira match après match. Les diffuseurs, la Premier League, qui que ce soit, décident. On sera là avec 11 joueurs et des remplaçants. »
Le message est clair : le contexte est hostile, mais l’excuse est interdite.
Un duel avec Arsenal qui se joue aussi dans les détails
Le décor du titre est posé.
- Arsenal : 35 matches, 76 points, une différence de buts de +41. Il reste West Ham, Burnley et Crystal Palace pour boucler la saison.
- Manchester City : 33 matches, 70 points, différence de buts +37. Everton ce soir, puis Brentford, Crystal Palace, Bournemouth et Aston Villa. Cinq rendez-vous, deux matches de moins joués, et l’obligation de transformer cette marge théorique en réalité comptable.
Ce voyage au Hill Dickinson Stadium ressemble à un test mental autant que tactique. Quand City a quitté la Premier League lors de sa dernière sortie, le champion en titre était en tête. Le voilà désormais à six longueurs. Un faux pas, et la pression bascule définitivement à Londres.
Everton, bête noire… à l’envers
Les supporters d’Arsenal ont sans doute scruté l’affiche avec un peu d’espoir. Everton, chez lui, face au champion. Un vieux stade anglais, une ambiance rugueuse, un manager réputé pour sa capacité à organiser ses équipes. Les chiffres, eux, refroidissent vite l’optimisme.
Everton a perdu ses huit derniers matches de championnat à domicile contre Manchester City. C’est la plus longue série de défaites de son histoire face au même adversaire sur sa pelouse. City, de son côté, reste sur 17 rencontres de Premier League sans défaite contre les Toffees, depuis un 4-0 encaissé à Goodison lors de la première saison de Guardiola.
Pour les Gunners, ce n’est pas une statistique rassurante.
Moyes, toujours à la recherche de la première brèche
Sur le banc d’Everton, David Moyes connaît Guardiola par cœur. Il l’a affronté 15 fois en Premier League. Il n’a jamais gagné. Treize défaites, deux nuls, que ce soit avec Sunderland, West Ham ou Everton. Une série qui pèse lourd, presque autant que les chiffres récents entre les deux clubs.
City a déjà battu Everton 2-0 cette saison. Pour Mikel Arteta, ancien adjoint de Guardiola, l’espoir d’un coup de main de son ancien mentor existe, mais l’historique ne plaide pas en sa faveur. Pour Moyes, la soirée ressemble à une double opportunité : briser sa malédiction personnelle et bouleverser la course au titre.
Sans Rodri ni Idrissa Gueye, deux milieux déshabillés
Ce choc se joue aussi avec des absents majeurs. Rodri n’apparaît pas sur la feuille de match côté City. Une absence lourde tant le milieu espagnol est le métronome de l’équipe de Guardiola, son garant d’équilibre. L’entraîneur catalan réorganise donc son entrejeu, déjà bousculé par l’enchaînement des matches.
Il n’est pas le seul à devoir bricoler. Everton doit composer sans Idrissa Gueye, son meilleur milieu défensif, blessé. Moyes se tourne vers Merlin Röhl, titularisé pour seulement la troisième fois en Premier League. Un pari dans une zone du terrain où City aime frapper.
Les compositions : un City remodelé, un Everton remanié
Guardiola ne se contente pas d’un simple ajustement. Il abandonne l’idée Nico O’Reilly au milieu, expérience ratée contre Burnley, et le renvoie à son poste de latéral gauche. Nico Gonzalez, héros de la demi-finale de FA Cup contre Southampton, est récompensé : il débute au milieu en l’absence de Rodri.
Le onze de City :
- Donnarumma – Nunes, Khusanov, Guehi, O’Reilly – Gonzalez, Silva, Semenyo – Cherki, Doku, Haaland.
Sur le banc : Trafford, Reijnders, Stones, Ake, Marmoush, Kovacic, Ait-Nouri, Savinho, Foden.
Une équipe offensive, avec Doku pour étirer, Cherki pour créer entre les lignes, et Haaland pour finir. Bernardo Silva, encore, pour donner du liant et du contrôle.
En face, Everton opère trois changements. Idrissa Gueye, Dwight McNeil et Thierno Barry sortent du onze. Tim Iroegbunam, Merlin Röhl et Beto entrent.
Le onze d’Everton :
- Pickford – O’Brien, Tarkowski, Keane, Mykolenko – Iroegbunam, Garner, Röhl – Dewsbury-Hall, Ndiaye – Beto.
Sur le banc : Travers, Patterson, McNeil, Barry, George, Dibling, Coleman, Alcaraz, Armstrong.
Une équipe dense dans l’axe, avec du volume de course au milieu, un Beto pour peser physiquement sur la défense centrale de City, et la créativité de Dewsbury-Hall et Ndiaye pour tenter de profiter de la moindre transition.
Une course au titre qui ne pardonnera rien
City aurait préféré inverser l’ordre de ses matches reportés, affronter Bournemouth avant la finale de FA Cup et Crystal Palace après. La Premier League a dit non. Résultat : un enchaînement Palace – Chelsea – Bournemouth qui accentue la tension interne au club.
Mais tout cela ne comptera que si City fait le travail ce soir. Un faux pas au Hill Dickinson Stadium, et les débats sur le calendrier n’auront plus vraiment de poids. Une victoire, en revanche, relancerait la pression sur Arsenal, avec ces deux matches en retard comme ombre permanente derrière l’épaule des Gunners.
Le champion en titre sait ce qui l’attend : un stade hostile, un manager en quête de sa première victoire contre Guardiola, une série historique à prolonger et un titre à défendre. La question est simple : Manchester City a-t-il encore les nerfs, les jambes et l’âme pour aller chercher Arsenal dans cette dernière ligne droite ?




