L’Égypte qualifiée pour les huitièmes de finale grâce à Salah
L’Égypte a résisté au passé, au scénario et à la pression. À Dallas, les Pharaons ont arraché leur billet pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde au terme d’un duel étouffant face à l’Australie, conclu aux tirs au but après un nul 1-1, prolongation comprise. Une séance qu’ils redoutaient, eux qui restaient sur quatre défaites d’affilée dans cet exercice. Cette fois, tout a basculé.
Quatre frappes égyptiennes, quatre buts. Deux ratés australiens, signés Harry Souttar puis Lucas Herrington. Et, au milieu de ce théâtre sous tension, un geste : la panenka de Mohamed Salah, pleine axe, face à Mat Ryan, entré à la 119e minute pour ce moment précis. Le capitaine n’a pas tremblé. L’Égypte, elle, s’est libérée.
L’Égypte frappe la première
Le début de match avait pourtant offert le premier frisson à l’Australie. Très tôt, Cristian Volpato déclenche une frappe lointaine qui vient effleurer la barre. Avertissement sans frais. Derrière, l’Égypte prend la main.
Les Pharaons installent leur jeu, gagnent les duels, s’installent dans le camp adverse. La récompense tombe vite : sur un ballon travaillé au second poteau, Emam Ashour se retrouve oublié dans le dos de la défense et place une tête imparable. 1-0, les Égyptiens sont lancés.
L’Australie tente de répondre. Zico se retrouve en position idéale, mais sa tentative file à côté, action finalement signalée hors-jeu. Rien n’y fait, le contrôle reste égyptien jusqu’à la pause, avec une impression nette : le match est dans leurs mains.
Au retour des vestiaires, l’Égypte a l’occasion de porter le coup presque fatal. À peine le jeu relancé, Omar Marmoush se présente en bonne position, ouvre son pied… et manque le cadre. Un raté lourd de sens. L’instant où le match bascule sans que le score ne change.
L’égalisation cruelle et le sauvetage de Beach
La sanction tombe peu après. Sur une action australienne, un centre apparemment anodin traverse la surface. Mohamed Hany veut intervenir, dévie le ballon… dans son propre but. L’égalisation vient d’une tête malheureuse, un de ces gestes que tout défenseur redoute. L’Australie revient à 1-1, portée par ce coup de pouce du destin.
La rencontre se tend, les espaces se ferment, la peur de la faute fatale s’invite. L’Égypte pousse encore, sans réussir à reprendre l’avantage. Et dans le temps additionnel, le scénario frôle le renversement définitif.
Sur un centre millimétré, Ramy Rabia s’élève et catapulte une tête vers la lucarne. Patrick Beach, impeccable jusque-là, signe alors l’arrêt du match : une claquette splendide qui envoie le ballon au-dessus de la barre. À la 94e minute, l’Australie vient d’échapper au chaos. Direction prolongation.
Salah se réveille, Ryan entre pour les tirs au but
Les trente minutes supplémentaires réveillent Mohamed Salah. Le capitaine multiplie les prises de balle, cherche les décalages, accélère à la moindre ouverture. L’Égypte joue plus haut, tente de forcer la décision dans le jeu. Mais le dernier geste manque, les corps tirent, les minutes filent.
À l’approche des tirs au but, un chiffre pèse lourd : quatre séances perdues de suite pour l’Égypte. Sur le banc australien, le choix est clair. Mat Ryan remplace Patrick Beach à la 119e minute. Un gardien d’expérience pour une séance censée tourner en faveur des Socceroos.
Sur le papier, tout semble aligné contre les Pharaons. Dans les têtes, pourtant, quelque chose a changé.
Une séance renversée, une panenka pour l’histoire
Le premier tir au but donne le ton. Harry Souttar s’avance pour l’Australie et expédie sa frappe au-dessus de la barre. Coup de massue. L’Égypte, elle, ne tremble pas. Un penalty, puis un autre, puis un troisième : les Égyptiens enchaînent les frappes maîtrisées, imperturbables.
Mohamed Salah arrive à son tour. Il choisit le geste le plus risqué, le plus exposé. Une panenka, tout droit dans l’axe, au-dessus de Ryan. Le ballon finit au fond, le symbole est immense. Le capitaine prend tout sur lui, assume, montre le chemin.
Les cinq premiers tireurs marquent, jusqu’à Lucas Herrington. Sous pression, le défenseur australien frappe trop fort, trop haut. Le ballon heurte la barre. L’Australie vacille, l’Égypte voit la porte s’ouvrir.
C’est alors qu’Abdelmaguid s’avance pour conclure. Il fixe Ryan, le prend à contre-pied et envoie l’Égypte en huitièmes de finale. Les Pharaons peuvent exulter, l’Australie s’effondre, consciente d’avoir tenu, lutté, mais buté sur la dernière marche.
L’Australie sort la tête haute, l’Égypte regarde vers Messi… ou le piège
Tony Popovic peut être fier de son groupe. Son équipe a tenu tête, a répondu physiquement, a poussé l’Égypte jusqu’au bout de la nuit texane. Le sélectionneur l’a répété : ce parcours montre la solidité du football australien. Mais la Coupe du monde s’arrête là, brutalement, à quelques centimètres de barre transversale près.
L’Égypte, elle, s’offre plus qu’une qualification. Elle brise une malédiction aux tirs au but, retrouve un souffle collectif, voit son capitaine assumer encore davantage son statut.
La suite s’annonce vertigineuse : un huitième de finale contre l’Argentine ou le Cap-Vert. Peut-être Lionel Messi, peut-être un outsider sans complexe. Salah l’a dit : il faudra respecter les deux adversaires possibles. Les Pharaons, désormais, savent qu’ils peuvent survivre à tout. Même à leurs vieux démons.




