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Eddie Howe quitte Newcastle : Alan Shearer inquiet

Newcastle a connu des soirées plus calmes que celle‑là. Quelques heures après une lourde défaite 4-1 en match de préparation face à Bristol City, le club voit Eddie Howe quitter le banc, au terme de cinq années qui ont redonné vie à St James’ Park. Le timing, lui, laisse Alan Shearer totalement perplexe.

Un timing étrange qui inquiète Shearer

La nouvelle a surpris tout le monde, y compris la plus grande légende du club. « Je suis très, très surpris par l’annonce du départ d’Eddie Howe de Newcastle », a confié Alan Shearer à Betfair. « Je trouve que c’est un timing étrange, à trois semaines du début de la nouvelle saison. »

Newcastle n’a toujours pas communiqué officiellement, mais la séparation est présentée comme « à l’amiable ». Les raisons profondes, elles, restent floues. Shearer lui-même s’interroge : est‑ce lié à la fin de la saison dernière, à ce mercato d’été, à la sensation pour Howe de voir ses meilleurs joueurs partir les uns après les autres ? « On me dit que c’est la décision d’Eddie », glisse l’ancien buteur.

Ce qui ne change rien à son constat : l’image renvoyée par le club est préoccupante.

Un club qui vend ses cadres et sème le doute

Depuis le début de l’été, Newcastle perd des pièces maîtresses. Anthony Gordon est parti. Sandro Tonali aussi. Le brassard de Bruno Guimarães est entouré de rumeurs insistantes l’envoyant vers Arsenal. Et dans les tribunes comme dans les pubs, la même question revient : jusqu’où cela va‑t‑il aller ?

Shearer ne cache pas son malaise. « Je ne pense pas que ce soit une bonne image de ce qui se passe en ce moment à Newcastle. On se demande : qu’est‑ce qui se passe ? On vend tous nos meilleurs joueurs. Les fans voient Isak partir, les fans voient Tonali partir, les fans voient Gordon partir. »

Le tableau qu’il dresse est brutal. À ses yeux, Bruno Guimarães pourrait être le prochain à faire ses valises. « Mon intuition, c’est que ce n’est qu’une question de temps avant que Bruno parte. Il regardera ce qui se passe avec tous ces joueurs, ce qui se passe avec Eddie, et il se dira, d’un point de vue personnel : “Je vais être le prochain.” »

Shearer résume la situation en une phrase : « Ce n’est clairement pas un bon look, et ils vont devoir affronter de grosses vagues maintenant, parce que c’est l’inconnu. »

De la Ligue des champions au grand flou

Le contraste est saisissant. Howe avait pris la suite de Steve Bruce en novembre 2021, avec un club en difficulté et un projet à clarifier. Il laisse derrière lui une équipe qui a retrouvé la Ligue des champions et qui a soulevé le premier trophée domestique du club depuis 70 ans. Une résurrection sportive saluée dans tout le pays.

Et pourtant, l’histoire s’interrompt en plein été, à un moment où, comme le souligne Shearer, tout semblait déjà calé pour la saison à venir. « C’est pour ça que le timing est étrange. S’il devait se passer quelque chose, on aurait pensé que ça se ferait à la fin de la saison dernière, pour laisser à Newcastle le temps de se préparer. »

Au lieu de ça, le club se retrouve à trois semaines du coup d’envoi avec un banc à pourvoir, un vestiaire secoué et un public qui s’interroge.

Matthias Jaissle en pole, mais un défi colossal

Dans ce vide, un nom revient avec insistance : Matthias Jaissle. Le technicien de 38 ans, installé en Arabie saoudite sur le banc d’Al‑Ahli, est présenté comme le grand favori pour succéder à Howe à St James’ Park, après avoir mené le club à deux titres en Ligue des champions asiatique.

Shearer appelle déjà à la prudence autour de ce possible choix. « S’il est nommé, il faudra faire attention à ne pas lui tomber dessus tout de suite. Clairement, il a un très bon bilan en Arabie saoudite. Clairement, il est très jeune et peu expérimenté. »

Et puis il y a ce rappel, lourd de sens : « La Premier League est un monstre de championnat. C’est un énorme défi pour n’importe qui de venir après ce qu’Eddie a fait. »

Le message est clair : Jaissle, ou un autre, héritera d’un poste brûlant, dans un club en pleine zone de turbulences.

Howe, un départ amer mais un avenir ouvert

Si l’avenir de Newcastle se couvre de nuages, celui d’Eddie Howe semble, lui, promis à rester dégagé. Shearer n’a aucun doute : les propositions vont affluer.

« Il ne manquera pas d’offres, pour ce qu’il a fait et ce qu’il a accompli à Newcastle », insiste l’ancien capitaine, qui a tenu à remercier Howe pour le « travail merveilleux » réalisé sur la Tyne. Le technicien anglais devrait d’abord s’accorder une pause. « D’abord, je pense, un peu de repos pour lui », souffle Shearer.

Le paradoxe n’échappe à personne : Howe vient tout juste de sortir d’une courte trêve estivale. « C’est aussi pour ça que le timing est étrange », relève encore Shearer. « S’il devait se passer quelque chose, on aurait pensé que ce serait à la fin de la saison dernière. »

La suite ? Des offres de Premier League, des pistes à l’étranger, un choix à faire. « Il aura des propositions d’Angleterre, il aura des propositions de l’étranger. On devra attendre pour voir ce qui l’attend. »

Newcastle, lui, n’a pas ce luxe. Entre un vestiaire décimé, un entraîneur à remplacer en urgence et une base de supporters inquiète, le club vient d’entrer dans une période décisive. La question n’est plus de savoir ce qu’Eddie Howe a accompli, mais si ceux qui lui succéderont sauront empêcher ce projet ambitieux de se fissurer avant même d’avoir atteint son sommet.