
Cristiano Ronaldo refuse de jouer pour Al-Nassr : tensions autour de son avenir
Cristiano Ronaldo a de nouveau placé la lumière sur lui, mais cette fois en restant assis. L’attaquant portugais a refusé de jouer pour Al-Nassr lors de la victoire 1-0 contre Al-Riyadh lundi, un geste de colère qui relance brutalement les interrogations sur son avenir en Arabie saoudite, à l’heure où il s’apprête à fêter ses 41 ans jeudi.
Ronaldo aurait explosé en apprenant le transfert de Karim Benzema à Al-Hilal lors du dernier jour du mercato. Le Français, libéré de son contrat avec Al-Ittihad, a rejoint librement le club de Riyad, actuel leader de la Saudi Pro League avec un point d’avance sur Al-Nassr. Sur le papier, il s’agit d’un joli coup sportif. Dans les coulisses, c’est un tremblement de terre.
Les trois clubs concernés – Al-Hilal, Al-Nassr et Al-Ittihad – appartiennent tous au Public Investment Fund (PIF), le puissant fonds souverain saoudien. Ronaldo aurait très mal vécu que cette opération soit validée en faveur d’un rival direct pour le titre, estimant que les ambitions d’Al-Hilal sont artificiellement renforcées par l’arrivée de son ancien coéquipier du Real Madrid. Pour un joueur qui a bâti sa carrière sur l’obsession de la concurrence loyale et de la première place, la pilule semble avoir du mal à passer.
Voir Ronaldo « en grève » n’est pas totalement inédit : son départ houleux de Manchester United en 2022, après une interview explosive, avait déjà montré un joueur prêt à aller au bras de fer lorsqu’il se sent trahi ou dévalorisé. Mais le décor a changé. Ici, il n’est plus la star d’un géant européen, mais la figure de proue d’un projet national, sous contrat à environ 488 000 £ par jour et encore lié pour 18 mois. Son refus de jouer dépasse donc le simple caprice de vestiaire et touche à l’image même de la Saudi Pro League.
Cette scène a évidemment déclenché une avalanche de rumeurs. Certains se sont empressés d’imaginer un troisième retour à Manchester United, scénario qui fait vibrer la nostalgie mais pas vraiment la réalité. Wes Brown, ancien défenseur des Red Devils et ex-coéquipier de Ronaldo, a calmé le jeu dans des propos accordés à BettingLounge : « Il n’est pas heureux, mais est-ce que Cristiano Ronaldo reviendrait à Manchester United pour une troisième fois ? Je dirais non. Je ne vois pas comment cela pourrait arriver. » Le jugement est sec, presque définitif, et rappelle que le club d’Old Trafford a déjà tourné la page une première fois.
Brown entrevoit plutôt d’autres portes de sortie, si la situation devait se dégrader : un départ en MLS, où le championnat américain rêve toujours de grands noms, ou un retour au pays, au Portugal, pour boucler la boucle. Il insiste surtout sur une idée qui obsède encore Ronaldo : la Coupe du monde. Le quintuple Ballon d’Or veut disputer un dernier Mondial, ce qui implique de rester actif, performant et affûté physiquement. Se mettre en retrait durablement en Arabie saoudite irait à l’encontre de cette ambition, et c’est là que le bras de fer trouve vite ses limites.
L’ancien défenseur se dit d’ailleurs convaincu que le conflit finira par se résoudre. Sur ce point, difficile de lui donner tort : Ronaldo a toujours fini par retrouver le terrain, même après ses épisodes les plus tendus à Madrid, à Turin ou à Manchester. Chez lui, la frustration est souvent un carburant autant qu’un problème.
En attendant, le silence est total du côté d’Al-Nassr. Ni Ronaldo, ni ses coéquipiers, ni le staff n’ont pris la parole depuis la victoire de lundi. La conférence de presse d’après-match de Jorge Jesus a été purement et simplement annulée, et les joueurs ont reçu pour consigne de ne pas parler aux médias. Quand un club coupe ainsi le son, c’est généralement que la discussion se poursuit à huis clos, loin des caméras, avec des enjeux qui dépassent la simple composition d’équipe.
Match à Venir
Sportivement, le timing est délicat. Al-Nassr reçoit Al-Ittihad vendredi, et la présence de Ronaldo reste incertaine. En face, Al-Hilal affrontera la lanterne rouge Al-Akhdoud à domicile. Le leader a offert un peu d’air à ses poursuivants en concédant trois nuls de suite, laissant entrevoir une ouverture dans la course au titre. Un faux pas supplémentaire, combiné à une victoire d’Al-Nassr, pourrait permettre au club de retrouver la première place, un sommet qu’il n’a plus atteint depuis son sacre de 2019, bien avant l’arrivée du Portugais en 2022.
C’est tout le paradoxe du moment : alors que le championnat lui tend une opportunité rare, Al-Nassr doit gérer l’humeur de son joueur phare, celui qui était censé incarner la stabilité et l’ascension du projet saoudien. Ronaldo n’est pas seulement un buteur à statistiques, il reste un homme de caractère, susceptible, fier, et parfois imprévisible. Et dans un championnat qui mise autant sur les stars pour exister, chaque geste de ce calibre ressemble un peu à un test de solidité pour tout le système.