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Cristian Romero quitte Tottenham dans la controverse

Cristian Romero a tourné la page Tottenham d’une manière qui lui ressemble : intense, émotionnelle… et dérangeante pour certains. Avant même que son club n’officialise son départ vers l’Atletico Madrid, le défenseur argentin a publié son propre message d’adieu. Une dernière entorse au protocole qui a fait grincer des dents à Londres.

Samedi matin, Tottenham a confirmé la vente du joueur de 28 ans à l’Atletico Madrid pour 40 millions d’euros, assortie d’un pourcentage de 15 % à la revente. Une sortie majeure pour un cadre qui a passé cinq saisons dans le nord de Londres, au cœur d’années souvent agitées.

Un long message d’adieu… avant le club

Tout avait en réalité commencé la veille au soir. Plus de douze heures avant le communiqué officiel des Spurs, Cristian Romero avait déjà tiré le rideau sur les réseaux sociaux, avec un texte long, très personnel, presque testamentaire.

« Aujourd’hui, je dis au revoir à un endroit qui, pendant cinq saisons, a été bien plus qu’un club », a-t-il écrit.

Il parle de « maison », de « défi », d’un lieu où sa famille et lui ont construit « une partie si importante » de leur vie.

Romero insiste sur les souvenirs, la fierté, et rappelle son objectif initial : laisser son nom dans l’histoire du club. Pour y parvenir, dit-il, il n’y avait qu’un chemin : « travail, sacrifice » et ce qu’il décrit comme un accomplissement longtemps jugé hors de portée pour Tottenham : « soulever un trophée à nouveau. Et nous l’avons fait. »

Il reconnaît que le parcours n’a pas été parfait, mais refuse que cela marque son départ. Il préfère retenir « les moments heureux », « les leçons », les personnes qui l’ont soutenu et « surtout, l’amour » reçu en cinq ans.

Il remercie tout le monde : entraîneurs, coéquipiers, membres du staff, personnel de l’ombre. Puis il s’adresse aux supporters, qu’il remercie pour l’avoir « aimé », « respecté » et fait sentir « comme l’un des leurs dès le premier jour ». Il parle de chaque accolade, chaque chant, chaque drapeau, chaque applaudissement.

Romero admet aussi ses défauts : « Je sais que je n’ai pas été parfait, mais une chose me donne la paix : j’ai toujours tout donné. J’ai défendu ce maillot avec fierté et de tout mon cœur. »

Son message se conclut comme une déclaration d’appartenance définitive : il affirme quitter le club, mais laisser « une partie de [son] cœur » à Tottenham, promet qu’il part « comme l’un des leurs pour toujours », et referme par un dernier « merci pour tout » suivi d’un « au revoir ».

Un texte fort. Trop tôt, pour certains.

Un reporter de Sky Sports le recadre

Cette initiative n’a pas du tout plu à Michael Bridge, journaliste de Sky Sports spécialisé dans la couverture de Tottenham. Invité à réagir sur Sky Sports News à la question de savoir si les supporters des Spurs allaient regretter Romero, il a répondu sans détour : « Non. »

Pour lui, ce départ annoncé par le joueur avant le club résume bien le personnage : « Même annoncer le transfert avant que le club ne l’ait fait, c’est Romero. »

Bridge reconnaît le talent du défenseur : « À son meilleur niveau, il faisait partie des meilleurs défenseurs centraux du monde. » Mais il précise aussitôt que ces performances de très haut vol, il les a surtout vues avec l’Argentine, face à des sélections comme l’Équateur ou le Pérou.

Le reproche est clair : Romero a toujours semblé plus concerné par sa sélection que par son club. « Il n’y a rien de mal à être fier de jouer pour son pays, mais trop souvent, jouer pour Spurs ressemblait à une corvée », lâche le journaliste.

Il rappelle aussi que le défenseur n’a pas hésité à publier quelques critiques publiques visant la direction du club, un comportement jugé intolérable dans les couloirs de Tottenham.

Bridge souligne néanmoins le rôle clé de Romero dans la conquête de la Ligue Europa, un titre majeur dans l’histoire récente du club. Mais même là, une ombre subsiste : l’épisode de la dernière journée de championnat, marqué par le feuilleton autour de sa présence ou non pour soutenir l’équipe dans la lutte pour le maintien.

Pour le reporter, tout cela converge vers une conclusion évidente : « Le moment était venu pour lui de partir. »

Tottenham tourne la page derrière

Sur le plan sportif, Tottenham ne semble pas pris au dépourvu. Le club a déjà anticipé l’après-Romero en recrutant Jan Paul van Hecke et Marcos Senesi plus tôt dans l’été. Les dirigeants ne prévoient donc pas de recruter un autre défenseur central dans les deux dernières semaines du mercato.

La priorité se déplace vers l’attaque, où une refonte plus large est attendue. Les Spurs travaillent sur plusieurs dossiers offensifs, dont ceux de Cody Gakpo et Savinho.

Romero, lui, rejoint l’Atletico Madrid avec un nouveau défi et une réputation contrastée : défenseur brillant, champion avec l’Argentine, mais figure parfois clivante à Tottenham. À Madrid, il n’aura plus d’excuse. Sa passion pour le maillot se verra tout de suite. Reste à savoir pour lequel elle brûlera le plus fort.