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Cole Palmer face à l'incertitude de sa carrière internationale

Thomas Tuchel fait vaciller l’avenir international de Cole Palmer. En quelques phrases sèches, le sélectionneur de l’Angleterre a ouvertement mis en doute la volonté du joueur de Chelsea de réellement s’inscrire dans le projet national.

Palmer, trop souvent absent

Palmer compte seulement 14 sélections. À 24 ans, ce n’est déjà pas beaucoup. Mais ce qui irrite Tuchel, c’est le motif récurrent : les absences. La dernière en date, cette semaine, pour une « légère blessure musculaire », a été très mal reçue dans le staff anglais.

Le contexte renforce la tension. L’attaquant venait tout juste de signer un retour en grâce en sélection après un début de saison solide avec Chelsea. Il avait été écarté du groupe pour la Coupe du monde par Tuchel, en raison d’une forme et d’une condition physique jugées insuffisantes. Le nouveau forfait passe donc mal.

Interrogé sur l’impression que Palmer ne semble pas désespéré à l’idée de jouer pour l’Angleterre, Tuchel n’a pas cherché à adoucir le propos. « Difficile de contredire ce que vous dites », a-t-il lâché. Une phrase courte, mais lourde de sens.

Puis le verdict est tombé, sans détour : « Il rate trop de rassemblements. C’est le titre général. Nous envoyons beaucoup de convocations et il n’a pas pu venir cette fois. C’est comme ça. Je ne suis pas prêt à me concentrer sur des joueurs qui ne sont pas là. Les joueurs présents ont toute mon attention. »

Pour Tuchel, l’affaire est simple : chaque absence est une occasion gâchée. « C’est une opportunité manquée. Il rate trop d’opportunités. Je ne lui en veux pas pour ça. C’est juste un fait. Il manque bien trop de rassemblements à cause de blessures, et moi je veux me baser sur ce que je vois au quotidien dans mon équipe. Pour ça, il faut être en camp.

Pas de passe-droit, pas même pour créer du lien

L’idée d’inviter Palmer à rejoindre le groupe uniquement pour travailler le lien humain, malgré sa blessure, n’a même pas été envisagée. Tuchel a coupé court.

« Amener quelqu’un et prendre du temps à nos kinés, ce n’est pas utile. Il s’agit des gars qui sont là, et c’est vers eux que va l’énergie. »

Message clair : dans cette Angleterre-là, on ne vient pas en touriste. On est disponible, ou on sort du cadre.

Tuchel a bâti son mandat sur la notion de cohésion et de fiabilité. Il veut des joueurs prêts à interrompre leurs vacances, pas des éléments fragiles ou hésitants. Sur ce point, Palmer se retrouve désormais au bord d’une pente glissante dans la hiérarchie offensive.

Des remplaçants « désespérés d’être là »

L’Angleterre lance sa campagne de Nations League samedi soir à Wembley, face à l’Espagne, championne du monde en titre. Sur le plan offensif, Tuchel n’est pas démuni. Loin de là.

Morgan Gibbs-White a été rappelé en urgence… depuis des vacances à Dubaï. Un détail qui a beaucoup plu au sélectionneur, et qu’il a pris soin de souligner en public.

« Il nous reste Jude Bellingham, Morgan Rogers, Morgan Gibbs-White et Eberechi Eze, a détaillé Tuchel. Tous en camp. Tous désespérés d’être ici. Tous disponibles. Et tous prêts à y aller, prêts à arrêter des vacances après un jour à Dubaï. »

La comparaison implicite avec Palmer saute aux yeux. D’un côté, ceux qui coupent court au repos pour répondre à l’appel. De l’autre, un talent majeur, titulaire à chaque match de Premier League avec Chelsea cette saison, mais trop souvent absent quand le maillot national l’attend.

Des cas individuels, des traitements différents

Palmer n’est pas le seul à avoir déclaré forfait. Mais tous les cas ne se valent pas aux yeux de Tuchel.

Le sélectionneur ne nourrit aucun grief envers Tino Livramento, déjà absent avec Newcastle le week-end précédent. Les inquiétudes autour des retraits de Kobbie Mainoo et Marcus Rashford, de Manchester United, ont également été relativisées. Quant à Declan Rice, lui a obtenu un véritable blanc-seing.

Le milieu d’Arsenal a joué diminué pendant la Coupe du monde et enchaîne les matches à un rythme effréné. Tuchel s’appuie sur ce vécu pour justifier un traitement à part. « Chaque cas est individuel et si Declan m’appelle et m’explique, et que je le vois jouer contre Brighton, je vois immédiatement à la télévision que quelque chose ne va pas. Il a juste confirmé cette impression. Chaque cas est différent et je savais pour Marcus, je savais pour Kobbie qu’ils jouaient avec une gêne. »

Le message est double : le staff sait faire la part des choses, mais il attend une transparence totale et un engagement constant. Palmer, lui, n’a plus de marge d’erreur.

L’ombre de l’Argentine, la menace de l’Espagne

En toile de fond, il y a la cicatrice encore ouverte de la demi-finale de Coupe du monde perdue contre l’Argentine. L’Angleterre aborde cette Nations League avec l’envie de prouver qu’elle a appris, qu’elle sait mieux gérer un avantage, mieux contrôler les temps faibles.

Morgan Rogers, attaquant de Chelsea, l’a reconnu : l’obsession de défendre un score peut parfois paralyser. « Nous sommes clairement assez bons pour le faire, a-t-il assuré en parlant de la capacité à garder le ballon en menant 1-0, notamment contre l’Espagne. Mais il n’y a pas beaucoup d’équipes au monde capables de le faire, surtout en demi-finale de Coupe du monde, dans ce moment-là. J’étais sur le terrain, je l’ai senti, on faisait tout pour ne pas les laisser marquer et parfois ça peut être une pensée négative. »

Il insiste sur la gestion émotionnelle. « Il s’agit de garder ce calme et ce sang-froid. Aussi déchirant que ce fut, j’espère que cette expérience nous servira énormément pour la suite, que dans ces situations-là nous pourrons nous rappeler ce qu’on a ressenti quand le coup de sifflet a retenti dans ce match, de ce que la dernière demi-heure contre l’Argentine a été. Ça a laissé un goût amer, la façon dont ça s’est terminé. »

Alléger la dépendance à Kane et Bellingham

Rogers sait aussi que la responsabilité offensive doit être mieux partagée. Harry Kane et Jude Bellingham portent trop souvent l’Angleterre sur leurs épaules. « Ils ne seront pas là pour toujours, a-t-il prévenu. Ils peuvent ne pas être là pour un rassemblement ou autre, et d’autres doivent prendre le relais. À partir de maintenant, la Coupe du monde est derrière nous. »

Ce constat s’inscrit directement dans le débat autour de Palmer. Quand le sélectionneur réclame des joueurs « désespérés d’être là », il pense autant à l’état d’esprit qu’aux statistiques. Les attaquants appelés cette semaine ont une opportunité en or de bousculer la hiérarchie.

Des choix forts à venir

Tuchel doit encore trancher à droite de la défense. Jarell Quansah se dispute le poste de latéral droit avec Trent Alexander-Arnold, option plus offensive, plus expérimentée, mais moins naturelle dans ce rôle.

Au milieu, un autre dossier brûlant : la première sélection possible pour Alex Scott. Le jeune milieu espère devancer Myles Lewis-Skelly et James Garner pour une place dans le onze. Une décision qui dira beaucoup sur la volonté de Tuchel de renouveler son entrejeu.

Dans ce paysage en mouvement, une certitude se dégage : le temps où Cole Palmer pouvait compter sur son seul talent pour verrouiller sa place en sélection est en train de disparaître. L’Angleterre avance, les concurrents se bousculent, les vacances se raccourcissent.

Reste à savoir si Palmer choisira de suivre le rythme, ou de regarder Wembley à la télévision.