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Christian Horner et l'appel inattendu de Red Bull

Christian Horner n’est plus chez Red Bull, mais le téléphone a tout de même sonné après Bahreïn. Au bout du fil, son ancienne équipe, fraîchement victorieuse pour la première fois avec son propre moteur. Un simple coup de fil, mais lourd de sens : merci pour le travail accompli.

Horner a dirigé Red Bull dès son arrivée en Formule 1 en 2005, jusqu’à son départ en milieu de saison 2025. Vingt ans de présence, une ère entière marquée par deux cycles de domination. D’abord celui de Sebastian Vettel, quadruple champion du monde entre 2010 et 2013. Puis celui de Max Verstappen, qui a replacé l’écurie au sommet entre 2021 et 2024.

Mais l’héritage de l’Anglais ne se limite pas aux titres pilotes et constructeurs. Il s’étend au cœur même de la voiture : le moteur.

Le pari Red Bull Powertrains

Quand Honda annonce son retrait à l’horizon 2020, Red Bull se retrouve face à un vide. Il faut un moteur, et vite. Horner pousse alors un projet audacieux : créer sa propre structure moteur, Red Bull Powertrains, avec l’appui de Ford pour l’ère 2026.

Il ne s’agit pas seulement de construire un département technique de plus, mais une véritable start-up au sein du paddock. Recruter des talents, leur donner de l’espace, des responsabilités, les laisser tenter, rater, recommencer. Les « pousser à repousser les limites », comme il le décrit.

Cette philosophie finit par porter ses fruits. Le bloc Red Bull Powertrains signe sa première victoire au Grand Prix de Bahreïn, disputé en Malaisie, puis enchaîne une deuxième semaine plus tard à Singapour. Deux succès qui valident brutalement des années de sueur, de nuits blanches et de paris techniques.

Pour Horner, désormais spectateur, le moment est particulier. Il confie avoir été « super fier » de voir ce moteur enfin gagner, conscient de chaque étape qui a mené à ce résultat, des doutes initiaux jusqu’aux derniers ajustements.

Un 16e essai enfin transformé

Cette première victoire n’est pas arrivée par hasard, ni rapidement. Le moteur maison décroche ce succès lors de sa 16e tentative. Dans un championnat où tout se joue sur des détails, atteindre le sommet en si peu de temps reste une performance colossale.

Horner insiste sur ce point : ce triomphe appartient d’abord aux hommes et aux femmes qui ont façonné ce moteur. Ingénieurs, mécaniciens, responsables de projet. Tous ceux qui ont fait vivre l’idée folle de Red Bull Powertrains jusqu’à la transformer en réalité gagnante.

C’est précisément pour cela que l’appel venu de Milton Keynes compte. Selon Horner, les actionnaires de Red Bull l’ont contacté, tout comme le directeur général Oliver Mintzlaff, pour le remercier de son rôle dans cette réussite, en particulier pour la victoire de Sepang. Un geste simple, mais symbolique, qu’il qualifie de « geste apprécié ».

Surtout quand on sait que le précédent échange téléphonique avec Mintzlaff, quinze mois plus tôt, avait été d’une toute autre nature. Cette fois, le ton a changé. Le contexte aussi.

Horner n’est plus dans le garage, plus sur le muret des stands, mais une partie de son empreinte continue de faire gagner des Grands Prix. Et dans un paddock où les portes se ferment vite une fois qu’on s’en va, recevoir un appel de remerciement après un succès moteur, seize courses après le début de l’aventure, dit beaucoup.

Sur la façon dont Red Bull gagne.

Et sur la façon dont Horner, même loin du stand, reste lié à ces victoires.