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Chelsea s’effondre face à Brighton : Rosenior dénonce l'indéfendable

Chelsea ne perd plus seulement des matches. Le club s’effondre. Battus 3-0 par Brighton au AMEX Stadium mardi soir, les Blues ont touché un nouveau point bas d’une saison déjà calamiteuse, sous les yeux d’un Liam Rosenior furieux et désabusé.

Un naufrage historique

Septièmes de Premier League, à sept points de Liverpool, cinquième, avec un match de plus au compteur : la Ligue des champions s’éloigne à grande vitesse. Il ne reste que quatre journées. Le temps, lui, manque.

Chelsea vient d’enchaîner cinq défaites de rang en championnat sans marquer le moindre but. Une série aussi stérile que lointaine dans les archives : il faut remonter à 1912 pour trouver trace d’un tel mutisme. La même année que le naufrage du Titanic. Le parallèle fait mal, mais il s’impose.

À Brighton, la prestation a viré à la caricature. Aucun tir cadré. Une équipe amorphe. Un déplacement ponctué par des chants insultants venus du parcage visiteurs, visant directement Rosenior.

Interrogé par Sky Sports sur la pire prestation de son mandat, l’entraîneur n’a pas esquivé : « De très loin. C’était inacceptable dans tous les aspects du jeu, inacceptable dans notre attitude. »

Rosenior lâche ses joueurs

Le ton est tombé, sec, sans filtre. « Je passe mon temps à défendre les joueurs. Ça, c’est indéfendable, cette performance ce soir », a poursuivi le technicien, ancien coach de Strasbourg.

Il a déroulé la liste des manquements : « La manière dont on concède les buts, le nombre de duels perdus, le manque d’intensité dans l’équipe. Quelque chose doit changer de façon drastique, maintenant. La professionnalité n’y était pas. C’est une nuit vraiment difficile. La plus difficile, pas seulement ici, dans ce magnifique club, mais de toute ma carrière. Certaines choses que j’ai vues aujourd’hui, je ne veux plus jamais les revoir. »

Brighton, porté par des buts de Ferdi Kadioglu, Jack Hinshelwood et Danny Welbeck, aurait pu alourdir encore la note. Le 3-0 paraît presque flatteur pour Chelsea. Les Seagulls, eux, en profitent pour doubler les Londoniens au classement et grimper à la sixième place, avec l’Europe en ligne de mire.

Une saison qui se délite

Pour Chelsea, la chute est brutale. Sept défaites sur les huit derniers matches toutes compétitions confondues. Une seule victoire sur les neuf plus récents. Moins d’un an après avoir été sacrés champions du monde des clubs, les Blues glissent vers l’anonymat.

Rosenior avait des circonstances atténuantes sur le papier : Cole Palmer, Estêvão et João Pedro manquaient à l’appel, tous blessés. Trois armes offensives majeures indisponibles. Mais le coach a refusé de se cacher derrière ces absences.

« Nous devons nous regarder dans le miroir ; je dois me regarder dans le miroir », a-t-il lâché. Avant de frapper plus fort encore : « Je ne peux pas continuer à venir ici et défendre certaines choses que nous voyons. L’attitude générale, l’esprit, la détermination manquaient, à part peut-être chez trois ou quatre joueurs sur les onze. C’est très loin de ce qui est acceptable pour ce club. Je ne peux pas venir et mentir. Je dirai la vérité. C’était une performance inacceptable dans tous les domaines. »

Un club à un tournant

Le constat fait mal, surtout pour un effectif assemblé pour plus d’un milliard de dollars. Une équipe pensée pour régner sur l’Europe se retrouve désormais à calculer ses chances… de rater la Ligue des champions.

Le choix de se séparer d’Enzo Marcesca en janvier, quelques mois après le titre mondial des clubs, pèse lourd. Son successeur, Rosenior, accompagne pour l’instant la glissade plus qu’il ne l’enraye.

« J’ai longuement expliqué ce qui doit se passer dans ce club, quel que soit le manager, pour que ce club soit là où il doit être, a-t-il expliqué. Ce n’est pas une question de moi. C’est une question de ce club. »

Dimanche, une demi-finale de FA Cup contre Leeds se dresse déjà. Une bouée ou un nouveau boulet ? La réponse dira si cette saison de Chelsea peut encore être sauvée ou si le naufrage de 1912 n’était qu’un sinistre avant-goût de 2024.