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Chelsea cherche des repères face à Brentford

Chelsea n’a plus gagné ce derby de l’ouest londonien depuis la première saison de Brentford en Premier League. Depuis ce succès 1-0 en octobre 2021, signé Ben Chilwell, chaque déplacement des Blues sur ce terrain s’est terminé par un nul. Une série qui raconte beaucoup de la trajectoire opposée des deux clubs.

D’un côté, Brentford avance avec continuité, stabilité, une identité claire. De l’autre, Chelsea tente un nouveau redémarrage, encore un, cette fois sous les ordres de Xabi Alonso. Sa défense, en pleine phase d’apprentissage tactique, risque d’intéresser au plus haut point Kevin Schade. Après ses deux buts parfaitement exécutés à Bournemouth, l’attaquant allemand a de quoi se sentir inspiré face à une arrière-garde qui n’a pas encore assimilé toutes les configurations de son nouvel entraîneur.

Historiquement, une seule équipe a décroché le titre en Premier League avec une défense à trois : le dernier Chelsea champion, celui d’Antonio Conte en 2016-2017. Le pari d’Alonso est donc ambitieux. Son attaque fonctionne déjà mieux que son bloc défensif, ce qui pose un casse-tête à Jannik Schuster. Le jeune défenseur central de 20 ans, appelé à remplacer Nathan Collins, a subi un sérieux examen face à Evanilson pour sa première titularisation en championnat à Bournemouth. Il en est sorti grandi, mais le test Chelsea arrive vite.

Devant, João Pedro porte l’essentiel du danger bleu : trois buts, trois passes décisives. Sa condition physique, en revanche, interroge. En cas de doute persistant, Danny Welbeck pourrait connaître sa première titularisation en championnat cette saison. Un symbole de plus d’un Chelsea encore en construction, qui doit briser la série de nuls à Brentford pour prouver que ce « reboot » n’est pas qu’un slogan.

Tottenham – Aston Villa, la peur au ventre

Que se passe-t-il quand une force très stoppable croise un objet extrêmement mouvant ? Réponse attendue au Tottenham Hotspur Stadium, où Aston Villa, 19e, débarque à Londres. Entre les deux équipes, un seul but marqué en championnat. Et toujours aucune victoire.

Le retour de Pedro Porro change beaucoup pour Roberto De Zerbi. Il devrait mettre fin à l’expérience Archie Gray au poste de latéral droit, une tentative qui a assez duré. Aucun onze de départ de Premier League ne semble aussi instable que celui de Spurs : presque chaque joueur paraît à une erreur ou deux de la mise à l’écart. Résultat, une équipe crispée, qui joue avec la peur au ventre et choisit systématiquement l’option la plus prudente.

Dans ce climat, James Maddison apparaît comme le détonateur possible. Entré en jeu contre Everton puis Liverpool la semaine passée, le meneur de jeu, miné par les blessures, brûle d’envie de débuter. Tottenham a besoin de quelqu’un pour prendre le jeu à son compte. Lui se voit bien endosser ce rôle.

Brighton, Malick Yalcouyé et l’avertissement envoyé à Arsenal

Après la remontée renversante de Brighton à Old Trafford contre Manchester United, Fabian Hürzeler a expliqué le succès du club par sa structure, sa capacité à être « bien organisé ». Il aurait tout aussi bien pu parler de Malick Yalcouyé.

Le milieu offensif ivoirien de 20 ans a rejoint la côte sud en 2024, après seulement quelques mois à l’IFK Göteborg. Mais il a dû patienter jusqu’à cette saison pour ses débuts en équipe première, enchaînant un prêt à Sturm Graz puis à Swansea. L’attente valait le coup : repositionné en numéro 10 pendant la blessure de Jack Hinshelwood, absent jusqu’à la trêve internationale, Yalcouyé a déjà marqué deux fois en Premier League.

Brighton, meilleure attaque du championnat avec 13 buts en quatre journées, reçoit maintenant Arsenal. Les champions en titre enchaînent un quatrième déplacement de rang. Mikel Arteta est prévenu : Yalcouyé et ses partenaires ont lancé un message clair à tout le pays. Ignorer cette menace serait une faute professionnelle.

Everton, Mykolenko en rempart silencieux

Vitalii Mykolenko réalise un début de saison solide, presque passé sous les radars. Ses détracteurs ne seront sans doute jamais convaincus, mais David Moyes, lui, sait ce que représente un latéral fiable dans un effectif réduit.

Prolongé de trois ans cet été, physiquement plus costaud, l’international ukrainien enchaîne les prestations sérieuses. La défense d’Everton affiche quatre clean sheets en six rencontres. Le poste de latéral gauche reste fragile en termes de profondeur, surtout après le prêt d’Adam Aznou à Málaga, mais Mykolenko, meilleur défenseur de métier, a calmé les inquiétudes.

Ipswich arrive avec ses recrues offensives, Emersonn et Zian Flemming, prêtes à tester cette solidité. Si Everton s’impose avant la longue coupure internationale, Moyes pourra parler d’un début de saison encourageant. Et Mykolenko, lui, aura posé un peu plus sa marque sur cette équipe.

Newcastle, Jaissle et la foi inébranlable dans le jeu vertical

Matthias Jaissle n’aime pas tourner autour du pot. Interrogé jeudi sur la possibilité de passer à une défense à cinq ou de tempérer son approche ultra verticale après le 4-1 encaissé à Leeds et une cascade de blessures, le technicien allemand a répondu par un seul mot : « Non ».

Le message est clair. Newcastle, qui a recruté huit joueurs de 24 ans ou moins cet été, entame une nouvelle ère sans Bruno Guimarães, Sandro Tonali ni Anthony Gordon. Jaissle veut que son jeune groupe reste fidèle à une vision qu’il assume pleinement. Un voyage courageux, selon ses mots, où un revers ne doit pas tout remettre en cause.

Hull se présente à Tyneside samedi, face à un Newcastle décidé à répondre à la gifle de Leeds sans renier sa philosophie. « On ne change pas », répète Jaissle. Le plan est risqué. Il est aussi assumé. La réaction dira si ce pari peut tenir sur la durée.

Nottingham Forest, Liam Delap et l’air de renouveau

Beaucoup ont ricané devant les 45 millions déboursés pour Liam Delap cet été. Pourtant, Nottingham Forest ressemble à l’environnement idéal pour relancer l’attaquant.

Le club a longtemps prospéré avec Chris Wood en pointe de son système, avant la blessure du Néo-Zélandais. Delap en est une sorte d’héritier plus jeune : puissant, instinctif, capable de faire jouer les autres. Lors de la victoire à Villa samedi, la connexion avec Morgan Gibbs-White a sauté aux yeux. Les deux hommes ont déjà l’air sur la même longueur d’onde.

Coventry, qui a encaissé huit buts lors de ses deux derniers matches, arrive au City Ground au mauvais moment. Forest, après une saison passée anxiogène, a retrouvé un élan. Et la ville a validé mercredi un projet massif : porter la capacité du stade de 31 000 à 52 500 places, pour un coût estimé à 790 millions de livres. Un signal fort. Delap, lui, a un décor parfait pour redevenir le buteur qu’on annonçait.

Iraola revient à Bournemouth, entre reconnaissance et défi

Andoni Iraola a regardé de loin les débuts européens de Bournemouth à San Sebastián, une ville qu’il connaît par cœur. Dimanche, le Basque revient sur les terres de son ancien club.

Avec ses adjoints Tommy Elphick et Shaun Cooper, tous deux anciens joueurs de Bournemouth, Iraola a hissé le club jusqu’à la sixième place, synonyme de Ligue Europa, soit le meilleur classement de son histoire. Ce travail sur la côte sud lui a ouvert les portes de Liverpool. L’accueil sera chaleureux, presque acquis.

Mais le match, lui, ne le sera pas. Bournemouth, en difficulté sous les ordres de Marco Rose, n’en reste pas moins un adversaire piégeux. Le technicien allemand avait d’ailleurs passé quelques heures avec Iraola avant de prendre officiellement ses fonctions en juin. Les deux hommes savent ce qui les attend : un duel à haute intensité.

Eddie Howe n’a jamais battu Bournemouth en huit matches de championnat avec Newcastle. Iraola et son staff s’attendent à souffrir. Et à être jugés à l’aune de ce retour chargé de symboles.

Leeds, Calvert-Lewin et un record qui date de 1932

Dominic Calvert-Lewin arrive à Elland Road avec une mission très claire contre Crystal Palace. Il veut devenir le premier joueur de Leeds à marquer lors de six matches de championnat consécutifs à domicile depuis Arthur Hydes, en 1932. Presque un siècle.

Tout a basculé pour lui quand Daniel Farke a adopté le 3-5-2 fin novembre dernier. En pointe isolée, l’attaquant peinait. Associé à Noah Okafor ou Lukas Nmecha, il s’est métamorphosé. Les buts ont suivi. Leeds alterne parfois en 3-4-3, voire avec une défense à quatre, mais Calvert-Lewin ne cesse de rappeler l’importance des duos offensifs.

Avec huit points en quatre journées, Leeds signe son meilleur départ en première division depuis l’équipe de David O’Leary en 2001-2002. Palace servira de baromètre. Le record d’Hydes tremble. Et la question dépasse Leeds : ce 3-5-2 ne serait-il pas la clé pour libérer d’autres buteurs en panne ?

Manchester City, un départ parfait à mettre à l’épreuve

Douze points sur douze, des victoires 1-0 contre Coventry et Manchester United, un succès 2-1 face à Bournemouth, un 4-1 contre Crystal Palace : Manchester City a lancé sa saison en mode rouleau compresseur maîtrisé. Huit buts marqués, deux encaissés. Seul Arsenal fait légèrement mieux défensivement, avec un but concédé pour le même total offensif.

Les chiffres dessinent un candidat très sérieux au titre. Enzo Maresca semble avoir trouvé rapidement un équilibre. Mais la série parfaite sera mise à l’épreuve par Régis Le Bris. Le technicien français sait comment perturber City : la saison passée, il avait arraché un nul avec Sunderland contre le tenant de la FA Cup, même si c’était au Stadium of Light. À l’Etihad, en revanche, City s’était promené 3-0 dans le match retour.

Cette fois, Le Bris veut enrayer la machine dès le début du championnat. Maresca, lui, regarde plus loin. Une équipe qui démarre ainsi a le droit de viser très haut. Reste à savoir qui, sur la durée, sera vraiment capable de la faire dérailler.