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Chelsea s’effondre à Brentford : défense et attaque en difficulté

Même problème, même sanction. Chelsea ne sait toujours pas défendre. Et sans Joao Pedro, blessé, l’équipe de Xabi Alonso a découvert un nouveau vide : celui de l’attaque, incapable de peser à Brentford, où elle s’est inclinée 3-0 vendredi.

Privé de son buteur brésilien, touché au genou, Alonso a dû recomposer un secteur offensif qui carburait jusque-là, porté par l’inspiration de Cole Palmer et la recrue record à 117 millions de livres, Morgan Rogers. Danny Welbeck a été titularisé en pointe. Il a couru, combiné proprement… mais n’a jamais vraiment existé.

Pendant une heure, le match reste pourtant équilibré. Un bras de fer serré, où l’on sent que le premier but fera basculer la soirée. Ce sera pour Brentford. À la 61e minute, Jaidon Anthony ouvre le score. Et Chelsea s’écroule.

Une défense au bord de la rupture

La suite est brutale. Trois buts encaissés, aucune réaction structurée, et un constat implacable : Chelsea a déjà concédé 12 buts en Premier League, plus que n’importe quelle autre équipe, même si le club a disputé un match de plus que ses concurrents.

Xabi Alonso entre ainsi dans une catégorie très peu enviable : il n’est que le sixième entraîneur de l’histoire de la Premier League à voir son équipe encaisser au moins deux buts lors de chacun de ses cinq premiers matches sur le banc. Le chiffre dit tout. L’urgence est claire : stopper l’hémorragie.

Certaines failles défensives datent d’avant son arrivée. Mais le nouvel entraîneur n’a pas encore réussi à donner la moindre cohérence tactique à ce Chelsea-là. Il a tout essayé ou presque : systèmes variés, onze changements de joueurs avec 11 débuts depuis le début de saison, dont deux nouveaux vendredi.

Mahdi Nicoll-Jazuli, 16 ans, est ainsi devenu le plus jeune joueur de l’histoire de Chelsea à disputer un match de Premier League. Jordan Henderson, 36 ans, a lui aussi fait ses premiers pas sous ce maillot, face à son ancien club. Des symboles d’un chantier à tous les étages.

Mais le fil rouge reste le même : dès que l’adversaire marque, Chelsea se délite.

Sans Joao Pedro, l’attaque perd son fil

L’été, le club a encore pioché à Brighton pour se renforcer en pointe, faisant venir Welbeck pour l’associer à Joao Pedro et densifier l’attaque. À Brentford, ce plan a explosé avec l’absence du Brésilien.

Welbeck, 35 ans, a été propre balle au pied, mais presque invisible dans les zones décisives. Seuls 17 ballons touchés avant sa sortie à la 71e minute. Le contraste est criant avec Joao Pedro, capable de se créer ses propres occasions, de renverser un match par un dribble, un appel, une frappe venue de nulle part.

Le Brésilien abordait ce week-end avec le meilleur total de contributions offensives de la Premier League : trois buts et trois passes décisives en quatre rencontres. Son influence dépasse les chiffres. Il sert de relais, de point d’appui, de lien naturel avec Palmer et Rogers.

À Brentford, ce lien a disparu. Rogers a sans doute livré sa prestation la plus terne depuis son arrivée en provenance d’Aston Villa. Emmanuel Emegha, encore blessé et toujours en attente de sa première apparition, manquait lui aussi à l’appel. Rogers a fini par glisser en pointe, faute de mieux. Sans plus de succès.

Sans Joao Pedro, Chelsea a perdu bien plus qu’un buteur. Il a perdu son point de gravité.

Les coups de pied arrêtés, plaie béante

Tout bascule sur un corner. Encore. Anthony marque d’une tête simple, presque tranquille, et porte à cinq le nombre de buts encaissés par Chelsea sur coups de pied arrêtés cette saison. Depuis le début de la saison dernière, le total grimpe à 23. Aucun club de Premier League ne fait pire.

Ce secteur devait pourtant être une priorité. Le club avait recruté Bernardo Cueva, en provenance de Brentford, pour corriger ces faiblesses il y a deux ans. Cet été, Austin MacPhee, autre spécialiste très coté, a pris le relais. Rien n’y fait pour l’instant.

Levi Colwill, capitaine par intérim, ne se cache pas devant les caméras de Sky Sports : « Pas assez bon. Par moments, nous avons été bousculés dans la surface et nous devons clairement nous améliorer. Nous avons totalement confiance en notre coach sur les coups de pied arrêtés et nous nous adaptons encore à de nouvelles idées, mais nous devons progresser en tant qu’équipe. »

Le mot qui revient, chez les joueurs comme chez l’entraîneur, c’est la mentalité.

Une question de mentalité, mais aussi d’identité

Xabi Alonso tente d’endurcir son groupe, d’installer une vraie agressivité compétitive. On a souvent pointé du doigt la jeunesse de l’effectif pour expliquer ces manques. Paradoxalement, à Brentford, Chelsea a aligné son onze le plus âgé depuis mai 2023.

Henderson, pour sa première, était associé à deux autres trentenaires, Welbeck et le gardien Emiliano Martinez. L’expérience n’a pourtant pas suffi à stabiliser une équipe qui s’est liquéfiée après l’ouverture du score.

« Je dirais que nous avons perdu en constance et en mentalité compétitive en seconde période. Nous savons que les petits détails peuvent être décisifs », a reconnu Alonso après les deux buts encaissés en fin de match.

Le technicien espagnol continue de tâtonner. Il change de système, de profils, sans encore trouver une structure qui donne à son équipe le contrôle d’un match sur 90 minutes. « Il ne s’agit pas de chercher des excuses, a-t-il insisté auprès de Sky Sports. Nous devons nous regarder en face et savoir qu’il faut travailler et progresser, car le chemin est encore long. »

La première vague d’enthousiasme, portée par un football offensif et spectaculaire, est retombée. Les victoires initiales ont laissé place à une réalité plus âpre : une défense poreuse, une dépendance criante à Joao Pedro, et un collectif qui n’a pas encore trouvé son identité.

Trois semaines de trêve internationale arrivent. Trois semaines pour ruminer ce 3-0. Trois semaines, surtout, pour qu’Alonso trouve enfin comment empêcher Chelsea de s’effondrer au premier coup de vent. La saison vient à peine de commencer. Combien de temps lui reste-t-il pour remettre cette équipe à l’endroit ?