RDC Sport

Carrick rejette l'idée d'un départ facile pour Manchester United

Michael Carrick n’a pas eu besoin de longtemps pour poser le décor de sa première saison complète à la tête de Manchester United. À ceux qui estiment que le calendrier leur a offert un cadeau avec Hull City puis Ipswich Town pour lancer la Premier League, il répond sèchement : non.

« Dans ce championnat, il n’y a pas de départ favorable », martèle le manager. United ouvre samedi à l’heure du déjeuner sur la pelouse de Hull, fraîchement promu, avant de recevoir Ipswich, autre nouveau venu dans l’élite, la semaine suivante. Sur le papier, certains y voient un tremplin idéal. Carrick, lui, y voit un piège.

« Une équipe promue, à l’extérieur, c’est un match très, très difficile, insiste-t-il. J’ai déjà vécu ça, je sais exactement ce qui nous attend samedi, ce qui va nous tomber dessus et ce pour quoi on doit être prêts. Dire que c’est un début favorable, c’est facile à balancer, mais c’est assez ridicule, et je ne le prends pas du tout comme ça. »

Sesko et Darlow, renforts de dernière minute

Dans ce contexte, la bonne nouvelle pour United vient de l’infirmerie. Benjamin Sesko et le nouveau gardien Karl Darlow devraient faire partie du groupe qui se déplacera à Hull. Aucun des deux n’a disputé la moindre minute lors des six matches amicaux de l’été, mais ils ont repris l’entraînement collectif cette semaine et sont désormais disponibles.

Sesko, 23 ans, n’avait plus rejoué depuis une blessure au tibia contractée début mai face à Liverpool. Un coup d’arrêt qui lui a fait manquer toute la préparation. Carrick savoure donc son retour : « Ben est de retour à l’entraînement, c’est une autre chose positive, on a hâte de le revoir avec le groupe et de lui donner des minutes. »

Mount encore freiné, mais toujours au centre du projet

Le tableau est moins limpide pour Mason Mount. Touché au pied lors du nul 1-1 en amical contre le Paris Saint-Germain, le milieu est jugé « incertain » pour le déplacement à Hull. Les pépins physiques s’accumulent depuis son arrivée à Old Trafford : seulement 72 apparitions en trois saisons.

Carrick, pourtant, ne lâche pas son joueur d’un centimètre. Son discours est clair, presque protecteur : « D’abord, Mason est un top joueur, un top joueur. On l’a vu en pré-saison. Il a été l’un de nos meilleurs joueurs au début, dans les matches qu’il a disputés, et je l’ai trouvé fantastique. Ce n’est pas une surprise, c’est ce que j’avais déjà vu, ce que j’attends de lui, ce que je sais de lui. »

Le manager insiste sur la notion de rythme, clé pour relancer la carrière de l’international anglais : « Bien sûr, il a manqué du temps de jeu ces dernières années et il veut être en forme, il veut être dans un vrai rythme et le rester. On fait tout pour l’aider à y parvenir, mais c’est un top joueur, Mase. Mason sera de retour très, très vite, si ce n’est immédiatement, donc tout va bien. »

Rashford, retour affûté et polyvalent

Au milieu de ces incertitudes, un autre visage attire la lumière : Marcus Rashford. De retour de son prêt réussi au Barcelona, l’attaquant anglais a réintégré le groupe pour la pré-saison après avoir glissé dans la hiérarchie sous les précédents entraîneurs. Il est désormais candidat à une place pour ce retour en Premier League contre Hull.

Carrick ne cache pas sa satisfaction devant l’état de forme et l’attitude de son numéro 10 : « Marcus est revenu de manière fantastique. Il prend du plaisir sur le terrain, il a l’air en forme, vif, fort, prêt à jouer. »

Signe qui compte pour la saison à venir, le coach souligne aussi sa polyvalence offensive. Rashford n’est pas forcément destiné à évoluer en pointe la plupart du temps, mais sa capacité à occuper l’axe offre une option supplémentaire à United, précieux atout dans une saison longue et exigeante.

Un calendrier soi-disant clément, un manager qui refuse tout confort, des cadres qui reviennent, d’autres qui se battent contre le temps et les blessures : le coup d’envoi n’a pas encore été donné que la tonalité est déjà posée. Reste à savoir si ce refus d’entendre parler de « facilité » se traduira, dès Hull, par une équipe à la hauteur du discours.