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Canelo vs Mbilli : 5 leçons du grand retour de Canelo Alvarez et ses conséquences

Le week-end dernier, Saul "Canelo" Alvarez a rappelé au monde de la boxe que malgré ses 36 ans, il conserve une grande maîtrise de son art. Face à Christian Mbilli, il a facilement défendu son titre WBC des super-moyens, repartant de Riyad avec sa ceinture intacte.

1. Canelo a parfaitement maîtrisé Mbilli

Mbilli, connu pour son style agressif et sa pression constante, n’a jamais réussi à imposer son rythme face à Alvarez. Les statistiques Compubox montrent que Mbilli a lancé en moyenne seulement 10,6 coups par round contre Canelo, bien moins que les 21,5 et 27,3 frappes qu’il avait lancées contre Derevyanchenko et Martinez respectivement. Son taux de précision a aussi chuté, passant de plus de 30 % à seulement 17,5 % contre Alvarez.

Malgré une augmentation de son volume de coups dans la seconde moitié du combat, Mbilli est resté inefficace, ne réussissant qu'à peine à améliorer son nombre de frappes nettes. Canelo a neutralisé l'arme principale de Mbilli grâce à un jab précis, une bonne défense et des contres qui ont sapé le moral de son adversaire.

2. Munguia, un cas à part chez Eddy Reynoso

Le fidèle entraîneur d’Alvarez, Eddy Reynoso, est réputé pour inculquer une discipline défensive stricte et un style réfléchi. Pourtant, Jaime Munguia, également sous sa tutelle, a montré un visage bien différent samedi lors de son combat contre Nikita Zon.

Munguia s’est appuyé sur sa ténacité et son agressivité plutôt que sur la technique défensive habituelle. Après un début difficile, il a survécu à une série d’attaques avant de reprendre le contrôle et de remporter la victoire aux points. Malgré un score favorable (117-111 deux fois, 116-112), Munguia a flirté avec le danger et ses faiblesses restent évidentes : vulnérabilité aux uppercuts, échanges risqués et manque de rigueur défensive.

Son prochain défi sera Bektemir Melikuziev, challenger obligatoire WBA, dont la capacité à exploiter ces lacunes reste à confirmer.

3. Où sont les véritables prétendants chez les 168 livres ?

Munguia détient certes la ceinture WBA, mais en tant que coéquipier de Canelo, il ne semble pas être un futur adversaire probable. De plus, sa défaite contre Alvarez en 2024 ne joue pas en sa faveur.

Avec Reynoso préférant que Canelo reste à 168 livres, la division semble manquer de challengers solides et populaires. Hamzah Sheeraz, grand et puissant, a impressionné en 2025 mais a montré des signes d’essoufflement récemment. Lester Martinez, champion intérimaire WBC, a un chemin logique vers Canelo, mais son profil international limité et son match nul contre Mbilli le placent comme un outsider.

Le plus redoutable pourrait être Osleys Iglesias, champion IBF, avec ses 15 KO en 16 combats, sa puissance et son style gaucher. Il souhaite une unification avec Canelo, mais sa notoriété reste modeste. Aucun de ces challengers ne représente encore une menace spectaculaire à court terme.

4. Les critiques de Dana White sur la production des événements de boxe restent pertinentes

Dana White, PDG de l’UFC et cofondateur de Zuffa Boxing, a souvent critiqué la manière dont les shows de boxe sont produits, notamment leur longueur excessive. Samedi, le pay-per-view Canelo-Mbilli a encore illustré ce problème, avec des pauses studio interminables entre les combats, réduisant la fluidité de l’événement.

Les fans ont dû supporter des analyses prolongées, interviews répétées, reportages en coulisses et autres segments promotionnels, alors que le public souhaiterait simplement enchaîner les combats. Ce n’est pas un reproche aux présentateurs Kate Abdo ou Chris Mannix, mais bien à l’organisation qui impose un déroulement rigide, même en cas de knockout rapide.

Ce phénomène n’est pas nouveau : l’événement Joshua vs Prenga en juillet avait lui aussi duré beaucoup trop longtemps. Des promotions comme Real American Freestyle ou Bare Knuckle Fighting Championship gèrent mieux leur tempo, respectant davantage le temps des spectateurs.

5. Un événement sportif peut se tenir sans incident mais pas sans risque

Avant même l’arrivée des combattants et des équipes à Riyad, des alertes ont été envoyées aux habitants, signalant une menace aérienne hostile dans la ville. Cette semaine-là, plusieurs attaques de missiles, attribuées aux Houthis, avaient déjà fait des victimes, notamment à l’aéroport King Khalid.

Malgré cette menace réelle, l’organisation de ce combat majeur a continué. Le contraste entre la gravité de la situation sécuritaire et la tenue d’un événement sportif de ce calibre paraît absurde.

Depuis l’ère Turki Alalshikh, Riyad ambitionne de devenir une capitale de la boxe. Pourtant, entre problèmes de rythme et gestion hasardeuse des événements, la ville ne semble pas prête à supplanter Las Vegas.