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Coventry et Frank Lampard : un retour prometteur à Goodison

Frank Lampard revient à Goodison avec un Coventry qui n’a plus peur du vertige.

« J’aimerais penser qu’on a un plafond plus élevé », lâche l’entraîneur.

La phrase, simple, tranche avec le tumulte des premières semaines : quatre défaites, aucun but, et déjà les Sky Blues rangés dans la colonne des condamnés. On les disait trop tendres, trop naïfs, trop justes pour la Premier League.

Aujourd’hui, le décor a changé.

De la tempête au calme relatif

Coventry peut grimper à la 11e place en cas de victoire à Everton vendredi. Douze points au compteur, à hauteur de Bournemouth, un quart de saison bouclé pour un club qui retrouve l’élite après 25 ans d’absence. Pour un promu annoncé en souffrance, le symbole est fort.

L’histoire, elle, envoie un clin d’œil encourageant. Seuls Middlesbrough (1996-97), Burnley (2009-10) et Cardiff (2013-14) ont été relégués après avoir atteint la barre des 12 points au bout de 10 journées. Statistique froide, mais qui nourrit l’idée que Coventry a déjà posé quelques fondations.

Ce qui frappe, c’est que le moral n’a jamais vraiment lâché. Ni après Arsenal, ni après Hull, ni après Manchester City, ni après Brighton. Même la gifle 5-0 concédée à domicile face à Brighton, avec près de 45 minutes à dix après l’exclusion de Taiwo Awoniyi, n’a pas fissuré l’optimisme à Ryton, le centre d’entraînement.

Au club, on a considéré ce naufrage comme un épisode typique d’une saison de Premier League, un match qui peut dérailler, surtout à dix. Pas de crise, pas de règlement de comptes. Juste la conviction qu’il y avait déjà assez de signaux positifs dans les prestations contre Hull, Manchester City et Arsenal pour croire que Coventry pouvait exister à ce niveau.

Un ajustement tactique qui change le ton

Le tournant, ou au moins le point d’inflexion, se niche après une défaite en Carabao Cup, 3-1 contre Aston Villa. Lampard revoit sa copie. À Nottingham Forest, il abandonne son idée initiale pour calquer la défense à trois adverse. Résultat : un succès 1-0 au City Ground, précieux autant pour le classement que pour la confiance.

« Le résultat, parfois, tu ne peux pas complètement le contrôler, mais tu peux contrôler ton idée en entrant sur le terrain, ce qui maximise nos forces et tient compte de l’adversaire », explique Lampard, présent avant 7h30 chaque matin, passage par la salle de sport avant la séance.

À Forest, il refuse d’aller là-bas « dans le moment où nous étions » avec une défense à quatre, conscient des dégâts que peuvent provoquer des pistons et des numéros 10 laissés libres. Ce n’est pas, insiste-t-il, une simple histoire de schéma qui gagne ou qui perd un match. Coventry sait qu’il l’attend un combat de longue haleine, et que chaque pourcentage grappillé dans le plan de jeu compte. À condition de croire que c’est la bonne option.

Cette flexibilité tactique, Lampard l’a toujours revendiquée. Trois victoires sur les cinq derniers matches lui donnent raison et sortent Coventry de la zone rouge.

Moins de ballons, plus de lucidité

Les chiffres racontent aussi la mue d’une équipe qui découvre les codes de la Premier League. Le contraste avec le premier match à domicile contre Hull est saisissant. Ce jour-là, Coventry avait monopolisé le ballon : 68,5 % de possession. Et perdu 1-0.

Face à Sunderland, succès 3-1, la possession tombe à 42,6 %. Plus de 200 passes en moins, plus de 50 passes vers l’avant en moins, et un volume de ballons dans le dernier tiers réduit de plus de moitié, de 128 à 60. Moins de fioritures, plus de tranchant. Moins de contrôle apparent, plus d’efficacité.

La patience, parfois la prudence, ont fini par payer. Les Sky Blues acceptent de souffrir, d’attendre, de choisir leurs moments. Ils apprennent, simplement, à jouer un autre championnat.

Dans cette logique, Lampard n’a pas hésité à poser un choix fort : laisser sur le banc le capitaine Matt Grimes, élément clé de la montée la saison passée. Une décision lourde, mais comprise en interne. Le statut ne garantit plus rien, la survie impose ses lois.

Coventry affiche encore le plus faible xG de la ligue, 8,34, signe d’un volume d’occasions limité. Mais au club, on sait aussi que le calendrier d’ouverture était brutal : trois déplacements sur les quatre premiers à Manchester City, Arsenal et Tottenham. Pas exactement une rampe de lancement confortable.

Un retour chargé de symboles à Goodison

Le prochain chapitre se jouera dans un décor familier pour Lampard : Goodison Park. Un an passé sur le banc d’Everton, des souvenirs contrastés, et ce retour avec un promu qui commence à croire à sa propre histoire.

Après ce voyage sur la Mersey, Coventry accueillera Crystal Palace et Ipswich, avec un déplacement à Leeds entre les deux. Une séquence que certains, en interne, pointent déjà comme déterminante pour les chances de maintien. Une série où l’on ne parle plus de bonus, mais de points à prendre.

Lampard, lui, refuse de s’enflammer. « Quand tu es dans la zone, le plaisir de la victoire est très court. Tu passes vite au match suivant. La relaxation et la complaisance sont les plus grands dangers dans ce métier », prévient-il.

L’objectif est clair : garder cette force intérieure, cette cohésion, même lorsque les résultats tourneront moins bien. « Si on maintient ce sentiment, même quand les résultats seront difficiles, on se donnera une chance », insiste-t-il.

Coventry a déjà prouvé qu’il pouvait encaisser les coups et revenir. Reste à savoir si cette équipe, encore en construction, transformera cette première réaction en vraie trajectoire de Premier League. La réponse passera, tôt ou tard, par des soirées comme celle de Goodison.