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Bruno Guimarães rejoint Arsenal pour 75 M£

Arsenal n’a pas seulement renforcé son milieu de terrain. Le club champion d’Angleterre vient de lancer un message brutal au reste de la Premier League et de l’Europe : Bruno Guimarães quitte Newcastle pour Londres dans un transfert à 75 M£, avec un contrat de quatre ans assorti d’une option pour une saison supplémentaire.

À 28 ans, le Brésilien arrive au sommet de sa maturité. Il portera le numéro 39 avec les Gunners et ne cache ni son excitation ni son ambition. Il parle de “nouveau défi”, de “guerrier” prêt à tout donner, de “souvenirs” à construire. Le ton est donné : Arsenal n’a pas recruté un simple milieu supplémentaire, mais un leader de vestiaire et de terrain.

Un cœur de jeu démentiel

Andrea Berta, nouveau directeur sportif d’Arsenal, ne s’en cache pas : Bruno Guimarães est au centre du projet. Il insiste sur sa mentalité, sa capacité à guider un groupe, sa polyvalence entre sentinelle et milieu box-to-box, ses buts, ses passes décisives, son volume de jeu. Pour lui, le Brésilien renforce “le cœur de l’équipe” et pousse encore plus haut les standards internes.

Sur le papier, le milieu d’Arsenal devient tout simplement effrayant. Declan Rice, Bruno Guimarães, Martin Ødegaard, Eberechi Eze, Martin Zubimendi, Mikel Merino, sans oublier Myles Lewis-Skelly qui a terminé la saison dernière à un niveau étincelant et a débuté la finale de Ligue des champions. C’est une armada.

Guimarães offre à Mikel Arteta des combinaisons presque infinies. Il peut jouer seul devant la défense, en double pivot avec Rice, ou un cran plus haut pour presser et casser les lignes. Il permet aussi de ménager Rice sur certaines rencontres, luxe que l’entraîneur n’avait quasiment pas la saison passée.

Arsenal ne prépare pas l’avenir lointain. Arsenal veut gagner maintenant. Le recrutement de Viktor Gyökeres l’été dernier allait déjà dans ce sens. Guimarães s’inscrit dans la même logique : un joueur au sommet, immédiatement opérationnel, l’un des milieux les plus constants de Premier League. Le club ne fera sans doute pas une plus-value sur lui. En revanche, il espère un retour en trophées : conserver le titre en Premier League, viser enfin la première Ligue des champions de son histoire.

Il manque encore un ailier gauche de très haut niveau pour compléter le puzzle. Si cette dernière pièce arrive, la concurrence est prévenue.

Newcastle encaisse le choc… et encaisse les millions

À Newcastle, le sentiment est plus contrasté. Sportivement, c’est une perte majeure. Comptablement, c’est un été record. Avec la vente de Bruno Guimarães, le club dépasse les 240 M£ de joueurs cédés sur ce mercato. Anthony Gordon est parti à Barcelone pour 69,3 M£, Sandro Tonali a rejoint Tottenham pour 100 M£, et Eddie Howe a quitté le banc dans un contexte déjà électrique.

Le club du nord-est ne s’en cache pas : le montant obtenu pour Guimarães figure parmi les dix plus grosses ventes de l’histoire pour un joueur de 28 ans ou plus, et constitue un record pour son âge et son poste combinés. Une ligne prestigieuse sur un bilan financier, mais un vide immense dans l’entrejeu.

Newcastle voulait le garder. Sans ambiguïté. S’il avait dit qu’il souhaitait rester, aucun montant, venu d’Arsenal ou d’ailleurs, n’aurait été accepté. Les dirigeants ont tout tenté, ont multiplié les discussions, mais le Brésilien a été clair : c’était le moment, peut-être le dernier, de rejoindre une équipe capable de lutter pour les plus grands titres.

Le transfert ne pouvait se faire que sous deux conditions : que Guimarães exprime son désir de partir, et que Newcastle vende à ses conditions. Comme pour Tonali et Gordon, le club a tenu sa ligne : son prix ou rien. Les premières approches, autour de 40-45 M£ en juin, ont été balayées. Arsenal a longtemps tardé à revenir à la table, ce qui a agacé en interne, mais n’a pas fait dévier Newcastle de sa position.

Le club souligne aussi la manière. Guimarães a respecté chaque étape : présence au camp d’entraînement en Espagne, aucun bras de fer, aucun refus de s’entraîner, contrairement au feuilleton Alexander Isak avant son départ à Liverpool l’été dernier. Les relations restent bonnes, affirment les Magpies.

Un adieu chargé d’émotion

Pour Bruno Guimarães, ce départ n’a rien d’anodin. Il parle de “l’une des décisions les plus difficiles” de sa vie. Quand il arrive en 2022 en provenance de Lyon pour 40 M£, Newcastle lutte en bas de tableau. Deux ans plus tard, il laisse derrière lui 195 matches, 31 buts, un trophée – la Carabao Cup – et un club transformé.

Son message aux supporters est long, appuyé, presque intime. Il dit être tombé amoureux de la ville et du club, remercie les fans, ses coéquipiers, Eddie Howe, le staff, les dirigeants, PIF, Yasir Al-Rumayyan, Jamie Reuben, David Hopkinson, Ross Wilson. Il insiste sur le respect mutuel durant tout le processus, sur le fait que Newcastle a tout tenté pour le retenir.

Il explique aussi son choix : l’envie de vivre quelque chose de nouveau avec sa famille, la conviction d’être prêt pour ce défi, et la certitude de laisser le club “entre de bonnes mains” après un échange positif avec Matthias Jaissle, le nouvel entraîneur. Il conclut en rappelant à quel point il restera fier d’avoir pris part au voyage de Newcastle vers les sommets.

Un prix élevé, mais une affaire stratégique

La question du montant a longtemps animé le mercato. Newcastle visait les 100 M£. Arsenal ne voulait pas monter si haut. Le deal se boucle finalement à 75 M£, bien en deçà des chiffres les plus extrêmes évoqués, dans une fenêtre où les milieux de terrain se négocient à prix d’or.

Au début de l’été, ce tarif aurait semblé standard. Avec les sommes engagées sur d’autres milieux comme Elliot Anderson ou Morgan Rogers, tout ce qui passe sous la barre des 100 M£ ressemble presque à une bonne affaire pour un joueur de ce calibre.

Guimarães aura 29 ans en novembre. Il n’est pas un pari, mais une certitude. Une pièce maîtresse pour un Arsenal qui veut régner tout de suite. Un joueur qui n’a pas besoin de période d’adaptation, qui connaît la ligue, les exigences, le rythme.

La question est désormais simple : avec Bruno Guimarães au cœur du jeu, un effectif renforcé et un projet qui s’assume, qui va empêcher Arsenal de s’installer durablement tout en haut ?