Chelsea face à un nouvel examen italien à Jakarta
Chelsea enchaîne les escales asiatiques, mais les certitudes, elles, tardent à monter à bord. Après une défaite 1-0 contre Juventus mercredi à Hong Kong, dans le sillage d’un revers face à Tottenham le week-end dernier, le groupe de Xabi Alonso aborde un nouvel examen italien en Indonésie, à Jakarta, avec plus de questions que de réponses.
Le décor est clair : la tournée devait lancer une dynamique, elle met pour l’instant en lumière les chantiers. Alonso n’en est qu’aux premiers coups de crayon de son projet, mais le temps file déjà vers le début de la Premier League. Chaque match amical devient un laboratoire à ciel ouvert, chaque composition une déclaration d’intention.
Alonso cherche des repères, pas des excuses
Deux défaites de rang ne font pas une crise en juillet, mais elles installent un climat. Le pressing n’est pas encore synchronisé, les automatismes offensifs restent timides, et Chelsea peine à transformer la possession en occasions franches. Alonso, lui, persiste : il ajuste, déplace, réorganise. L’équipe change de visage d’un match à l’autre, parfois d’une mi-temps à l’autre.
La gestion du groupe complique encore l’équation. Cole Palmer et Levi Colwill sont incertains, toujours gênés par de légers pépins physiques qui les ont tenus à l’écart contre Juventus. Rien d’alarmant sur le long terme, mais assez pour perturber la montée en régime d’un collectif qui a besoin de stabilité pour assimiler de nouveaux principes.
Le retour longuement attendu de Mudryk
Dans ce tableau encore brouillon, un rayon de lumière : Mykhailo Mudryk. L’ailier ukrainien a enfin retrouvé les terrains avec Chelsea, près de 20 mois après sa dernière apparition, une absence prolongée par une suspension pour dopage récemment levée. Son retour change le ton autour de l’équipe.
À Hong Kong, il a repris le rythme, sans éclat mais avec l’énergie d’un joueur qui sait qu’une nouvelle fenêtre s’ouvre. À Jakarta, il pourrait connaître sa première titularisation avec Chelsea depuis novembre 2024. Un gouffre temporel à l’échelle d’une carrière. Sa vitesse, sa capacité à casser les lignes, son envie de prouver qu’il a encore un rôle majeur à jouer : autant d’armes dont Alonso a cruellement besoin dans une attaque encore trop prévisible.
Si Palmer reste sur la touche, la tentation sera forte de confier les clés d’un couloir à Mudryk, ne serait-ce que pour voir comment il s’imbrique dans les circuits offensifs actuels. Ce match ne lui offrira pas le pardon, mais il peut lui offrir un point de départ.
Une double confrontation en 48 heures, un effectif à gérer
Le rendez-vous de Jakarta n’est que la première moitié d’un week-end chargé. Dimanche, Chelsea affrontera Johor Darul Ta'zim, formation malaisienne, pour conclure ce mini-marathon asiatique. Deux matches en deux jours : parfait pour distribuer les minutes, moins idéal pour installer une ossature.
Alonso devra trancher. Qui joue aujourd’hui, qui attend demain ? Qui a besoin de rythme, qui doit être protégé ? Les cadres en manque de repères pourraient être alignés dès ce nouveau test italien, tandis que d’autres seront « mis au frais » pour Johor Darul Ta'zim. Les jeunes espèrent grappiller du temps de jeu, certains remplaçants veulent rappeler qu’ils existent encore dans la hiérarchie.
Dans ces conditions, la feuille de match de Jakarta en dira long sur les priorités du staff. Préparer l’équipe type pour la Premier League ou continuer à auditionner tout le monde ? Affiner une structure ou multiplier les essais ?
La tournée d’Asie ne livrera pas de trophée, mais elle peut déjà orienter une saison. Chelsea cherche encore sa voix. À Jakarta, face à un nouvel adversaire italien, on verra si le discours d’Alonso commence enfin à porter sur le terrain.




