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Banyana Banyana arrachent un nul vital contre la Côte d'Ivoire

Banyana Banyana arrachent un nul vital et s’offrent un dernier espoir

À Casablanca, l’Afrique du Sud a frôlé le naufrage avant de se cramponner à la vie. Menées 2-0 par la Côte d’Ivoire, bousculées, sans idées pendant une heure, les Banyana Banyana ont fini par arracher un nul 2-2 qui maintient, au moins mathématiquement, leurs ambitions de quart de finale à la WAFCON.

Ce n’est pas un match qui rassure. Mais c’est un point qui compte.

Une première période à oublier

La Côte d’Ivoire n’a pas mis longtemps à exposer les failles sud-africaines. Deux contre-attaques, deux estafilades en plein cœur de la défense, et un même nom au tableau d’affichage : Grace Sery.

À la 18e minute d’abord, puis à la 36e, l’attaquante ivoirienne a profité d’une équipe sud-africaine coupée en deux, désorganisée dès qu’elle perdait le ballon. Banyana Banyana se sont fait transpercer, presque sans résistance.

Devant, c’était le désert. Une seule lueur : une inspiration de Linda Motlhalo, qui glisse Thembi Kgatlana dans le dos de la défense. Aramatou Diakité sort, se couche, et étouffe l’occasion. Ensuite, plus rien ou presque. Kgatlana, esseulée, invisible, coupée de tout soutien.

Pour une joueuse dont on se demande ouvertement si ses plus belles heures sous le maillot national ne sont pas derrière elle, l’image est cruelle.

Kgatlana, toujours là quand ça brûle

Le match bascule après la pause. Pas d’un coup, pas dans le beau jeu. Mais dans l’attitude, dans l’intensité, dans les choix de Desiree Ellis.

L’entrée de Ronnel Donnelly change le décor offensif. La buteuse de Mamelodi Sundowns n’est pas Jermaine Seoposenwe, qui savait lier le jeu et ouvrir des brèches avant sa retraite internationale l’an passé. Elle n’a ni le même profil, ni la même mobilité. Elle a autre chose : un sens du duel, une capacité à attirer les défenseures, à gagner des ballons aériens, à fixer.

Critiquée plus durement que beaucoup d’autres depuis des mois, souvent pour un temps de jeu famélique en club, elle a montré pourquoi Ellis continue de lui faire confiance.

Peu après son entrée, Donnelly se crée de l’espace dans la surface. Elle ne parvient pas à frapper, mais refuse de perdre le ballon. L’action est recyclée, revient sur Kgatlana. Un crochet, une frappe, et l’Afrique du Sud se relance. Un peu moins de 20 minutes plus le temps additionnel à jouer, et soudain, tout redevient possible.

Kgatlana n’a pas disparu. Il lui fallait simplement quelqu’un pour l’accompagner dans la bataille.

Donnelly récompensée, Magaia délivre

La pression monte, les minutes filent. Banyana Banyana poussent, parfois dans le désordre, mais avec une détermination qui contraste avec la première période. La Côte d’Ivoire recule, défend son avantage, croit tenir une victoire qui la propulserait presque en quarts.

Le temps additionnel arrive. Et le travail de l’ombre de Donnelly finit par payer.

Sur un ballon aérien, la jeune attaquante de 22 ans gagne encore son duel. Une simple déviation de la tête, mais parfaitement dosée. Hildah Magaia surgit, ne se pose pas de questions et fracasse le ballon au fond des filets. Égalisation. 2-2. Le banc sud-africain explose.

Pour Donnelly, c’est la récompense d’un rôle ingrat, celui qui ne se mesure pas toujours en buts mais en espaces créés, en défenseures aspirées, en ballons grattés. Pour Magaia, c’est un but qui garde l’Afrique du Sud en vie dans ce tournoi.

Un groupe encore ouvert, mais un calcul simple

Au classement, la Côte d’Ivoire compte désormais quatre points en deux matches, avec une différence de buts de +3 après son large succès 4-1 contre le Burkina Faso lors de son entrée en lice. La Tanzanie, qui a battu l’Afrique du Sud 2-1 lors de son premier match, aborde sa rencontre face au Burkina Faso avec trois points et une différence de buts de +1.

Banyana Banyana, elles, n’ont qu’un point et une différence de buts de -1. Le Burkina Faso, battu deux fois, n’a toujours pas ouvert son compteur.

Le tableau est clair : l’Afrique du Sud devra battre le Burkina Faso le 4 août pour espérer voir les quarts de finale. Pas de calcul subtil, pas de scénario alambiqué. Une victoire ou la sortie.

Dans ce groupe, le face-à-face servira de premier critère de départage pour les équipes à égalité de points, devant la différence de buts. Chaque duel direct pèse donc encore un peu plus lourd.

En toile de fond, un enjeu colossal : les quatre demi-finalistes décrocheront leur billet pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Les deux meilleurs perdants des quarts auront, eux, une dernière chance via des barrages africains menant au tournoi de barrage intercontinental.

Une dernière bataille à livrer

L’Afrique du Sud n’a plus droit à l’erreur. Dos au mur, mais pas encore au sol.

Si Ellis veut lancer un message fort et chercher non seulement la victoire, mais aussi des buts, une option s’impose presque d’elle-même : aligner d’entrée un quatuor offensif composé de Donnelly, Kgatlana, Lebohang Ramalepe et Magaia. Ce sont elles qui ont fait vaciller une Côte d’Ivoire solide, ce sont elles qui ont redonné un visage combatif à cette équipe.

Les doutes sur le niveau de jeu restent. Les largesses défensives aussi. Mais une chose est sûre : si Banyana Banyana doivent tomber, leurs supporters voudront les voir tomber les crampons en avant, avec la même fierté et la même rage que dans ces dernières minutes à Casablanca.

La question est désormais simple : ce sursaut tardif annonce-t-il un réveil durable, ou n’aura-t-il été qu’un baroud d’honneur avant la sortie ?