Ballon d’Or 2026 : Ferran Torres en tête, Messi et l'absence de Ronaldo
Le but qui a offert la Coupe du monde à l’Espagne en juillet l’a propulsé au premier plan. Ferran Torres mène la liste des 30 nommés pour le Ballon d’Or masculin, dévoilée mardi, et incarne à lui seul le nouveau visage d’une Espagne redevenue dominante.
À 26 ans, l’ailier, désormais joueur du Paris Saint-Germain après son été doré, figure parmi six champions du monde espagnols retenus. On y retrouve aussi Rodri, sacré en 2024, et Lamine Yamal, finaliste l’an dernier et symbole d’une génération qui refuse de ralentir.
Bonmatí absente, Putellas revient sur le devant de la scène
Chez les femmes, un choc : triple lauréate, Aitana Bonmatí ne figure pas dans la sélection. Sa saison brisée en deux par une fracture de la jambe lui coûte sa place dans la course au trophée.
Son ancienne coéquipière du Barça, Alexia Putellas, elle, revient dans la lumière. Double lauréate en 2021 et 2022, désormais sous les couleurs des London City Lionesses, la meneuse espagnole fait partie des favorites naturelles, portée par son pedigree et son influence intacte.
Le FC Barcelona, lui, reste solidement représenté dans la catégorie féminine. Sept joueuses sacrées en Ligue des champions en mai apparaissent sur la liste, dont Ewa Pajor, auteure d’un doublé lors du triomphe 4-0 en finale face à Lyon.
PSG, noyau dur de la planète Ballon d’Or
Le PSG s’invite une nouvelle fois au cœur du dispositif. Ferran Torres, champion du monde et vainqueur de la Liga avec Barcelona en mai avant de rejoindre la capitale française, vient grossir les rangs d’un vestiaire déjà saturé de stars.
Ousmane Dembélé, lauréat du Ballon d’Or l’an passé, fait évidemment partie des nommés. L’international français est l’un des neuf joueurs du club à avoir remporté la Ligue des champions lors des deux dernières saisons. Avec l’arrivée de Torres, ce sont désormais dix joueurs actuellement sous contrat au PSG qui figurent sur la liste des 30.
Parmi eux, Fabian Ruiz occupe une place à part : il est le seul à avoir soulevé à la fois la Ligue des champions et la Coupe du monde en 2026. Une double couronne rarissime qui pèse lourd au moment du vote.
Le couloir gauche parisien a aussi marqué les esprits. Khvicha Kvaratskhelia, l’ailier géorgien qui a dynamité les défenses pendant la défense victorieuse du titre en Ligue des champions, est nommé, tout comme le duo portugais Vitinha – Joao Neves, moteur infatigable du milieu de terrain. Trois pièces maîtresses d’un système qui a tourné à plein régime au printemps.
Messi encore nommé, Ronaldo laissé de côté
L’histoire continue pour Lionel Messi. Huit fois vainqueur du Ballon d’Or, l’Argentin décroche une 17e nomination, un chiffre qui donne le vertige et repousse encore un peu plus les frontières de la longévité au plus haut niveau.
Cette fois, son éternel rival n’est pas là. Cristiano Ronaldo ne figure pas sur la liste. Une absence lourde de symbole, qui marque un tournant dans une rivalité qui a structuré près de deux décennies de débats, de records et de soirées de gala.
Messi a pourtant traversé une Coupe du monde tourmentée avec une Argentine indisciplinée, mais qu’il a tout de même conduite jusqu’en finale. Face à l’Espagne, son équipe a mis près de 120 minutes pour cadrer sa première frappe, dans une finale à sens unique dominée par la Roja.
Mbappé, Bellingham, Kane : les autres poids lourds
Les grandes affiches ne manquent pas. Harry Kane, capitaine de l’Angleterre et champion d’Allemagne avec le Bayern Munich, figure logiquement parmi les nommés, tout comme son coéquipier français Michael Olise, ailier spectaculaire et décisif.
Jude Bellingham, étincelant avec le Real Madrid et brillant en Coupe du monde avec l’Angleterre, a validé sa place par des chiffres impressionnants : sept buts, soit autant qu’Erling Haaland, et seulement devancé par Messi (huit) et Kylian Mbappé, auteur de dix réalisations.
Mbappé, justement, poursuit sa réécriture des livres de records. Il devient le premier joueur à remporter deux fois le Soulier d’or de la Coupe du monde et s’installe au sommet du classement des meilleurs buteurs de l’histoire du tournoi. Sa nomination ne relève plus de la surprise, mais de l’évidence.
Lamine Yamal, lui, ne se contente pas de la liste principale. Le prodige espagnol est également nommé pour le trophée de Jeune Talent, qu’il a déjà remporté deux années de suite. Une trajectoire fulgurante qui ressemble de plus en plus à une installation durable au très haut niveau.
De Vozinha aux horizons lointains : un Ballon d’Or global
Dans les buts, un nom raconte à lui seul un conte de fées : Vozinha. À 40 ans, le gardien capverdien, héros de l’épopée de son pays lors de la Coupe du monde, figure sur la liste des portiers en lice pour le trophée spécifique. Une reconnaissance tardive, mais éclatante.
Le Ballon d’Or masculin ne se limite plus au Vieux Continent. Trois nommés évoluent hors d’Europe : Lionel Messi à l’Inter Miami en MLS, Sadio Mané et Julian Quinones en Arabie saoudite. Le centre de gravité du football se déplace, et le jury suit ce mouvement.
La catégorie féminine ouvre encore davantage le champ. La Zambienne Barbra Banda, qui brille avec Orlando Pride en Afrique du Sud, la Mexicaine Scarlett Camberos, restée au pays, ainsi que Temwa Chawinga (Malawi) et Rose Lavelle (États-Unis), toutes deux en NWSL, témoignent d’un paysage de plus en plus éclaté, où les frontières géographiques ne freinent plus la reconnaissance individuelle.
Rendez-vous à Londres
Le verdict tombera au London Palladium Theatre, le 26 octobre. Une scène prestigieuse pour un casting XXL, où se croiseront champions du monde, artisans de contes de fées et légendes en quête d’un dernier chapitre.
Entre la nouvelle vague espagnole, la galaxie PSG, l’ombre immense de Messi et l’absence de Ronaldo, le Ballon d’Or 2026 ne se contentera pas de désigner un lauréat. Il dira aussi dans quel sens penche désormais l’ère du football moderne.



