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Aston Villa renforce son équipe avec Suzuki et Ruggeri

Aston Villa frappe fort sur le marché : deux recrues, deux messages très clairs. Le club de Birmingham a officialisé l’arrivée du gardien japonais Zion Suzuki et du latéral gauche italien Matteo Ruggeri. Deux signatures lourdes de sens, dans un été déjà secoué par le feuilleton Emi Martinez.

Suzuki, 30 M£ pour un futur numéro un

Zion Suzuki débarque à Villa Park en provenance de Parma, contre un montant avoisinant les 30 millions de livres. À 23 ans, l’international japonais n’est pas annoncé comme une doublure de luxe. Il est vu comme le gardien de la décennie à venir.

Le timing est saisissant. Le transfert d’Emi Martinez à la Juventus a capoté ce week-end, les deux clubs n’ayant pas trouvé d’accord financier. Le héros de la Coupe du monde 2022 avec l’Argentine, pilier de la conquête de la Ligue Europa en mai, se retrouve désormais dans un flou total. Son avenir à Villa reste ouvert, mais la direction a déjà préparé la suite.

Suzuki sort de deux saisons pleines à Parma, où il a disputé 59 rencontres et contribué au maintien du club, 13e de Serie A la saison passée. Un gardien athlétique, spectaculaire, mais surtout décrit comme une force de la nature.

Son ancien entraîneur à Sint-Truiden, Dennis Rudel, dresse un portrait presque romanesque du nouveau portier de Villa. Il raconte une scène en déplacement à Anderlecht, une bagarre de hooligans près du bus, et cette boutade lancée par le coach : « Zion, descends du bus et règle le problème ». L’image évoquée par Rudel est parlante : un mélange d’Astérix et Obélix qui fait tout voler autour de lui. Une caricature, certes, mais révélatrice de la puissance du joueur.

Rudel insiste sur cette dimension physique hors norme : « J’ai vu sa puissance immédiatement. Pour montrer ta force en match, tu dois laisser sortir le tigre sur le terrain, laisser sortir la bête. Il est tellement puissant, je n’ai jamais vu un gardien comme ça. » Selon lui, quand Suzuki peut atteindre le ballon, « c’est un arrêt dans 90 à 95 % des cas ». Là où d’autres gardiens ne font que dévier sans succès, lui verrouille.

Le technicien allemand se souvient même lui avoir lancé, après deux semaines de travail : « Tu n’as pas besoin d’appartement, tu vis à la salle de musculation ». Une façon de dire que le Japonais vit pour son corps et pour son métier.

Un profil total : puissance, jeu au pied et mental

Au-delà de la force brute, Rudel souligne aussi la qualité de sa distribution, aussi bien au pied qu’à la main. Pour lui, si Suzuki reste épargné par les blessures, il peut prétendre au très haut niveau mondial : explosivité, détente, puissance de frappe, longueur de dégagement… le package complet.

Son mental impressionne tout autant. Rudel, qui l’a suivi jusqu’à la Coupe du monde, insiste sur sa clarté d’esprit : concentration maximale à l’entraînement comme en match, discipline, capacité à s’adapter très vite. Sur les quatre dernières années, le gardien a franchi les paliers les uns après les autres, sans trembler.

La marche Premier League sera haute, mais son ancien coach n’a aucun doute sur sa capacité à la gravir. La comparaison qui l’attend est évidente : il sera jugé à l’aune de Martinez. Comme le jeune Jonas Urbig au Bayern Munich face à l’ombre de Manuel Neuer, Suzuki devra vivre avec le spectre du champion du monde argentin.

Rudel n’hésite pas : Suzuki faisait déjà partie, selon lui, du top 4 ou 5 des gardiens de Serie A. Et au-delà du joueur, il décrit un homme exemplaire, un modèle de comportement. « Je ne vois aucune faiblesse chez lui », lâche-t-il, sûr de son fait.

Le parcours qui l’a mené en Europe raconte aussi sa détermination. Rudel le repère au Japon en 2020, lors de stages avec Urawa Red Diamonds. Sint-Truiden, propriété de la société japonaise DMM.com et déjà habitué aux talents nippons (Wataru Endo, Takehiro Tomiyasu, Daichi Kamada), sert de tremplin. De Belgique, Suzuki rejoint Parma un an plus tard pour 8 millions de livres. Rudel se souvient : le club cherchait un gardien, plusieurs noms sur la liste, puis l’option Suzuki apparaît. Sa réaction est immédiate : « Oubliez la liste, si on peut avoir Zion, on le prend ». Une saison plus tard, le voilà en Premier League.

Ruggeri pour tourner la page Digne

Sur l’autre flanc de ce mercato, Aston Villa a aussi verrouillé le poste de latéral gauche. Matteo Ruggeri rejoint le club pour 17 millions de livres, en provenance d’Atletico Madrid, où il n’aura passé qu’un an après son transfert depuis Atalanta.

À 24 ans, il n’a pas encore connu la sélection A avec l’Italie, mais son CV commence à peser. Vainqueur de la Ligue Europa avec Atalanta en 2024, il a dépassé la barre des 100 apparitions avec le club de Bergame avant de filer en Liga. Villa l’installe pour remplacer Lucas Digne, parti le 9 août rejoindre le champion d’Europe en titre, Paris Saint-Germain.

Ruggeri n’arrive pas en star, mais en solution immédiate. Un latéral formé à la dure en Serie A, rompu aux joutes européennes, capable de couvrir tout son couloir. Dans le système intense d’Aston Villa, ce profil compte.

Dimanche, premiers frissons à Brighton ?

Les deux recrues pourraient être lancées dès dimanche, pour l’ouverture de la Premier League sur la pelouse de Brighton. Un baptême de feu pour Suzuki, sous l’œil attentif des supporters qui vivent encore dans le sillage des exploits de Martinez, et un premier test grandeur nature pour Ruggeri dans le rythme anglais.

Aston Villa a déjà gagné l’Europe au printemps. Le club vient d’investir sur un gardien annoncé comme un phénomène et sur un latéral habitué aux soirées continentales. Reste une question brûlante : ces paris ambitieux feront-ils de Villa un simple beau projet… ou un véritable candidat installé dans le haut du tableau anglais pour les années à venir ?