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Ashley Cole quitte Cesena : une expérience écourtée

Ashley Cole n’aura eu que le temps d’ouvrir la page. Huit matches, un printemps, quelques promesses… puis la fin. L’ancien latéral d’Arsenal et de Chelsea a officiellement quitté son poste d’entraîneur principal de Cesena, pensionnaire de Serie B, à peine entré dans sa première vraie expérience sur un banc professionnel.

Un premier poste de numéro un vite refermé

Arrivé en mars, à 45 ans, Cole sortait de plusieurs années d’apprentissage dans l’ombre : Derby County, Everton, Birmingham, puis le staff de l’équipe d’Angleterre U21. Une montée en puissance patiente, méthodique, avant de se jeter dans le grand bain italien.

À Cesena, il avait l’occasion rêvée : un club ambitieux, un public ardent, un projet à façonner. Il s’est empressé de remercier tout le monde au moment de tourner la page, via un message sur Instagram, soulignant le travail du groupe, l’engagement du staff et sa fierté d’avoir tenté d’installer « une nouvelle identité » en vue de la saison à venir. On sentait un attachement sincère, malgré la brièveté de l’aventure.

Un divorce stratégique, assumé par Cole

La rupture ne vient pas d’un licenciement brutal. Cole insiste : la décision de partir est la sienne. Des réunions au sommet avec la direction sportive ont acté un changement de philosophie du club. À partir de là, la ligne s’est brisée.

Dans ses explications, il évoque « une modification de la stratégie du club » discutée avec le directeur sportif, au terme de laquelle il a jugé « préférable de passer à autre chose ». Il part en soulignant le respect qu’il conserve pour les dirigeants, les joueurs et les supporters, et en se projetant déjà vers son « prochain défi ».

Son contrat, à la base, n’était qu’un engagement de courte durée, assorti de clauses liées aux résultats pour une éventuelle prolongation. Le virage stratégique a rendu ce scénario caduc.

Des résultats maigres et un scepticisme persistant

Le terrain n’a pas aidé. En huit rencontres sur le banc de Cesena, Cole n’a récolté qu’une victoire, trois matches nuls et quatre défaites. Une série trop pauvre pour apaiser les doutes qui entouraient déjà sa nomination.

Une partie des tifosi n’avait jamais vraiment adhéré à l’idée de confier l’équipe à un novice en tant que numéro un, aussi prestigieux soit son passé de joueur. En coulisses, des rumeurs faisaient état de réticences au sein même du vestiaire, certains cadres supportant mal les nouvelles méthodes et le changement de cadre imposé par l’ancien international anglais.

La mayonnaise n’a jamais vraiment pris. Et quand les résultats ne suivent pas, tout s’accélère.

La barrière de la langue, vieille connaissance devenue obstacle

Cole connaissait l’Italie. Deux saisons à la Roma entre 2014 et 2016, un vestiaire de haut niveau, une immersion dans la Serie A. Mais comprendre un pays en tant que joueur et y imposer ses idées comme entraîneur, ce sont deux mondes différents.

Il l’a reconnu : faire passer ses concepts tactiques à un groupe majoritairement italophone s’est révélé être un défi majeur. La langue a ralenti les échanges, émoussé les messages, compliqué la transmission de son « identité » de jeu. À mesure que le club préparait un virage stratégique, ce handicap linguistique a pesé un peu plus lourd, rendant sa position de plus en plus fragile.

Entre scepticisme externe, réserves internes et communication imparfaite, le projet Cole à Cesena s’est vite retrouvé sur un fil.

Cesena se retourne, Cole se relance

À peine l’annonce officielle tombée, Cesena s’active déjà pour lui trouver un successeur. Les premiers noms circulent : Guido Pagliuca, Emanuele Troise, Stefano Vecchi. Des profils plus familiers du football italien, plus rodés aux exigences immédiates d’un club de Serie B en quête de stabilité et de résultats rapides.

Ashley Cole, lui, redevient un entraîneur libre sur le marché. Un technicien en construction, fort de 107 sélections avec l’Angleterre et de près de 400 matches de Premier League, mais encore en quête de la première aventure aboutie qui fera de lui plus qu’une légende de couloir reconvertie sur un banc.

Il a choisi de partir plutôt que de se renier dans un projet qui changeait de cap. La prochaine question est simple, brutale, et l’accompagnera partout : où, et à quel niveau, pourra-t-il enfin prouver qu’il peut réussir là où tant d’anciens grands joueurs se sont cassé les dents ?