Liverpool signe le jeune défenseur Jeremy Jacquet pour 60 millions
Liverpool frappe un grand coup sur le marché en arrachant à Rennes le jeune défenseur central Jeremy Jacquet pour 60 millions de livres. Vingt ans seulement, aucune sélection A, aucune minute en Ligue des champions ou en Ligue Europa… mais une cote déjà stratosphérique. Les champions anglais assument pleinement le pari.
Le deal est clair : 55 millions de livres garantis, plus 5 millions de bonus liés aux performances. Le contrat, lui, court sur cinq ans, avec une option pour une saison supplémentaire. Chelsea s’était aligné sur la même offre, mais Jacquet a tranché. Direction Anfield.
Un rêve de gamin qui bascule à Anfield
Présenté sur les canaux officiels du club, le défenseur n’a pas cherché à masquer son émotion. Il parle d’un rêve. D’un « grand club ». De l’évidence qu’il ressent en découvrant les installations. On comprend vite que le discours n’est pas de façade : pour un joueur formé en France, rejoindre Liverpool à 20 ans, c’est un changement de dimension brutal.
Jacquet arrive pourtant au terme d’une période délicate. Une blessure à l’épaule avait freiné son élan plus tôt dans l’année. Programme de rééducation bouclé, travail individuel retrouvé, le Français est désormais attendu opérationnel pour le début de la préparation estivale. Liverpool ne le signe pas pour le loft : il intégrera immédiatement le groupe professionnel comme l’un des défenseurs centraux de l’effectif, aux côtés de Virgil van Dijk, Geovanni Leoni et Joe Gomez.
Le pari assumé d’un géant européen
Ce transfert s’inscrit dans une ligne directrice claire. Depuis deux fenêtres, Liverpool rajeunit à marche forcée : l’âge moyen des recrues tourne sous les 22 ans. Jacquet devient un symbole de cette stratégie, celle qui consiste à capter l’« élite émergente » avant que les prix n’explosent encore davantage.
La concurrence était réelle. Plusieurs clubs européens suivaient de près le Rennais, rappelé l’an passé de son prêt en deuxième division puis installé au cœur du projet breton. Rennes ne voulait pas le laisser filer cet hiver. Le montant du chèque et la volonté du joueur ont fini par faire céder les dirigeants.
« The real deal » venu de Rennes
En France, ceux qui le suivent depuis longtemps ne se montrent pas surpris. Le consultant Julien Laurens ne tourne pas autour du pot : pour lui, Jacquet, « c’est du sérieux ». Il rappelle le contexte : un joueur de 20 ans, encore vierge de sélection A, sans expérience européenne, mais déjà dominant sur ses dernières saisons, d’abord après son retour de prêt en Ligue 2, puis cette année sous les ordres d’Habib Beye.
La comparaison tombe d’elle-même : William Saliba à ses débuts à Saint-Étienne, Wesley Fofana dans la foulée. Des profils bruts, encore peu exposés au très haut niveau, mais dont le potentiel saute aux yeux. Le prix, forcément, suit cette logique : payer très cher pour un joueur qui n’a « encore rien prouvé » au sommet, mais dont on estime que le plafond vaut l’investissement.
Un profil de défenseur moderne
Sur le continent, Kevin Hatchard, spécialiste du football européen, dresse le même portrait de fond : un « rising star » depuis des années, capitaine chez les jeunes en équipe de France, et déjà identifié comme prototype du défenseur central moderne.
Jacquet coche les cases : à l’aise balle au pied, large palette de passes, athlétique, dominant dans les airs. Ce qui lui manque ? Le volume de matchs au plus haut niveau. Son prêt réussi à Clermont, puis son installation à Rennes, ont servi de tremplin, pas encore de validation définitive. Justement ce qui intrigue et excite les recruteurs des grands clubs.
Habib Beye, son entraîneur en Bretagne, avait d’ailleurs résumé l’enjeu d’un départ éventuel : s’il quittait Rennes cet hiver, il faudrait revoir les ambitions du club à la baisse. Une phrase lourde de sens, qui dit le poids déjà pris par le joueur dans un vestiaire de Ligue 1.
Un vestiaire à conquérir, une hiérarchie à bousculer
À Liverpool, le décor change brutalement. Jacquet débarque dans un secteur où trône encore Virgil van Dijk, référence mondiale du poste, où Joe Gomez reste un concurrent aguerri et où Geovanni Leoni incarne déjà une forme de relève. Il ne sera plus le jeune patron d’une défense en construction, mais l’aspirant qui doit gagner sa place jour après jour.
Le défi est immense. La Premier League ne pardonne rien, surtout à un défenseur central en apprentissage. Mais c’est précisément ce type de pari que Liverpool a décidé de multiplier : miser sur le talent avant l’expérience, sur la marge de progression plutôt que sur le CV.
Jacquet arrive avec un rêve en tête et une étiquette lourde sur les épaules. À lui, désormais, de transformer ce pari chiffré en évidence sportive. Anfield, lui, n’attendra pas longtemps pour juger.




