Arsenal vise à mettre fin à 31 ans de frustration en League Cup
Arsenal relance sa quête maudite de League Cup sur la pelouse d’Ipswich Town, mardi soir, avec un paradoxe tenace : champion d’Angleterre en titre, machine à gagner en championnat, mais orphelin de ce trophée depuis… 1993.
Portman Road, stade bouillant, affiche complet. En face, un promu qui n’a peur de rien et qui arrive lancé. Le décor est planté.
Arsenal, 31 ans de frustration à effacer
La dernière fois qu’Arsenal a soulevé ce trophée, Paul Merson et Steve Morrow faisaient basculer une finale contre Sheffield Wednesday. Depuis, quatre finales perdues, la dernière face à Manchester City la saison passée. Une cicatrice récente, encore vive.
Mikel Arteta débarque dans le Suffolk avec une équipe en pleine confiance : six victoires en six matches toutes compétitions confondues, Community Shield inclus, cinq clean sheets en six rencontres et un sentiment d’autorité qui rappelle les grandes années. Un succès mardi porterait la série à sept, une première depuis la saison 2004-2005.
Mais la League Cup reste un angle mort de l’ère moderne des Gunners. C’est précisément ce qui donne à ce déplacement un parfum particulier.
Ipswich, promu sans complexe
Ipswich Town ne se contente pas de savourer son retour parmi l’élite. L’équipe de Gary O’Neil attaque chaque match en face, sans calcul. Après une victoire inaugurale contre Sunderland en championnat, les Tractor Boys ont enchaîné un succès en coupe contre Leicester puis un retournement de situation spectaculaire face à Crystal Palace, conclu par un but de Zian Flemming à la 90e minute, après l’exclusion d’Axel Disasi en première période.
L’élan est là. La confiance aussi. Le problème, c’est l’arrière-garde : aucun clean sheet, neuf buts encaissés sur les trois dernières rencontres. Face à une attaque d’Arsenal qui punit la moindre erreur, la facture peut vite grimper.
Il y a aussi une histoire dans l’histoire : Chuba Akpom, formé à Arsenal, pourrait croiser pour la première fois le club où il a grandi. Une motivation supplémentaire, presque intime.
Un précédent qui résonne encore
Les deux clubs ne se croisent presque jamais dans cette compétition. Leur seul affrontement en League Cup remonte aux demi-finales 2010-2011. Ipswich avait frappé fort à l’aller, victoire 1-0 à Portman Road, avant de céder 3-0 au retour à l’Emirates.
Le dernier duel, toutes compétitions confondues, s’est soldé par un carton : Arsenal 4-0 Ipswich en Premier League, en avril 2025. Le souvenir est encore frais. Portman Road attend une réponse.
Les compos probables et les absents
Ipswich Town
Gary O’Neil doit faire sans Jack Taylor (genou) et Azor Matusiwa (cuisse), qui n’ont pas encore joué cette saison. Emersonn est sorti contre Crystal Palace en raison d’une gêne au quadriceps, mais son entraîneur a expliqué qu’il aurait de toute façon été ménagé. Zian Flemming, autorisé à jouer pour Ipswich malgré sa participation à la compétition avec Burnley plus tôt dans la saison, est pressenti pour démarrer en pointe.
Composition probable (4-2-3-1) :
- Walton ; O’Shea, Diop, Greaves, Davis ; Palacios, Nunez ; Philogene, Enciso, Maeda ; Flemming.
Arsenal
Arteta devra de nouveau se passer de William Saliba, touché au dos et absent pour encore plusieurs semaines. Ben White s’ajoute à la liste des soucis, sorti en boitant à cause d’un problème à l’aine contre Sunderland. Cristhian Mosquera reste incertain.
L’entraîneur des Gunners devrait largement faire tourner, avec près de neuf changements annoncés. Kepa Arrizabalaga doit conserver sa place de gardien de coupe, tandis que Viktor Gyokeres est attendu en pointe.
Composition probable (4-2-3-1) :
- Kepa ; Timber, Konsa, Gabriel, Hincapie ; Zubimendi, Guimaraes ; Madueke, Merino, Eze ; Gyokeres.
Dynamique opposée, même ambition
Les chiffres racontent deux histoires très différentes.
Ipswich marque, se crée des occasions, renverse des matches, mais encaisse trop. Neuf buts pris en trois rencontres, aucune rencontre bouclée sans encaisser. Face à une équipe comme Arsenal, qui sait verrouiller un score et frapper au bon moment, la moindre approximation peut être fatale.
Arsenal, de son côté, vient de s’imposer 2-0 à Sunderland grâce à Bruno Guimaraes et Bukayo Saka, malgré un penalty contesté arrêté par David Raya. Une victoire typique de ce début de saison : solide, contrôlée, sans panique.
Mardi, l’arbitre Peter Bankes dirigera la rencontre, sans VAR. Un détail qui peut compter dans un match de coupe, où un tacle mal jugé ou un hors-jeu limite peuvent tout faire basculer.
Portman Road, test de caractère
Coup d’envoi à 20h00, heure locale. Ambiance garantie. Le match sera diffusé au Royaume-Uni sur Sky Sports+.
Pour Ipswich, c’est l’occasion de mesurer son retour parmi les grands et de faire tomber un champion en titre dans une compétition où tout semble possible. Pour Arsenal, c’est autre chose : une campagne de League Cup qui ressemble de plus en plus à une mission. Trente et un ans sans ce trophée, pour un club de ce standing, combien de temps encore cela peut-il durer ?




