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Arsenal et Julian Alvarez : la clé pour conquérir l'Europe ?

Arsenal a repris la saison comme il avait terminé la précédente : en patron. Community Shield remporté face à Manchester City, puis 3-0 infligé à Coventry pour lancer la défense de son titre en Premier League. Le Emirates respire la confiance. Mais pour Gary Neville, ce n’est pas suffisant.

Pour l’ancien défenseur de Manchester United, il manque encore une étincelle. Un nom, surtout : Julian Alvarez.

« Avec Alvarez, Arsenal gagne la Ligue des champions »

Sur Sky Sports, Neville n’a pas tourné autour du pot. Pour lui, l’attaquant de l’Atlético de Madrid est la pièce qui transformerait un champion d’Angleterre en champion d’Europe.

« Quel effectif Mikel Arteta a construit, a-t-il lancé. S’il ajoute un autre avant-centre à ça, si Arsenal parvient d’une manière ou d’une autre à faire venir Julian Alvarez, le stade s’enflamme : tu aurais un attaquant de classe mondiale pour aller avec tous ces défenseurs et milieux de classe mondiale. »

Neville va plus loin, bien plus loin : « Ils ne deviendraient pas seulement des vainqueurs de Premier League, ils franchiraient l’étape suivante et gagneraient une Ligue des champions. C’est une période énorme, ces dix derniers jours de mercato. Il lui faut un peu de magie devant – quelqu’un qui peut te gagner un match quand tu ne joues pas bien. »

Le problème ? À Madrid, on ferme la porte à double tour. Le directeur général de l’Atlético, Miguel Angel Gil, a déjà prévenu cet été : le club ne veut pas vendre Alvarez, et ne l’aurait pas lâché même pour 170 millions de livres. Malgré ça, Arsenal, Barcelone et le Paris Saint-Germain restent à l’affût.

Neville, lui, pousse les Gunners à tenter le coup, quitte à ébranler la détermination des Colchoneros.

Arteta temporise, Neville insiste

En conférence de presse après le 3-0 contre Coventry, Mikel Arteta a tenu un discours plus mesuré. Pour lui, la priorité reste interne : « Le principal, c’est d’améliorer nos joueurs et la connexion entre eux », a-t-il souligné, rappelant que Bukayo Saka, Martin Odegaard et Ben White avaient très peu joué ensemble à droite la saison passée à cause des blessures.

Mais Neville, lui, voit surtout ce que deviendrait Odegaard avec un renard de surface du profil d’Alvarez.

« Il est exceptionnel, a-t-il expliqué à propos du Norvégien. S’il y avait un joueur à la Ian Wright devant pour Arsenal, quelqu’un qui multiplie les petits appels, il serait encore meilleur. »

Aujourd’hui, avec Kai Havertz et Viktor Gyökeres qui décrochent beaucoup, Odegaard se retrouve souvent à sécuriser la possession plutôt qu’à glisser des passes dans le dos de la défense. Pour Neville, l’équation est simple : « Si Arsenal signait Julian Alvarez, Odegaard passerait un cap. Ce serait parfait pour leur style de jeu. »

Carragher : un manque de génie dans le quatuor offensif

Sur le plateau, Jamie Carragher ne dit pas autre chose sur le diagnostic, même s’il nuance la solution. L’ancien défenseur de Liverpool estime que l’attaque d’Arsenal reste un cran en dessous du très, très haut niveau.

« Je pense toujours qu’il manque à Arsenal un joueur de classe mondiale dans les quatre de devant, a-t-il déclaré. Il y a deux ans, je pensais que Saka et Odegaard allaient franchir ce palier. Pour différentes raisons, ça ne s’est pas produit : les blessures, Arsenal pas toujours à son meilleur niveau… »

Carragher les compare aux références absolues de ces dernières années : « Ces deux-là étaient proches d’atteindre les niveaux des joueurs de Manchester City et Liverpool, comme Kevin De Bruyne et Erling Haaland, ou Mohamed Salah et Sadio Mané. Ces joueurs-là ont porté leurs équipes jusqu’au titre. »

Paradoxalement, Arsenal a été champion sans que Saka et Odegaard ne tutoient ces sommets. « Ils ont gagné le championnat grâce à une grande défense et un grand gardien, insiste Carragher. Mais je pense encore que Saka et Odegaard peuvent revenir à leur niveau d’il y a deux ans. »

Pour lui, la bascule pourrait même être mentale plus que liée à un transfert clinquant : « Le facteur psychologique d’être champions maintenant va faire passer cette équipe à un autre niveau, plus que l’arrivée d’un joueur superstar. »

Odegaard et Tzolis, les nouveaux visages d’une attaque relancée

Sur la pelouse, les signaux sont déjà très encourageants. Au Emirates, Sam Blitz, journaliste de Sky Sports, a noté une attaque d’Arsenal rajeunie, réinventée.

Christos Tzolis, arrivé dans un relatif scepticisme, a mis le feu côté gauche. Cinq premières minutes timides, puis tout s’emballe : deux frappes, deux occasions créées en quatre minutes. Un dynamiteur.

La pression a fini par payer. Tzolis se retrouve impliqué sur les deux buts qui plient le match : d’abord en récupérant haut le ballon sur le premier, puis en déposant un centre pour Saka sur le deuxième. Un ailier qui gratte, qui percute, qui pèse.

De l’autre côté, Martin Odegaard poursuit sur sa lancée. Après sa prestation éblouissante lors du Community Shield, le capitaine a ouvert son compteur en championnat face à Coventry. Un but qui lui permet déjà d’égaler son total en Premier League de la saison passée, tronquée par 30 matches manqués toutes compétitions confondues.

Un chiffre résume le sentiment de renouveau : ce n’était que la deuxième fois depuis décembre 2024 que Saka, Odegaard et Havertz débutaient ensemble. Les trois ont marqué.

Dans ces conditions, difficile de ne pas reprendre cette formule : « Odegaard, c’est comme une nouvelle recrue. » Avec trois buts dans le jeu déjà au compteur pour l’équipe, Arsenal donne l’impression d’avoir changé de visage.

Une dernière pièce pour viser le sommet absolu ?

Arsenal a un titre de Premier League en poche, une défense solide, un gardien décisif, un milieu techniquement brillant et une attaque qui commence à retrouver de l’électricité. Le club avance, sûr de sa force.

La question, désormais, est simple : Arteta se contentera-t-il de sublimer ce qu’il a déjà, ou Arsenal tentera-t-il le coup de poker Julian Alvarez dans ces dix jours de mercato qui restent ?

Entre la foi d’Arteta dans son groupe et l’appel de Neville à frapper un grand coup, c’est peut-être là que se joue la frontière entre une équipe championne… et une équipe qui marque une ère en Europe.