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Arsenal prêt à échanger Viktor Gyökeres pour Julián Alvarez

Arsenal ne lâche pas Julián Alvarez. Obsédé par l’attaquant d’Atlético de Madrid, le club londonien serait prêt, selon The Times, à sacrifier Viktor Gyökeres dans un montage joueur + argent pour tenter de faire plier les Colchoneros. Un pari énorme, presque contre-nature pour un champion d’Angleterre qui, cet été, refuse ostensiblement de surpayer ses cibles.

Le problème est simple : Atlético martèle que son avant-centre n’est pas à vendre. Et pour le sortir de Madrid, il faudrait un chèque à neuf chiffres. Arsenal, prudent sur les montants fixes, chercherait donc à réduire la facture en glissant son meilleur buteur de la saison passée dans le deal. Sur le papier, l’idée ressemble à un casse-tête de directeur sportif. Dans la réalité, c’est un puzzle à quatre dimensions.

Un montage presque impossible… mais tentant

Les échanges de joueurs sont déjà rarissimes. Ajouter à un transfert classique un second joueur, son entourage, ses exigences salariales, ses primes, ses commissions, c’est multiplier les points de rupture. Trois parties à satisfaire dans un transfert standard, quatre ici, avec deux clubs qui défendent des actifs majeurs et deux attaquants à replacer au centre de projets ambitieux.

Et pourtant, derrière l’improbable, quelques lignes de force apparaissent. Tout le monde n’y perdrait pas. Pas tout de suite, pas sur tout.

Arsenal, d’abord, verrait dans Alvarez la pièce offensive qui manque à son puzzle. L’Argentin est une nuée à lui seul : il presse, harcèle, attaque les espaces, remonte le bloc à coups de courses à haute intensité. Sur les deux dernières Coupes du monde, aucun joueur n’a déclenché plus de pressings intenses dans le camp adverse. Pour une équipe d’Arteta construite sur une base défensive solide, parfois un peu courte en imagination avec ballon, mais obsédée par la compression des espaces sans ballon, le profil colle presque trop bien.

Et ce n’est pas tout. En récupérant Alvarez, Arsenal se débarrasserait aussi d’un problème encombrant : Viktor Gyökeres.

Gyökeres, le buteur qui ne convainc pas

Les chiffres bruts sont trompeurs. Pour sa première saison, le Suédois a atteint la barre des 20 buts toutes compétitions confondues, une performance qu’aucun débutant n’avait réussie à l’Emirates depuis Alexis Sánchez. Sur la feuille de stats, c’est propre. Sur le terrain, dans les grands rendez-vous, beaucoup moins.

Dès que l’adversaire se rapproche du niveau d’Arsenal, Gyökeres disparaît. Son incapacité à peser face aux grosses défenses a laissé Mikel Arteta coincé, contraint de regretter sans cesse les absences à répétition de Kai Havertz. Théoriquement, le Suédois offre un point d’appui plus massif qu’Alvarez. En pratique, il a rarement tenu le ballon dos au but, exposant cruellement les difficultés d’Arsenal à ressortir proprement sous pression.

Dans le système londonien, cette faiblesse est rédhibitoire. Dans celui d’Atlético, elle le serait beaucoup moins.

Pourquoi Gyökeres ressemble déjà à un joueur d’Atlético

Ce n’est pas un hasard si Gyökeres a immédiatement donné l’impression d’être taillé pour Atlético. L’homme qui a poussé pour sa venue à Londres n’est autre qu’Andrea Berta, aujourd’hui directeur sportif d’Arsenal… et ancien patron du recrutement à Atlético. Il connaît par cœur les codes de Madrid, la manière dont l’équipe aime attaquer, l’importance du duel, de la profondeur, du combat.

En Liga, où les écarts entre les gros et les petits restent marqués, Gyökeres aurait bien plus d’occasions de martyriser des défenses inférieures que dans une Premier League où chaque week-end ou presque propose un adversaire athlétiquement armé. Son jeu de puissance, parfois brouillon en Angleterre, pourrait devenir une arme régulière en Espagne.

Et, paradoxalement, Atlético a besoin de ce type de profil… en championnat.

Alvarez, roi d’Europe, prince contrarié de Liga

Le paradoxe Alvarez est là. En Ligue des champions, il a marché sur la saison : seuls Kylian Mbappé et Harry Kane ont marqué plus que lui dans la compétition. Sur la scène européenne, il a porté l’attaque madrilène, multiplié les buts décisifs, confirmé son statut de référence offensive.

En Liga, le tableau est beaucoup moins flatteur. Huit buts seulement, dont deux sur penalty et deux sur coup franc direct. Sur ses quatre réalisations dans le jeu, trois ont été inscrites lors d’un même match face au Rayo Vallecano. La dernière ? Un but dans le temps additionnel contre un Real Oviedo qui terminera relégué.

Pour un attaquant présenté comme la star offensive d’Atlético, le contraste est saisissant. Madrid a besoin de régularité domestique, d’un joueur capable de marquer semaine après semaine contre les blocs bas de milieu et de bas de tableau. Sur ce terrain-là, Gyökeres offre au moins la promesse d’un volume de buts plus linéaire, surtout dans un championnat moins rugueux que la Premier League.

Arsenal, gagnant… ou futur perdant ?

Sur le court terme, le grand gagnant potentiel de ce deal, c’est Arsenal. Alvarez coche toutes les cases du projet d’Arteta : pressing, mobilité, volume de courses, capacité à faire remonter l’équipe seul. Il donne un supplément d’âme à un collectif déjà huilé, tout en réglant le cas d’un avant-centre qui ne s’est jamais vraiment fondu dans le moule londonien.

Mais le risque est évident. En lâchant un buteur à 20 réalisations pour un joueur dont le rendement en championnat espagnol reste décevant, Arsenal s’expose à un retour de flamme. Si Alvarez ne transpose pas son efficacité européenne en Premier League, le club pourrait vite regretter d’avoir sacrifié Gyökeres dans un échange aussi spectaculaire que dangereux.

Le rêve d’Alvarez, loin de Londres

Un autre obstacle majeur plane sur l’opération : les envies du principal intéressé. Une chose est claire, un départ vers Arsenal n’est pas son scénario idéal. L’attaquant argentin a déjà affirmé son désir de quitter Atlético Madrid. Sans citer de nom pendant le Mondial, son message a été compris : son rêve s’appelle Barcelone.

Le problème, c’est qu’Atlético refuse catégoriquement de renforcer un rival direct. Fermer la porte au Barça, c’est potentiellement pousser Alvarez dans les bras d’un club étranger… et donc, peut-être, vers Arsenal. Un choix par défaut pour le joueur, un compromis pour Madrid, une opportunité pour Londres.

Mais un joueur qui arrive sans avoir coché le club comme priorité absolue peut-il vraiment devenir le visage offensif d’un champion d’Angleterre en quête de domination durable ?

Pour l’instant, ce montage reste au stade de scénario ambitieux, presque théorique. S’il venait à se concrétiser, il dirait beaucoup de choses : de la détermination d’Arsenal à franchir un nouveau cap, de la capacité d’Atlético à se réinventer en Liga, et du prix, sportif et émotionnel, qu’un joueur comme Julián Alvarez est prêt à payer pour enfin approcher son rêve catalan.