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Arsenal : Arteta et Kroenke discutent du titre de Premier League

Dans la salle de réunion du Sobha Realty Training Centre, le décor disait tout. Sur la table, à portée de main, trônait le trophée de la Premier League. Froid, massif, étincelant. Le symbole ultime d’un sommet que beaucoup, à Arsenal, avaient longtemps seulement osé rêver.

Face à lui, trois visages qui ont porté ce rêve jusqu’au bout : Mikel Arteta, Josh Kroenke et Rich Garlick. Autour de la table, Josh James et Nicole Holliday orchestrent une conversation qui ressemble moins à une émission qu’à une mise à nu collective, entre fierté, soulagement et appétit féroce pour la suite.

Arteta, le poids d’un trophée et d’une histoire

Mikel Arteta ne parle pas de ce titre comme d’une ligne de plus sur un palmarès. Il le décrit comme une déflagration émotionnelle. Le moment où ses joueurs ont soulevé la Premier League ensemble, il l’a vécu comme un spectateur privilégié, presque en retrait, à observer les regards, les sourires, les larmes. C’est là, dit-il, que la réalité a dépassé tout ce qu’il avait imaginé.

Il raconte ce mélange de vertige et de clarté quand le titre a été officiellement confirmé. Qui a-t-il appelé en premier ? La réponse, il la garde précise, intime. Ce coup de fil, explique-t-il, a concentré tout ce qui a porté Arsenal jusqu’au sommet : la fierté de ceux qui ont cru, le soulagement de ceux qui ont tenu, la connexion entre le terrain, le club et les familles restées dans l’ombre.

Ce n’était pas seulement un entraîneur qui gagnait. C’était des années de travail, de doutes assumés, de choix impopulaires parfois, qui trouvaient enfin leur justification.

Et puis, il y a le vestiaire. La nuit du titre, les joueurs ont laissé tomber les schémas tactiques et les briefings vidéo pour autre chose : la musique, les cris, les danses. Arteta se prête au jeu et révèle enfin ce que tout le monde voulait savoir : qui a sorti les meilleurs pas de danse lors de la fête. Un détail ? Pas vraiment. Dans ces scènes de joie brute, il voit la preuve d’un groupe soudé, libéré, mais pas rassasié.

Kroenke et Garlick, le club dans toute sa largeur

À côté de lui, Josh Kroenke mesure le chemin parcouru. Pour le co-président, ce titre n’appartient pas qu’aux stars du onze de départ. Il appartient aux familles présentes dans les tribunes, à celles qui ont supporté les absences, les déplacements, la pression permanente. Il appartient aussi aux salariés du club, de Hale End à Highbury House, à tous ceux qui n’apparaissent jamais sur les photos mais qui font tourner la machine au quotidien.

Rich Garlick, lui, insiste sur cette idée de trajectoire. Ce trophée, il le voit comme l’aboutissement d’une vision, mais surtout comme un point de bascule. Le club a voulu que tout le monde puisse toucher ce moment, le vivre de près, des jeunes de l’académie aux supporters disséminés aux quatre coins du monde. C’est le genre de soirée qui donne un sens concret à des années de discours sur la « culture » et « l’identité » du club.

La célébration ne s’est pas limitée à un balcon, à une parade ou à une photo officielle. Elle a circulé dans les couloirs, dans les bureaux, dans les centres de formation. Elle a relié le passé d’Highbury, la modernité de l’Emirates et le futur qui se dessine à Budapest.

Un sommet… et déjà la pente suivante

La tentation serait grande de s’installer confortablement au sommet d’Angleterre. Ce groupe-là refuse. Dans la discussion, la bascule est nette : une fois l’émotion racontée, les regards se tournent vers ce qui arrive.

Le mot qui revient, c’est « mentalité ». Pas celle qu’on affiche sur les réseaux sociaux, mais celle qui s’impose dans les jours qui suivent un triomphe. Comment ne pas se contenter de ce titre historique ? Comment transformer cette victoire en point de départ plutôt qu’en point final ?

Arteta voit dans son vestiaire une faim intacte. Josh Kroenke et Rich Garlick confirment : ce groupe n’a pas été construit pour une seule campagne héroïque, mais pour durer, pour revenir chaque saison avec la même obsession. Le titre de Premier League n’est pas un aboutissement, c’est un standard.

Et déjà, un autre sommet se dresse : la finale de Champions League à Budapest. Même salle, même table, même trophée de Premier League posé là comme un rappel. Mais la conversation, elle, regarde ailleurs. Il est question de momentum, de garder la tension, de ne pas laisser la moindre miette à l’autosatisfaction.

Le club vient de gravir une montagne. Une autre, plus haute encore, se présente déjà. La question n’est plus de savoir si Arsenal peut rêver. Elle est de savoir jusqu’où ce groupe, désormais champion d’Angleterre, est prêt à pousser ses propres limites.