RDC Sport

Armand Traoré critique Viktor Gyökeres : "Je ne serais pas inquiet de le défendre"

Armand Traoré n’a jamais marqué l’histoire d’Arsenal. Mais ses mots, eux, risquent de faire du bruit. L’ancien latéral gauche des Gunners a décoché une flèche très claire en direction de Viktor Gyökeres, qu’il ne considère tout simplement pas comme un attaquant intimidant.

Interrogé par le Sun, le Franco-Sénégalais ne s’est pas caché. Pour lui, l’avant-centre suédois ne dégage ni l’aura ni l’instinct meurtrier des grands numéros 9 qui ont fait la légende du poste.

"Je ne ressens pas ce killer instinct"

Gyökeres sort pourtant d’une saison chiffrée solide : 21 buts toutes compétitions confondues, un titre de Premier League et une finale de Ligue des champions avec Arsenal. Des statistiques lourdes, un palmarès qui commence à se remplir. Mais pas de quoi impressionner Traoré.

« Gyokeres, je ne ressens pas ce killer instinct que certains de ces gars avaient », lâche-t-il.

Le contraste qu’il trace ensuite est brutal. Traoré convoque ses souvenirs de défenseur face aux monstres de l’époque.

« J’ai joué contre Drogba de nombreuses fois. Mon Dieu. Il avait une telle aura. Ça pue le : “Je suis un leader”. Je ne ressens pas ça avec Gyokeres ou Havertz. »

Le message est clair : pour lui, le Suédois et Kai Havertz ne boxent pas dans la même catégorie mentale que les références du passé. Pas la même présence. Pas la même peur inspirée.

"Si je jouais contre lui, je ne serais pas inquiet"

Traoré va plus loin. Il ne se contente pas de parler d’aura, il entre sur le terrain du duel direct, de la confrontation individuelle. Et il se montre sûr de lui.

« Si je devais jouer contre Gyokeres, je ne serais pas inquiet. J’étais un joueur très, très rapide. Il pourrait pousser le ballon, mais il ne passerait jamais. »

L’ancien Gunner insiste sur ce qu’il considère comme un manque de vitesse et de danger permanent chez l’attaquant d’Arsenal. Pour illustrer son propos, il convoque un totem du club : Thierry Henry.

« Pense à Thierry Henry et à Gyokeres, c’est le jour et la nuit. Essaye de jouer contre Thierry, peu importe de quel côté il part, c’est un problème. Ces joueurs sont un problème. La vitesse tue et je ne vois pas Gyokeres comme quelqu’un de très rapide. »

Le parallèle est cruel, presque injuste tant peu de joueurs peuvent soutenir la comparaison avec Henry. Mais il dit quelque chose de la perception actuelle de Gyökeres chez certains anciens du club : respect pour le travail, oui, crainte viscérale, non.

Un buteur qui divise malgré les chiffres

La trajectoire de Gyökeres intrigue. À Sporting Lisbon, il a été un véritable rouleau compresseur offensif, un buteur en série qui a attiré logiquement les regards des grands clubs européens. À Arsenal, le décor change, le niveau grimpe, et le ressenti n’est plus le même.

Malgré ses 21 buts la saison dernière, une partie de l’entourage du club et des observateurs reste mitigée. L’impression visuelle ne suit pas toujours la production statistique. Par moments, la Premier League semble lui demander un registre supérieur : plus de vitesse, plus de tranchant, plus de charisme dans la surface.

Les propos de Traoré s’inscrivent dans cette ligne : un joueur utile, mais pas encore ce point de fixation qui impose le silence dans un stade dès qu’il touche le ballon.

Avenir flou, hiérarchie mouvante

La situation sportive du Suédois ne l’aide pas. Cette saison, il a reculé dans la hiérarchie offensive. Kai Havertz apparaît désormais comme le choix numéro un de Mikel Arteta en pointe. Un glissement qui ouvre forcément la porte aux interrogations.

Des intérêts venus de Serie A et de Saudi Pro League existent pour l’attaquant de 28 ans, qui étudie ses options. Son temps de jeu, son rôle, son statut : tout est sur la table. Il n’est plus intouchable, loin de là.

Pour autant, Arsenal ne déborde pas d’options au poste de numéro 9. La profondeur d’effectif reste limitée dans ce secteur. Gyökeres aura donc, tôt ou tard, d’autres opportunités. Des entrées en jeu, des titularisations, des moments où il devra répondre, sans discussion possible.

Les mots d’Armand Traoré resteront alors dans l’air, comme un défi lancé publiquement. À Gyökeres de décider s’ils resteront une pique gratuite… ou le point de départ de sa véritable réponse sur le terrain.