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Antoine Griezmann et la quête de gloire avec l'Atlético

Au Metropolitano, la clameur disait la fête. Le visage d’Antoine Griezmann, lui, racontait autre chose. L’Atlético venait de perdre 2-1 mais venait surtout de valider sa qualification, et pourtant le Français quittait la pelouse avec le regard de quelqu’un qui rumine plus ses erreurs que la joie du moment.

Il l’a reconnu sans détour au micro de Movistar après ce quart de finale sous haute tension. Deux erreurs, deux coups de couteau dans un match que les Colchoneros pensaient tenir sous contrôle. La seconde, la sienne, a ravivé l’espoir du Barça. Griezmann ne s’est pas caché : il a parlé de mauvaise position, de passe ratée, de ballon offert. À ce niveau, on paie cash.

Le match a basculé là, pendant quelques minutes. Barcelone a repris vie, le Metropolitano a retenu son souffle. Mais la soirée n’avait pas décidé de tourner au cauchemar. Ademola Lookman a fini par frapper, ce but qui a scellé la qualification sur l’ensemble de la confrontation et relancé une équipe qui souffrait avec le ballon.

Griezmann l’a admis : l’Atlético n’a jamais vraiment trouvé son calme dans la relance. Pas la maîtrise habituelle, pas cette sensation de contrôler le tempo. L’équipe a subi, a couru, a défendu, parfois en urgence. Mais elle a tenu. Et elle est en demi-finales.

Adversaire

L’adversaire ? Arsenal ou Sporting CP. Pour le Français, ce n’est qu’un décor. Le vrai sujet, c’est le niveau de son propre camp. Il le martèle : si les Rojiblancos gardent cette intensité défensive et effacent les fautes qui ont rouvert la porte au Barça, ils peuvent regarder n’importe qui dans les yeux. « Il ne importe pas qui nous affrontons tant que nous allons bien jusqu’à la fin », a-t-il insisté, conscient d’avoir traversé une « très belle et difficile » double confrontation face à « une grande équipe qui joue très bien ». L’Atlético a souffert, beaucoup. Mais l’Atlético est passé.

Pendant que Griezmann disséquait son match avec une lucidité presque cruelle, Diego Simeone, lui, refusait de laisser l’autocritique prendre toute la place. L’entraîneur argentin a tranché en une phrase : « C’est un génie. » Il parle d’un joueur qui va rejoindre Orlando City en MLS cet été, mais qui continue de marquer l’histoire du club. Pour Simeone, le temps finira par révéler l’ampleur de ce que Griezmann représente : un footballeur qui fait la différence, armé d’expérience et de personnalité. Le coach n’a qu’un souhait : que « Dieu et le destin » offrent au Français ce qu’il cherche dans les derniers mois de son aventure madrilène.

Pas de répit pourtant. Pas même une nuit complète pour savourer. Samedi arrive déjà, avec une finale de Copa del Rey contre la Real Sociedad. Un rendez-vous particulier pour Griezmann, qui retrouvera son ancien club, et un test physique immense pour un groupe qui vient de laisser beaucoup d’énergie en Ligue des champions. Le Français le sait : les jambes décideront autant que les idées.

« Nous pensons déjà à samedi. Ça va être un match beau mais difficile. Maintenant, il faut se reposer », a-t-il lâché, presque comme un programme plus que comme une phrase de circonstance. Il sait ce qui l’attend. Une fin de saison à haute altitude, un dernier sprint en Espagne avant le grand saut vers l’Amérique du Nord.

Griezmann a déjà son statut de légende à Madrid. Ce qu’il cherche désormais, c’est autre chose : remplir une dernière fois l’armoire à trophées du club avant de fermer le chapitre européen. La Ligue des champions, la Copa del Rey, cette équipe qui vit sur le fil et ce stade qui ne veut pas lui dire adieu trop vite : tout se mélange.

Il ne lui reste plus beaucoup de matchs sous ce maillot. La question est simple : combien de soirs comme celui-là pourra-t-il encore offrir à l’Atlético avant de s’envoler ?