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Angleterre vs Espagne : L'Angleterre prend l'avantage à Wembley

Le décor est planté dès les premières secondes. Plus de 70 000 personnes dans les tribunes, un parfum de revanche d’Euro, un billet direct pour la prochaine Coupe du monde en jeu, et deux sélections qui se connaissent par cœur. L’Angleterre et l’Espagne, numéros 4 et 1 mondiales, se retrouvent à Wembley pour un choc de qualification qui ressemble furieusement à une affiche de phase finale.

Sur la pelouse, Sarina Wiegman a déjà gagné une première bataille avant le coup d’envoi. Keira Walsh reçoit un maillot floqué “100” pour célébrer sa centième sélection, sous une ovation nourrie. Mary Earps est honorée pour sa carrière avec les Lionesses, les drapeaux claquent, le public chante. L’atmosphère est celle des grandes nuits.

Un début de match électrique

Le coup de sifflet retentit à peine que le rythme explose. À la 2e minute, Alessia Russo découpe Guijarro au milieu de terrain. Un tacle qui aurait valu un jaune plus tard dans la rencontre, mais l’arbitre Tess Olofsson laisse filer. Le ton est donné : l’Angleterre ne reculera pas d’un centimètre.

Trois minutes plus tard, Wembley explose. Corner côté gauche, le ballon retombe derrière une défenseuse espagnole, traîne dans la surface et arrive sur Lauren Hemp. À quatre mètres, dos au but, elle se retourne et déclenche une volée sèche. Alexia Putellas repousse sur sa ligne, mais le ballon a déjà franchi la ligne : 1-0. L’Angleterre frappe la première, l’Espagne accuse le coup.

Ce but ne doit rien au hasard. Russo, au sol, parvient à orienter le ballon vers Hemp d’une passe volontaire alors qu’elle est allongée. Un geste d’attaquante qui voit tout, même depuis le gazon.

L’Espagne tente immédiatement de réagir. Corner au second poteau, Irene Paredes s’élève et catapulte une tête qui frôle la barre. Premier avertissement. Le match refuse la prudence que l’on pouvait craindre : les deux équipes jouent vite, jouent juste, et se projettent sans calcul.

L’Angleterre pique, l’Espagne combine

À gauche, Lauren James se retrouve seule, totalement oubliée. Elle entre dans la surface, crochette Batlle et allume à dix mètres. Le ballon s’envole. Occasion nette, gâchée, mais elle confirme la fragilité de la défense espagnole sur les transitions rapides.

L’Espagne, elle, ne panique pas. Le ballon circule au sol, de la défense au milieu, du milieu aux ailes, dans ce style si reconnaissable. Mais la dernière passe manque. Hampton se met en difficulté sur une relance plein axe, offre une situation à Lopez, qui tergiverse et voit sa passe interceptée au lieu de frapper. Les Espagnoles insistent, obtiennent des corners, des demi-occasions, des frappes contrées. Rien ne rentre.

L’Angleterre, bien en place, accepte de défendre bas par séquences. Le bloc coulisse, les lignes restent serrées. Les joueuses de Wiegman concèdent des tirs, mais souvent dans des positions peu favorables. Quand l’Espagne s’approche vraiment, la défense se sacrifie : Greenwood, Morgan, Wubben-Moy et Bronze se jettent sur tout ce qui bouge.

Hemp, poison constant

La vraie menace, c’est Hemp. À la 19e minute, elle part cette fois de la droite, repique dans l’axe, s’appuie sur Bronze, qui lui remet d’une talonnade subtile dans la surface. Hemp se retrouve seule, a le temps d’ouvrir son pied et de choisir le petit filet opposé. Sa frappe vient mourir sur le poteau. Wembley retient son souffle. C’était le 2-0 tout fait.

Cette action résume parfaitement le plan anglais : bloc discipliné, récupération, sortie rapide, et Hemp pour faire exploser les espaces. L’Espagne, malgré sa maîtrise technique, se découvre à chaque perte de balle. Wiegman le sait, ses joueuses aussi.

L’Espagne continue pourtant de menacer. Lopez enroule du gauche depuis l’entrée de la surface, légèrement à côté. Batlle se projette, voit sa première tentative contrée, récupère le ballon, s’avance à douze mètres et envoie finalement sa frappe au-dessus. Les opportunités existent, mais le réalisme manque cruellement aux championnes d’Europe.

Duels, chocs et sang-froid

À mesure que la mi-temps approche, le match devient plus heurté. L’Angleterre tente de lancer Russo par de longs ballons, mais la charnière Paredes–Mapi León veille. Les courses sont bonnes, les passes moins. “Ce n’est pas par là que ça passera”, pourrait-on se dire en regardant ces tentatives avortées.

Dans la surface anglaise, Lucy Bronze s’élève pour un duel aérien, heurte l’épaule de Putellas et s’écroule en se tenant la tête. Quelques secondes plus tard, Alex Greenwood Morgan se cogne à son tour contre Paredes. L’arbitre finit par arrêter le jeu. Le staff médical accourt, Bronze se retrouve avec un tampon dans la narine droite, façon bâton de craie, mais se relève et reprend sa place. Sur la touche, le banc espagnol en profite pour ajuster quelques consignes tactiques.

L’Angleterre ne se contente pas de subir. Après un corner mal dégagé, Hemp se crée une double occasion : première frappe contrée, seconde déviée à côté. Russo, un peu excentrée à droite, trouve le moyen de se frayer un chemin dans la surface avant de voir sa tentative facilement captée par Coll. Chaque offensive anglaise rappelle à l’Espagne qu’un deuxième but plane au-dessus de sa tête.

Une mi-temps à l’avantage des Lionesses

Le temps additionnel ne change rien. Trois minutes supplémentaires, pas de véritable frisson dans les surfaces. Le coup de sifflet renvoie tout le monde au vestiaire avec un constat limpide : l’Angleterre mène 1-0 et a parfaitement exécuté son plan.

L’Espagne a eu le ballon, a eu des angles de tir, a parfois fait reculer la défense anglaise un peu trop près de Hampton. Mais ce sont bien les Lionesses qui ont frappé les plus gros coups, avec le but d’Hemp et ce poteau cruel. La sélection de Wiegman a su frustrer la meilleure équipe du monde tout en la menaçant constamment en contre.

Au bord de la pelouse, Sarina Wiegman peut se satisfaire de ce premier acte : une capitaine d’un soir, Keira Walsh, célébrée pour sa 100e, une jeune Lucia Kendall lancée dans le grand bain, un bloc concentré, et une Espagne bousculée sans que le score ne paraisse flatteur.

Face à elle, Sonia Bermúdez, bras croisés, réfléchit. Son équipe reste fidèle à son identité, mais bute sur une Angleterre disciplinée, tranchante, qui a déjà prouvé qu’elle n’avait pas besoin de beaucoup d’occasions pour faire mal.

La question, désormais, est simple : l’Espagne trouvera-t-elle la faille sans s’exposer davantage à la vitesse de Hemp et à l’activité de James et Russo ? Ou Wembley assistera-t-il à une soirée fondatrice dans la quête d’un billet direct pour le Mondial au Brésil ?