Amorim et Manchester United : retrouvailles en Pologne
Ruben Amorim et Manchester United se recroisent. Pour la première fois depuis leur séparation brutale en janvier, l’entraîneur portugais, désormais sur le banc de l’AC Milan, va retrouver un club qu’il a quitté dans le fracas d’une conférence de presse enflammée à Elland Road et d’un licenciement sec signé INEOS.
Le décor, cette fois, se plante en Pologne. Dernier match de préparation pour United, face au Milan d’Amorim, coup d’envoi samedi à 15h45 (heure britannique). Un simple amical sur le papier. Beaucoup plus qu’un amical pour les protagonistes.
Carrick affine son onze avant Hull
Pour Michael Carrick, c’est la répétition générale avant le déplacement à Hull pour l’ouverture de la saison. Sa dernière chance de tester ce qui ressemble à son équipe-type.
Dans les buts, Senne Lammens est attendu titulaire. Devant lui, Harry Maguire revient pour mener une défense toujours privée de Lisandro Martinez et Matthijs de Ligt. Entre Leny Yoro et Ayden Heaven, la balance pourrait pencher vers le jeune Anglais, en léger avantage dans l’esprit du staff.
À droite, Diogo Dalot semble parti pour gagner un nouveau round dans son duel avec Noussair Mazraoui. À gauche, Luke Shaw ne souffre quasiment aucune contestation.
Au milieu, l’absence prolongée de Mason Mount ouvre la voie à une double sentinelle inédite : les recrues Youri Tielemans et Andrey Santos devraient être associées, avec Bruno Fernandes positionné juste devant eux en chef d’orchestre.
Devant, Benjamin Sesko n’est toujours pas remis de sa blessure. Bryan Mbeumo devrait donc à nouveau occuper la pointe, ce qui libère le couloir droit pour Amad Diallo. À gauche, Matheus Cunha est pressenti pour prendre le relais de Patrick Dorgu.
Onze probable de Manchester United (4-2-3-1)
Lammens ; Dalot, Maguire, Heaven, Shaw ; Tielemans, Santos ; Amad, Fernandes, Cunha ; Mbeumo.
Un onze qui, sur le papier, offre à Amorim une galerie de visages familiers… et quelques souvenirs piquants.
Alliés d’hier, regards complices aujourd’hui
Dans cette composition probable, Ruben Amorim retrouvera plusieurs joueurs avec lesquels il a noué des liens forts. Ses compatriotes Bruno Fernandes et Diogo Dalot, d’abord. Deux relais majeurs dans son vestiaire durant son passage à Old Trafford.
Maguire aussi lui doit beaucoup. Sous la houlette du Portugais, le défenseur anglais a relancé une carrière que beaucoup estimaient en déclin. Amorim l’a remis au centre du projet, l’a protégé, et l’a vu redevenir une figure de base de la défense de United.
Amorim n’a jamais caché son admiration pour Amad Diallo. L’Ivoirien a sans doute vécu ses meilleurs mois à United sous ses ordres, profitant enfin d’une vraie continuité. À tel point que certains médias italiens ont déjà évoqué la possibilité de le voir rejoindre l’AC Milan à moyen terme, dans le sillage de son ancien coach.
Ce sera donc, pour ce noyau-là, une forme de retrouvailles souriantes. Des poignées de main, quelques sourires, peut-être un clin d’œil. Mais le banc de Carrick raconte une autre histoire.
Rashford, Mainoo, Amass : les blessures encore ouvertes
Derrière les sourires de façade, certains n’avaient qu’une hâte en janvier : voir Ruben Amorim quitter Carrington. Marcus Rashford en tête de liste.
Le scénario est cruel. L’attaquant anglais pourrait effectuer son premier match avec United depuis plus de 18 mois face à l’homme qui a presque réussi à le pousser hors de son club formateur. Une symbolique lourde, presque ironique. Rashford sait ce que ces minutes-là représenteraient.
Kobbie Mainoo n’a pas oublié non plus. Sous Amorim, le milieu n’était qu’un remplaçant de luxe, cantonné au banc, utilisé par bribes. C’est après la nomination de Carrick qu’il a explosé, devenant l’un des symboles de la nouvelle ère à Old Trafford. Entre les deux hommes, le respect professionnel existe, mais la relation n’a jamais vraiment décollé.
Et puis il y a Harry Amass. Le jeune défenseur, cité publiquement par Amorim – tout comme Chido Obi – comme exemple de jeunes en difficulté à United, s’est senti exposé. Le message était mal passé. Les deux joueurs avaient répondu de manière à peine voilée sur les réseaux sociaux, avant de supprimer leurs publications. L’épisode a laissé des traces.
Samedi, tout ce passif se retrouvera concentré sur une même pelouse, sous les yeux d’un public polonais qui, lui, ne verra qu’un choc de prestige entre Manchester United et l’AC Milan. Pour les acteurs, c’est une autre histoire. Une histoire de départs houleux, de carrières relancées, de comptes personnels à régler.
Match de préparation ou pas, ces retrouvailles diront beaucoup de l’après-Amorim à United… et de ce que le Portugais veut bâtir, désormais, en rouge et noir.




