Al-Ittifaq suspend la prolongation de Saad Al-Shehri
Le banc de Al-Ittifaq ne tremble pas, mais rien n’y est figé. Le club de l’Est a décidé de geler la question de la prolongation de Saad Al-Shehri jusqu’à la fin de la saison. Pas de rupture, pas de promesse définitive. Un stand-by calculé, alors que son nom circule avec insistance autour de la sélection nationale saoudienne pour la Coupe du monde 2026.
Dans les coulisses, le décor est posé depuis plusieurs semaines. Des médias locaux ont révélé que la Fédération saoudienne de football avait pris contact avec Al-Shehri pour lui confier la sélection A, dans la foulée de Hervé Renard. Une information aussitôt refroidie par son agent, Rafi Al-Shahrani, qui a démenti toute négociation formelle. Officiellement, rien n’est signé. Officieusement, le dossier reste brûlant.
Un bilan sous surveillance
Selon le quotidien saoudien Al-Riyadiah, la direction d’Al-Ittifaq veut juger sur pièces. Le renouvellement du contrat attendra le verdict du terrain, après une saison complète sous les ordres d’Al-Shehri. L’entraîneur saoudien a pris les commandes en janvier 2025, succédant à l’Anglais Steven Gerrard, avec une mission claire : redresser la trajectoire.
Depuis son arrivée, les chiffres racontent une histoire contrastée : 44 matches, 20 victoires, 14 défaites, 10 nuls. Un bilan correct, pas renversant. De quoi nourrir l’idée de continuer avec lui, mais pas sans examen minutieux. Chaque rencontre jusqu’au baisser de rideau pèsera dans la balance.
La situation sportive ajoute une pression silencieuse. Al-Ittifaq pointe actuellement à la septième place de la Saudi Pro League avec 39 points, à seulement trois longueurs de Al-Ittihad, sixième. Une fin de saison bien négociée peut tout changer : le classement, l’élan… et le futur de l’entraîneur.
Préparer demain… sans savoir où
Paradoxalement, Al-Shehri ne se comporte pas comme un coach sur la sellette. Il agit déjà comme un homme de long terme. Il a entamé les réunions avec le comité technique du club pour dessiner les contours de la prochaine saison : besoins du groupe, profils ciblés, joueurs à prolonger, éléments poussés vers la sortie.
Le plan existe, les dossiers avancent, les priorités sont posées. Mais tout reste conditionné à une seule variable : son avenir personnel. S’il doit prendre les rênes de la sélection saoudienne, ce travail de fond à Al-Ittifaq changera de mains.
Car son agent l’a confirmé sans détour : en cas d’offre officielle de la Fédération, Saad Al-Shehri n’hésiterait pas à accepter le défi de l’équipe nationale. Le message est clair. La porte n’est pas seulement entrouverte, elle est prête à s’ouvrir en grand.
Entre club et sélection, un choix de carrière
Du côté d’Al-Ittifaq, l’orientation est connue : la volonté interne est de conserver Al-Shehri pour la saison prochaine. Le club estime qu’il a posé des bases, installé une méthode, et qu’il mérite de poursuivre son travail. Mais cette volonté se heurte à une réalité implacable : la sélection nationale reste le sommet pour tout entraîneur local.
La fin de saison s’annonce donc comme un double test. Sportif, avec un objectif clair de remonter au classement et de rattraper Al-Ittihad. Stratégique, avec un coach qui pourrait, dans quelques semaines, devoir trancher entre la continuité en club et l’appel du costume de sélectionneur.
Al-Ittifaq peut-il se permettre de bâtir sur un homme qui pourrait partir dès qu’un appel officiel tombera ? Et Saad Al-Shehri laissera-t-il passer l’occasion de mener son pays vers la Coupe du monde 2026 ?




