Youri Tielemans : S’adapter à Carrick et sentir le football
Youri Tielemans n’a pas eu besoin de long discours pour comprendre ce que Michael Carrick attend de lui à Manchester United. Pour le milieu belge de 29 ans, recruté pour 35 millions de livres, tout cela relève presque de l’instinct.
« Il a sa structure. Il veut avoir le ballon, il veut presser d’une certaine manière », explique-t-il. « Ça peut être différent de ce à quoi tu es habitué, de ce à quoi j’ai été habitué avant, mais pour moi ce sont des choses logiques. C’est juste sentir le football, et c’est ce que je fais depuis que je suis jeune à Anderlecht. »
Une intégration express
Arrivé le mois dernier en provenance d’Aston Villa, Tielemans a rejoint le groupe de United depuis une dizaine de jours pour la tournée de pré-saison. Il a disputé ses premières minutes sous ses nouvelles couleurs lors du nul 1-1 face au Paris Saint-Germain à Göteborg, samedi.
Rien ne semble vraiment pouvoir l’intimider. Débuts professionnels à 16 ans avec Anderlecht, départ à Monaco en 2017, transfert à Leicester en 2019, puis à Villa quatre ans plus tard : le capitaine de la Belgique affiche déjà 579 matches en carrière. Les exigences de Carrick ne l’ébranlent pas.
Pour lui, tout est une question de principes clairs, à assimiler puis à sublimer. « Pour moi, rien ne change, il faut juste que ça se mette en place ensemble. Quand tu suis ces principes, tu peux ajouter tes qualités offensives, surtout dans le dernier tiers où il y a un peu plus de liberté, sans évidemment trop se découvrir et en gardant la ligne défensive en place. Là, je pense qu’on peut faire de belles choses. »
Le corps, les alertes et la gestion
La saison dernière, Tielemans n’a débuté que 25 rencontres de Premier League, freiné par des pépins physiques. Il a aussi été touché aux ischio-jambiers à l’échauffement avant le quart de finale de Coupe du monde de la Belgique contre l’Espagne, en juillet.
Malgré ces alertes et ses 13 années déjà passées à batailler au milieu, il refuse l’idée d’être un joueur à ménager systématiquement. « Pas vraiment », tranche-t-il lorsqu’on lui parle de repos.
Il remonte à ce Mondial pour expliquer : « Je pense qu’on a joué 120 minutes contre le Sénégal avant l’Espagne, et après on a eu moins de temps entre les matches. On a joué les États-Unis trois ou quatre jours plus tard, puis trois jours après on a affronté l’Espagne. À l’échauffement, mon corps s’est éteint pour une raison quelconque. »
Le message est clair : il se connaît. « Maintenant, je ne pense pas être un joueur qui a absolument besoin de repos. Évidemment, il y a beaucoup de matches et le manager doit gérer l’équipe, mais quand je suis bien, je suis bien, tu vois. Malheureusement, mon corps… quand ça ne va pas, je le sais tout de suite et je préviens le manager, mais ça n’arrive pas souvent. »
Troisième rendez-vous avec United, le bon
Manchester United suit Tielemans depuis longtemps. Le club avait déjà manifesté son intérêt en 2019 puis en 2022, sans aller au bout. « Il y a eu deux fois où j’ai parlé avec le club, mais ça n’a rien donné, donc je suis resté très calme par rapport à ça. C’était bien après Anderlecht », raconte-t-il.
Cette fois, United a déclenché sa clause libératoire. Sans concurrence, affirme le milieu. « Pas à ma connaissance, non », lâche-t-il, presque amusé.
Le décor est posé : un entraîneur aux idées précises, un milieu à l’expérience lourde, un transfert enfin concrétisé après deux tentatives avortées. Reste une question, désormais : à quel point ce joueur qui dit « sentir le football » peut-il transformer le cœur du jeu de Manchester United ?




