Wrexham puni par Birmingham au Racecourse Ground
Wrexham attend toujours. Quatre matches, toutes compétitions confondues, et toujours aucune victoire. Cette fois, c’est Birmingham qui est venu doucher le Racecourse Ground (2-1), porté par un héros aussi inattendu qu’improbable : le défenseur central Phil Neumann, auteur d’un doublé.
Pour un joueur qui n’a jamais inscrit plus de deux buts sur une saison, la soirée a pris des allures de performance hors norme. Pour Wrexham, elle ressemble à un sérieux avertissement.
Birmingham réagit après la gifle
Chris Davies attendait une réponse après le 6-1 encaissé face à Brentford en Carabao Cup. Il l’a eue. Son équipe a démarré pied au plancher, en imposant immédiatement son rythme et sa puissance dans la surface adverse.
Dès la 7e minute, August Priske se retrouve avec le but grand ouvert. Sa tête semble imparable, mais Ollie Rathbone surgit sur sa ligne et sauve Wrexham in extremis. Un répit, pas un tournant.
À la 13e, Birmingham frappe. Corner rentrant d’Alex Cochrane au second poteau, Neumann s’impose et catapulte le ballon au fond de la tête. 1-0, logique. Et déjà la sensation que l’écart pourrait vite enfler.
La suite du premier acte ne fait que confirmer la domination des Blues. Sur une nouvelle situation d’attaque, Carlos Vicente temporise et sert parfaitement Jay Stansfield, seul sur la droite de la surface. L’attaquant ouvre son pied, mais expédie le ballon au-dessus. Une énorme occasion gâchée à la 23e minute, qui laisse le public de Wrexham souffler… sans vraiment y croire.
Wrexham, lui, ne montre presque rien avant la pause. Une seule vraie alerte : Danny Imray percute côté droit, sa frappe déviée oblige James Beadle à une belle envolée (37e). C’est trop peu. Les chiffres le disent : seulement 0,22 xG en première période. Birmingham, lui, aurait pu mener 3-0 sans que personne ne crie au scandale.
Wrexham se rebiffe… puis se fait punir
Au retour des vestiaires, le décor change un peu. Wrexham sort enfin de sa torpeur, joue plus haut, met davantage d’intensité dans les duels. Le public s’enflamme au moindre ballon gratté, et cette fois, l’élan se traduit au tableau d’affichage.
À la 54e minute, Lewis O'Brien dépose un centre plongeant parfait dans la surface. Callum Doyle anticipe, se jette, et prolonge le ballon au fond, aidé par James Beadle, battu. 1-1. Le Racecourse Ground explose, Wrexham semble enfin entré dans sa saison.
L’euphorie ne dure pas.
Neuf minutes plus tard, la défense de Phil Parkinson se saborde à nouveau sur un détail, un ballon anodin, une situation qui paraît gérable. Long lancer de Priske côté droit, premier centre dégagé, mais mal. Le ballon lui revient, il remet dans la boîte. Neumann, encore lui, coupe la trajectoire d’une tête subtile et trompe Anthony Patterson (63e). 2-1. Même bourreau, même scénario : une surface mal défendue, un manque de tranchant dans les airs.
Wrexham tente bien de revenir une seconde fois. Le tempo monte, les ballons sont balancés dans la surface, les duels deviennent plus rugueux. À la 77e, Kieffer Moore pense arracher l’égalisation : sa tête est mal captée par Beadle, le ballon traîne, mais Christoph Klarer se jette et sauve Birmingham au courage devant les attaquants locaux, prêts à pousser le ballon au fond.
La dernière demi-heure se joue dans le camp des Blues, mais le score ne bouge plus. Birmingham plie, défend son avantage, ferme les espaces. Wrexham, lui, manque de précision dans le dernier geste. Le temps file, la frustration monte, le coup de sifflet final tombe.
Parkinson, en colère : « Les deux buts les plus softs depuis que je suis là »
Phil Parkinson ne cherche pas d’excuses. Au micro de Sky Sports, le manager de Wrexham lâche un constat brutal sur la prestation de ses joueurs dans la surface :
« Les deux buts que nous concédons sont deux des plus softs que nous ayons encaissés depuis que je suis ici – et cela inclut notre période en National League. On ne peut pas concéder des buts comme ça et espérer gagner un match de football. »
Il insiste sur ce qui, pour lui, fait la différence à ce niveau :
« Il faut défendre la surface, c’est aussi simple que ça. Dans n’importe quelle division, mais particulièrement en Championship, on doit mieux défendre notre surface, sortir les ballons de la tête, défendre les coups de pied arrêtés. »
Sur le contenu, Parkinson ne se cache pas non plus :
« On a manqué de conviction dans notre jeu en première période, je dois être honnête. En deuxième mi-temps, c’était mieux, on revient au score, et c’est pour ça que je suis tellement agacé par le deuxième but. On avait bien redémarré, on était revenus dans le match. »
Et il pointe un état d’esprit qui l’inquiète :
« On a presque ressemblé à une équipe où chacun regarde autour de lui en attendant que quelqu’un d’autre fasse la différence, plutôt que d’assumer les responsabilités individuellement. Dans le football, on ne peut pas s’apitoyer sur son sort, et ce soir j’ai eu l’impression qu’on était dans cet état d’esprit pour une raison ou une autre. Personne ne va venir t’aider, tu ne peux que t’aider toi-même. On doit se regarder en face et aller au combat à Millwall. »
Davies savoure : « On a ressemblé à une vraie équipe »
Face à lui, Chris Davies pouvait afficher un tout autre visage. Le manager de Birmingham a vu ses joueurs réagir avec caractère après la débâcle de la semaine :
« C’était une très bonne soirée pour nous. On a très bien commencé, exactement comme on le veut à l’extérieur. On s’est mis sur le devant de la scène, on a eu des situations où on aurait pu mener de plusieurs buts à la pause, donc j’en suis très satisfait. »
Son mot-clé, c’est le collectif :
« On a ressemblé à une équipe, c’est le principal. Une vraie équipe. Et il le fallait pour venir à un endroit comme Wrexham, affronter un très bon groupe, surtout à domicile. C’est une très, très grande victoire. »
Faut-il recruter derrière à Wrexham ?
Avec ce début de saison poussif et ces deux buts encaissés sur des situations aériennes, la question de l’effectif revient sur la table. Sur le plateau de Sky Sports Football, Jobi McAnuff n’a pas éludé le sujet.
Selon lui, Wrexham pourrait avoir besoin d’un profil bien précis :
« Ils ont peut-être besoin d’un défenseur central plus dominant, ce qu’ils avaient justement durant leur montée à travers les divisions. »
Pour McAnuff, ce type de soirée peut jouer un rôle déclencheur en interne :
« Parfois, il faut une performance ou des scénarios comme ce 2-1 contre Birmingham pour réveiller un peu la hiérarchie. »
Il rappelle toutefois que Phil Parkinson a déjà bénéficié d’un soutien important :
« Je suis sûr qu’il dira qu’il a été soutenu à fond par le groupe de propriétaires, sur ce qu’il estimait nécessaire pour faire progresser le club. Ils doivent penser qu’il y a déjà assez de qualité, mais je suis certain que, dans les prochains jours, des questions vont être posées. »
Wrexham va maintenant devoir réagir sur un terrain qui ne pardonne pas : Millwall. Sans victoire, avec des failles défensives criantes et un manager qui réclame plus de responsabilité individuelle, le voyage s’annonce lourd de sens. La saison ne fait que commencer, mais combien de temps encore le club pourra-t-il parler d’« apprentissage » avant que la situation ne devienne une vraie urgence ?



