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Victor Wembanyama : Impact de sa blessure sur la course au MVP

Le choc est tombé en plein cœur de la nuit texane. Victor Wembanyama a quitté le parquet face aux Philadelphia 76ers, touché aux côtes, et avec lui, c’est une partie de la course au trophée de MVP qui a vacillé.

En seulement 16 minutes, le pivot français a tout de même eu le temps de planter 17 points et de participer à la victoire de San Antonio. Puis la douleur aux côtes, une contusion, a mis un coup d’arrêt brutal à sa soirée. Pas de retour après la mi-temps. Pas de deuxième acte pour celui qui portait encore, il y a quelques jours, une vraie étiquette de candidat au titre de meilleur joueur de la saison.

L’entraîneur des Spurs, Mitch Johnson, a tenté de voir le verre à moitié plein en soulignant qu’il était « positif » que Wembanyama ait pu revenir brièvement en première période après le premier choc. Mais la réalité du moment est plus rude : la fin de saison régulière du Français est désormais entourée de points d’interrogation.

Une blessure, et les cotes de MVP s’effondrent

La conséquence a été immédiate sur un autre terrain, celui des paris. Les marchés ont réagi en quelques heures. Le nom de Victor Wembanyama a glissé dans les tableaux, comme s’il avait quitté la scène avant l’heure.

Ses cotes pour le trophée de MVP ont doublé, passant de +900 à +1800. Une chute nette, qui ne dit pas seulement le doute sur son niveau de jeu, mais surtout la crainte qu’il ne remplisse pas les critères d’éligibilité. L’enjeu est froid, réglementaire : pour être considéré pour le MVP, les All-NBA Teams et les autres récompenses, il doit encore jouer au moins un match à 20 minutes ou plus.

Lundi, il n’a pas atteint cette barre symbolique. Résultat : il lui manque encore une rencontre à 20 minutes minimum. À ce jour, Wembanyama compte 63 matchs disputés cette saison, 64 si l’on ajoute la finale de la NBA Cup. Le compteur est là, figé, en attendant le feu vert médical.

Pendant que San Antonio retient son souffle, la course au MVP, elle, n’attend personne. Shai Gilgeous-Alexander a vu ses cotes encore se resserrer : de -2000, il est passé à -4000, ce qui correspond à une probabilité implicite de 97,56 %. Une quasi-certitude statistique. Nikola Jokic, lui, a ajouté un nouveau triple-double dans une victoire en prolongation lundi, et a profité du contexte pour remonter légèrement, de +7500 à +6000.

Le Français, lui, recule. Les deux autres avancent.

San Antonio entre prudence et ambition

Les Spurs savent ce qu’ils ont entre les mains. Un phénomène, une pièce centrale de leur projet, et des ambitions élevées pour les playoffs. La tentation de le protéger au maximum est évidente. Le risque de le précipiter aussi.

Selon l’expert des blessures NBA Jeff Stotts, la contusion aux côtes pourrait toutefois ne représenter qu’un problème de courte durée. Une éclaircie dans ce ciel soudain chargé. Si ce scénario se confirme, Wembanyama pourrait théoriquement revenir dès cette semaine, lors des matchs prévus mercredi, vendredi ou dimanche.

Pour l’instant, la franchise n’a publié aucun calendrier officiel pour son retour. Silence stratégique ou simple attente des prochains examens ? En attendant, une chose semble déjà acquise : son dossier pour le MVP a pris un coup presque fatal lundi soir.

Une course qui se redessine

Dans cette nouvelle configuration, Shai Gilgeous-Alexander s’installe seul en tête, presque intouchable. Derrière, Nikola Jokic se rapproche du rôle de principal poursuivant, porté par les résultats de Denver, désormais seul troisième à l’Ouest, et par son impressionnante régularité.

  • Shai Gilgeous-Alexander : -4000
  • Victor Wembanyama : +1800
  • Nikola Jokic : +6000
  • Jaylen Brown : +30000

Mardi, parmi ces trois superstars légitimes dans la discussion, seul Gilgeous-Alexander est attendu sur le parquet. Une scène parfaite pour enfoncer le clou dans la course au trophée.

Reste une question, simple et tranchante : Wembanyama aura-t-il encore l’occasion, cette saison, de jouer les trouble-fête dans cette lutte pour le MVP, ou devra-t-il se contenter de regarder, depuis le banc, un trophée filer sous ses yeux avant même d’avoir pu vraiment le disputer ?