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Unai Emery évite le débat sur l’avenir de Jadon Sancho

Unai Emery ferme la porte au débat sur l’avenir de Jadon Sancho. À la veille d’un match qui peut faire basculer la saison d’Aston Villa, le technicien espagnol ne veut entendre parler que de terrain, pas de mercato.

Sancho, l’avenir en suspens, le présent en urgence

Prêté par Manchester United pour cette saison, Jadon Sancho arrive au bout de son contrat à Old Trafford en juin. Libre dans quelques semaines, convoité ouvertement par le Borussia Dortmund – son directeur général Lars Ricken a confirmé que le club étudiait un retour – l’ailier anglais cristallise déjà les spéculations.

Emery, lui, refuse d’entrer dans le jeu.

« Nous sommes concentrés à 100 %, collectivement et individuellement. Parler de l’avenir maintenant n’a pas de sens », a-t-il tranché mercredi, à la veille du quart de finale retour de Ligue Europa contre Bologna.

Le message est clair : Sancho ne doit pas penser à demain, mais à jeudi soir.

Le parcours du joueur avec Villa reste contrasté. Trente et une apparitions toutes compétitions confondues, dont quatorze comme remplaçant. 1 520 minutes, un but, trois passes décisives. Des éclairs, mais pas encore une vraie domination. Et un coup d’arrêt au pire moment : une blessure à l’épaule qui lui a fait manquer les deux derniers matches, dont la victoire 3-1 en Italie lors du match aller.

Emery n’en démord pas : il compte sur lui.

« Nous avons beaucoup parlé pendant la saison avec lui, de sa mission chez nous, de la façon dont nous avons besoin de ses performances, de ses qualités, mais maintenant, c’est demain qui compte », a-t-il insisté.

« Il revient. C’est un joueur fantastique et il doit être constant. Il a été exigeant et il s’est adapté à notre structure. C’est dommage qu’il ait été blessé ces deux dernières semaines, car il avait fini avant la trêve en jouant de manière fantastique. »

Sancho revient donc dans le groupe au moment où Villa peut valider son billet pour le dernier carré. Le timing ne laisse aucune place au hors-sujet.

Martinez, Bizot et un vrai dilemme dans le but

Autre dossier chaud : le but. Dimanche, contre Nottingham Forest, Emiliano Martinez a dû renoncer à la dernière minute, touché au mollet à l’échauffement. Une alerte qui aurait pu faire vaciller Villa. Elle a surtout ouvert une porte.

Marco Bizot l’a franchie sans trembler.

Le gardien néerlandais a signé une prestation solide dans le nul 1-1, au point de semer un léger doute sur la hiérarchie pour ce quart de finale retour. Emery, lui, savoure ce luxe inattendu.

À propos de Martinez, le coach reste élogieux : « C’est un gardien fantastique, un gars fantastique, il est prêt. Il est incroyable dans ses performances et nous sommes très fiers de lui. »

Mais il n’a pas oublié la réponse de Bizot, propulsé titulaire au pied levé : « Chaque jour, nous prions pour avoir tout le monde disponible pour jouer. Quand quelque chose arrive à la dernière minute, comme dimanche, waouh, comme Marco a bien répondu. »

Martinez a repris l’entraînement collectif : « Aujourd’hui, il s’est entraîné avec nous. Comme d’habitude, il sera disponible pour demain et demain nous déciderons. »

Un champion du monde d’un côté, un remplaçant irréprochable de l’autre. Un quart de finale de Ligue Europa au milieu. Le genre de choix qui dessine une saison.

Villa, favori assumé d’une Ligue Europa ouverte

Les chiffres ne mentent pas : le modèle Opta donne 97 % de chances à Aston Villa de se qualifier pour les demi-finales après son succès 3-1 à l’aller. Le club de Birmingham est crédité de 64 % de probabilité d’atteindre la finale et de 42 % de chances de remporter le trophée. Dans les projections, Villa domine la compétition.

Dans le vestiaire, l’ambition est alignée sur ces projections. Youri Tielemans ne se cache pas.

« Tu joues pour la gagner. C’est ma mentalité et aussi celle de beaucoup de joueurs dans le groupe », a expliqué le milieu belge.

Mais il connaît le piège : se voir trop beau, trop tôt. « Quand tu arrives à ce stade, tu dois t’assurer de jouer le match du mieux possible et ne pas penser à la fin, car c’est là que tu peux te laisser emporter parfois. Nous devons continuer à jouer comme nous le faisons et, espérons-le, gagner ces matches. »

Le décor est posé : un Villa favori, mais prévenu. Un Sancho qui joue gros sans pouvoir le dire. Un Martinez en concurrence réelle. Un entraîneur qui refuse de se disperser.

Jeudi soir, au bout de 90 minutes sous tension, on saura si cette équipe a vraiment le coffre d’un futur vainqueur européen. Ou si ce quart de finale retour contre Bologna restera comme un avertissement brutal dans une saison qui semblait lancée.