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Tuchel exprime des doutes sur Palmer : « Il manque trop d’occasions »

Thomas Tuchel n’a pas haussé le ton. Il n’en a pas eu besoin. Quelques phrases sèches ont suffi pour faire passer le message : la patience de l’Angleterre envers Cole Palmer commence sérieusement à s’effriter.

L’ailier de Chelsea, brillant en club en ce début de saison avec six actions décisives en sept matches, est de nouveau absent du rassemblement des Three Lions. De nouveau pour blessure. Et de nouveau au moment où une place était à prendre.

Une absence de trop

Palmer a déjà manqué trois rassemblements de l’Angleterre sur blessure et n’a pas été retenu pour un autre. Depuis que Tuchel a pris les commandes de la sélection début 2025, il a été appelé deux fois… pour deux retraits pour raisons physiques.

Cette fois encore, le scénario se répète : rappelé après un été sans Coupe du monde – il avait été écarté du groupe en raison d’une saison perturbée par les blessures – Palmer sort d’un match complet avec Chelsea à Brentford, puis quitte la sélection avant les rencontres de Nations League contre l’Espagne, la République tchèque et la Croatie.

Face aux doutes, la question a été posée frontalement à Tuchel : Palmer donne-t-il vraiment l’impression de vouloir jouer pour l’Angleterre ? Réponse du sélectionneur : « C’est difficile d’argumenter contre ce que vous dites. »

Une phrase lourde. Presque un avertissement.

Tuchel regarde ailleurs

Où cela laisse-t-il l’Angleterre ? Tuchel n’a pas mis longtemps à dresser la liste des alternatives : « Jude Bellingham, Morgan Rogers, Morgan Gibbs-White et Eberechi Eze. Tous en stage, tous désireux d’être là, tous disponibles et prêts. Prêts à écourter des vacances après un jour à Dubaï [comme Morgan Gibbs-White] et à revenir. »

Le message est clair : le train ne va pas attendre Palmer éternellement.

Tuchel insiste sur un point : il ne juge que ce qu’il voit en sélection. Et Palmer, tout simplement, n’est pas assez là. « C’est une occasion manquée. Une autre occasion manquée. Il manque trop d’occasions. Je ne lui en veux pas, c’est un fait. Il manque beaucoup trop de stages pour blessure. »

Pour convaincre Tuchel, il faut être présent au quotidien, au cœur du groupe, sur le terrain d’entraînement. Palmer, lui, reste à distance.

Blessure ou gestion de charge ? Tuchel tranche

L’ombre du doute plane forcément quand un joueur enchaîne les matches en club mais disparaît au moment des trêves internationales. Tuchel, lui, rejette l’idée d’une simple gestion de charge.

Sur la nature du souci physique de Palmer, il se montre ferme : « Il joue avec une gêne et une douleur et ne peut pas évoluer à son plus haut niveau avec cette gêne et cette douleur. Chelsea nous a informés. C’est ce que je comprends. Nous ne gérons pas la charge. »

Le sélectionneur tient à verrouiller l’état d’esprit autour de l’équipe nationale : « Ce n’est pas une “trêve internationale”. C’est un environnement compétitif, où les joueurs aiment s’entraîner et être ensemble. C’est ce que nous avons créé. Nous ne ferons jamais de compromis là-dessus. Nous ne laisserons jamais s’installer l’idée que les joueurs ne veulent pas venir. Nous nous concentrons sur ceux qui veulent absolument jouer pour l’Angleterre. »

Tuchel refuse d’y voir une tendance lourde, refuse de croire à un désamour, mais la ligne est tracée : être présent, ou laisser sa place.

Des joueurs qui serrent les dents

Tuchel n’hésite pas à citer d’autres cas pour illustrer sa position. Il rappelle que Marcus Rashford et Kobbie Mainoo jouent « avec gêne » en club. « Je sais que ça semble étrange si Kobbie et Marcus finissent un match le week-end avec leurs clubs et ne sont soudainement pas là, mais en cas de doute, nous faisons confiance aux joueurs. »

Il souligne aussi que Declan Rice l’a appelé, que quelque chose n’allait pas, et que sa prestation contre Brighton a confirmé cette impression. Chaque cas est différent, répète-t-il. Tino Livramento a lui aussi déclaré forfait. Pour Tuchel, tout cela fait partie du quotidien d’une sélection.

Mais derrière cette nuance, un constat demeure : certains se battent pour être là, quitte à jouer diminués. D’autres, comme Palmer, laissent filer des fenêtres entières.

Une porte qui s’entrouvre pour les concurrents

Dans ce contexte, la concurrence à son poste se frotte les mains. Kaveh Solhekol, de Sky Sports News, résume le ressenti ambiant : Tuchel « semble presque perdre patience » avec Palmer.

L’Anglais de Chelsea se bat pour être le numéro 10 de la sélection. Sauf que l’Angleterre dispose déjà de Jude Bellingham et de Morgan Rogers dans ce rôle. Sans oublier Morgan Gibbs-White, bien décidé à profiter des prochaines semaines pour marquer des points.

Tuchel a été clair : « Si vous n’êtes pas là, vous ne pouvez pas m’impressionner. » Un rappel brutal, mais logique. Bellingham, lui, a montré l’exemple : même lors d’une période compliquée avec Tuchel et alors qu’il était blessé, il avait tout de même rejoint le groupe. Ce genre de geste compte aux yeux du sélectionneur.

D’où la question qui flotte autour de Palmer : sa blessure est-elle vraiment si lourde qu’elle l’empêche de jouer, de s’entraîner… ou simplement de montrer sa tête au camp de base pendant ces trois semaines ?

Kane défend l’attachement au maillot

Au milieu de ce débat, la voix du capitaine. Harry Kane, interrogé sur la vague de forfaits – Palmer, Rice, Mainoo, Rashford, Livramento – refuse l’idée que les joueurs ne priorisent plus la sélection.

« Tout le monde est extrêmement fier d’être un joueur de l’Angleterre », assure-t-il. Il rappelle que chaque cas comporte sa part de physique et de mental, et que la discussion entre joueur et sélectionneur reste centrale.

Kane ne minimise pas la charge : quatre matches en onze jours. Un marathon. Mais il affirme attendre ce genre de défi. Pour lui, la vérité se trouve sur le terrain d’entraînement : « Depuis le début de la semaine, le niveau est au plus haut. »

L’Espagne en ligne de mire, et un siège vide

L’Angleterre s’apprête maintenant à affronter l’Espagne à domicile, avant de voyager en République tchèque puis en Croatie dans ce groupe A3 de Nations League. Une série dense, exigeante, idéale pour installer des hiérarchies et tester des hommes.

Palmer, lui, regardera ça de loin. Encore une fois.

Pendant que Bellingham, Rogers, Gibbs-White et Eze tenteront de verrouiller leur place dans les plans de Tuchel, le joueur de Chelsea voit son crédit international se réduire. À force de « manquer des occasions », comme le répète le sélectionneur, il prend le risque de ne plus être considéré comme indispensable.

La question n’est plus seulement de savoir s’il est assez bon pour être le numéro 10 de l’Angleterre. Elle devient plus tranchante : quand Tuchel bouclera-t-il définitivement la porte devant lui si ces absences continuent de s’enchaîner ?