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Troy Deeney remet en question Calvert-Lewin pour l'avenir de l'Angleterre

Troy Deeney bouscule le débat : « Calvert-Lewin n’est pas l’avenir, testons Lankshear »

La défaite 3-2 de l’Angleterre contre l’Espagne n’a pas seulement laissé des regrets à cause du penalty manqué d’Harry Kane. Elle a aussi ravivé une question que le sélectionneur Thomas Tuchel ne pourra pas éviter éternellement : à quel moment tourne-t-on vraiment la page pour préparer l’Euro 2028 ?

Troy Deeney, lui, a déjà tranché. Et il ne prend pas de pincettes.

« Je n’ai rien appris avec l’entrée de Calvert-Lewin »

Invité du podcast Premier League All Access sur talkSPORT, l’ancien capitaine de Watford a ciblé sans détour l’utilisation de Dominic Calvert-Lewin en fin de match. L’attaquant de Leeds, auteur d’un excellent début de saison, a remplacé Harry Kane pour les sept dernières minutes. Une poignée d’actions, beaucoup de duels, mais aucune vraie trace laissée sur la rencontre.

Pour Deeney, ce type de choix ne sert tout simplement pas le projet à long terme de la sélection.

« Je sais déjà comment ça va se passer – je n’apprends rien », a-t-il lâché. Il a insisté sur le fait que l’entrée de Calvert-Lewin ne lui avait rien apporté sur le plan de l’évaluation. Il a même ironisé sur le nombre de fautes commises en quelques minutes, tout en rappelant que l’attaquant « a fait des choses incroyables avec Leeds ». Le respect pour le joueur, oui. Mais une conviction ferme : « Tu n’es pas la réponse pour l’avenir. »

Derrière ce constat, un message clair à Tuchel : arrêter de s’en remettre à des profils de rotation expérimentés qui ne seront plus là, ou plus au même niveau, quand les grandes échéances arriveront. Kane aura 35 ans à l’Euro 2028. Le temps presse.

Lankshear, symbole d’un virage générationnel réclamé

Plutôt que de confier ces minutes précieuses à un attaquant de 29 ans déjà bien connu, Deeney veut voir un autre nom sur la feuille de match : Will Lankshear.

Le buteur de Middlesbrough, 21 ans, s’est déjà signalé en Championship avec six réalisations cette saison. Il vient aussi de marquer pour ses débuts avec les moins de 21 ans de l’Angleterre, contre le Kazakhstan. Profil en pleine ascension, inscrit dans le parcours classique des sélections de jeunes, il incarne exactement ce que Deeney réclame : un pari sur le futur, encadré par le présent.

L’ancien attaquant ne vend pas Lankshear comme le sauveur. Il refuse même de le présenter comme « la solution ». Ce qu’il demande, c’est une opportunité réelle : l’intégrer au groupe, le confronter au niveau international, le placer au contact direct d’Harry Kane pour apprendre, absorber, progresser.

La nuance est là : ce n’est pas un caprice de sélection, c’est une logique de construction. Un joueur de 21 ou 22 ans qui marque en Championship, même loin du niveau de la Premier League, offre au moins une perspective. On peut le projeter à quatre ans. On peut le faire grandir dans le système. On peut, surtout, découvrir s’il a l’étoffe pour rester.

Un message à Tuchel : arrêter de regarder dans le rétroviseur

Derrière la critique de Calvert-Lewin, c’est toute la gestion de la transition offensive de l’Angleterre qui se retrouve sur la table. Tuchel doit-il continuer à s’appuyer sur des attaquants déjà évalués, déjà jugés, ou ouvrir le couloir à une génération qui frappe à la porte ?

Pour Deeney, la réponse est évidente : appeler des « vétérans » de complément ne construit rien. Cela bouche des trous, ça ne trace pas de route. Les minutes de fin de match, surtout dans un contexte aussi intense qu’un duel perdu face à l’Espagne, sont pour lui un laboratoire idéal. Un endroit où un Lankshear peut se tromper, apprendre, revenir plus fort.

La défaite contre l’Espagne a rappelé que même avec Harry Kane, tout n’est pas garanti. Le penalty manqué du capitaine renforce presque le propos de Deeney : l’Angleterre ne peut plus se contenter d’un seul plan, d’un seul homme, d’une seule certitude devant.

Tuchel écoutera-t-il cette voix venue du vestiaire d’hier, mais connectée aux réalités de demain ? La prochaine liste dira si le sélectionneur choisit encore la sécurité des noms connus… ou s’il ose enfin donner à Will Lankshear le couloir vers l’équipe A.