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Tottenham : Strachan évoque De Zerbi et l'arrivée de Savio

Tottenham sort d’une saison qui a laissé des traces. Une campagne 2025-26 passée à regarder le bas du classement de Premier League, à flirter avec le précipice jusqu’à la dernière journée, sauvée in extremis d’une relégation en Championship, un an seulement après avoir soulevé la Europa League.

Pour Gordon Strachan, ce scénario catastrophe ne se rejouera pas.

Strachan voit du Sir Alex chez De Zerbi

L’ancien international écossais s’est montré catégorique en évoquant les Spurs et Roberto De Zerbi. Interrogé par Betway, il a martelé qu’il ne croyait pas à un nouveau naufrage, pointant du doigt le caractère volcanique de l’entraîneur italien comme levier majeur de redressement.

« Je ne vois pas les Spurs refaire ça, vraiment pas. Pas après avoir dépensé ce genre d’argent, et pas avec le manager qu’ils ont, qui est en permanence en colère – et c’est une bonne chose », a-t-il expliqué, avant de filer une comparaison lourde de sens : « C’est comme Sir Alex, il était en permanence en colère, tant qu’il avait cette rage pour faire peur aux gens, pour gagner des matchs de football et ne pas se faire battre. »

Strachan sait de quoi il parle. Il a connu de l’intérieur le régime d’Alex Ferguson joueur, puis manager, et il décrit ce climat de crainte constructive qui poussait les équipes vers le haut : « Quand je jouais avec Sir Alex, ce n’était même pas le fait que tu devais gagner, tu étais juste terrifié à l’idée de perdre. Je pense que c’est un peu ce que De Zerbi insuffle à ces équipes.

Tottenham a choisi son chef de meute. À lui maintenant de transformer la peur de chuter en moteur de révolte.

Savio, 85 M€ et une vague d’enthousiasme

Dans ce contexte, l’arrivée de Savio tombe comme un signal fort. Le Brésilien débarque à Tottenham pour un montant initial de 75 millions de livres, assorti de 10 millions en bonus. Une somme lourde, assumée, pour un ailier de 22 ans que le club suit depuis longtemps.

Les réseaux sociaux du club se sont enflammés dès l’officialisation. Sous la vidéo d’annonce, les messages se sont enchaînés. L’un résume l’état d’esprit d’une partie des supporters : « Bienvenue, on t’attendait. Il est temps de bâtir une légende ici à Spurs et en Premier League. »

Un autre pousse encore plus loin l’enthousiasme, rappelant le parcours du joueur : de ses éclats à Girona à son passage sous les ordres de Pep Guardiola, avant d’atterrir dans le projet de Roberto De Zerbi. Pour ce fan, c’est une « masterclass » de recrutement, persuadé que Savio va « transformer totalement cette attaque » et que la Premier League « n’est pas prête pour cette flamboyance ».

Le ton est donné. Le vestiaire sort d’une saison traumatisante, mais les tribunes, elles, veulent croire à une attaque régénérée.

Un dossier bouclé à temps pour la Carabao Cup

Le timing, lui aussi, raconte quelque chose des ambitions du club. Tottenham devait enregistrer officiellement ses nouvelles recrues avant midi pour qu’elles puissent figurer sur la feuille de match du déplacement à Charlton Athletic, en Carabao Cup. Savio a été validé à temps : De Zerbi peut donc déjà l’utiliser mercredi face au club de Championship.

Le Brésilien sera disponible, même si son intégration sportive se fera forcément par paliers. En coulisses, d’autres dossiers restent ouverts. Tottenham discute encore avec Manchester City au sujet de Marmoush, sans accord pour l’instant. Le mercato s’accélère, mais le chronomètre tourne.

Lange assume le pari : « sur notre radar depuis un moment »

Le directeur sportif Johan Lange n’a pas caché sa satisfaction au moment de commenter la signature de Savio. Pour lui, ce transfert n’a rien d’un coup de tête.

« Savio est quelqu’un qui est sur notre radar depuis un moment et je suis ravi qu’il soit désormais un joueur de Tottenham Hotspur », a-t-il souligné. Il insiste sur le profil complet du Brésilien : « Il a déjà montré sa qualité au plus haut niveau, et nous pensons que ses qualités, son style et sa mentalité s’intègreront parfaitement dans l’effectif que nous construisons ici. »

Lange va plus loin, en se tournant vers le terrain et les tribunes : « Je sais qu’il va exciter nos supporters à chaque fois qu’il touchera le ballon et j’ai hâte de suivre son développement sous les ordres de Roberto. »

Le message est clair : Savio n’est pas seulement une recrue clinquante, il est une pièce centrale d’un puzzle que Tottenham tente de recomposer après une saison de chaos.

« Une opportunité merveilleuse » : Savio se projette déjà

De son côté, le joueur n’a pas caché son soulagement après un feuilleton qui a pris son temps. « Ça a pris un moment mais je suis très heureux d’être ici », a-t-il confié après la signature.

Il parle d’« une opportunité merveilleuse dans un club brillant avec l’un des meilleurs managers du monde ». Une phrase qui en dit long sur le poids de De Zerbi dans sa décision.

Le déclic s’est produit dès leur premier échange. « Dès que j’ai parlé au Head Coach, j’ai su que je devais venir. Il m’a dit qu’il voulait m’aider à atteindre le plus haut niveau, et je crois que nous pouvons le faire ensemble, en équipe. »

Tottenham lui offre une scène, De Zerbi lui promet un cadre, à lui de justifier ce statut de recrue phare.

De Savinho à Savio, retour aux origines

Un autre détail, plus symbolique, accompagne cette nouvelle ère. À Manchester City, l’ailier évoluait sous le nom de Savinho, qu’il portait aussi lors de ses débuts avec la sélection du Brésil. Avant cela, à Girona, il arborait simplement « Savio » sur son maillot.

À Tottenham, il revient à ce premier choix. Retour à « Savio », retour à ce qui l’a révélé en Espagne. Un clin d’œil à ses racines, mais aussi une manière de marquer une nouvelle étape de sa carrière.

Il hérite du numéro 17, laissé libre par Cristian Romero, parti à Atletico Madrid dix jours plus tôt. Un numéro qui change d’épaules, un vestiaire qui se recompose, une hiérarchie offensive qui va devoir se redessiner autour de lui.

De Zerbi séduit par « l’imagination et la qualité » de son ailier

Roberto De Zerbi, lui, ne cache pas son excitation footballistique. L’Italien voit en Savio un profil taillé pour sa philosophie de jeu.

« Sávio est un joueur qui apporte de l’énergie, de l’imagination et de la qualité sur les côtés », a-t-il salué. Il insiste sur cette capacité à faire basculer un match : « Il a le courage d’attaquer les défenseurs et la capacité de changer un match grâce à sa créativité. Nous sommes très heureux de l’avoir avec nous, et j’ai hâte de travailler avec lui, de l’aider à continuer de grandir et de le voir apporter sa personnalité à l’équipe. »

Là se joue peut-être l’essentiel : la personnalité. Tottenham a manqué de caractère quand la saison a basculé vers le bas du tableau. De Zerbi réclame des joueurs capables de prendre des risques, de faire lever un stade, mais aussi de supporter la pression quand le classement se resserre.

Savio arrive avec un prix, un pedigree, une attente énorme. Les Spurs, eux, arrivent avec une cicatrice encore fraîche et un manager « en permanence en colère » qui refuse de revivre le cauchemar de la saison passée.

La question est désormais simple : cette colère et ce talent suffiront-ils à ramener Tottenham là où le club prétend appartenir, dans le haut de la Premier League et sur la scène européenne, ou la peur de tomber rôdera-t-elle encore longtemps dans les travées du nord de Londres ?