RDC Sport

Arsenal : tensions autour de Martinelli et les rumeurs de transfert

À en croire certains titres tapageurs, le vestiaire d’Arsenal serait en ébullition, Mikel Arteta contesté, et Gabriel Martinelli porté en héros par une partie de l’effectif. Une fracture. Une mini-crise. Un vestiaire “malheureux”.

La réalité est nettement moins spectaculaire.

Tout part d’un passage d’ESPN Brasil, repris ensuite par plusieurs médias anglais. Un seul paragraphe, une seule phrase vraiment utilisée, traduite, triturée, amplifiée. La voici, dans son intégralité : Martinelli n’a pas été convoqué pour le début de saison, n’a pas reçu de médaille après la victoire 3-0 contre Manchester City lors du Community Shield, et cela aurait “provoqué un certain malaise” chez quelques joueurs.

Douze mots sur un “malaise” dans un vestiaire. Et derrière, des titres comme :

  • « Arsenal stars ‘side with Gabriel Martinelli’ as Mikel Arteta tries to force him out »
  • « Arsenal squad ‘unhappy’ with Mikel Arteta as Gabriel Martinelli nears £40m Al-Hilal transfer »

Les guillemets sont bien là, mais ils ne citent personne. Ils servent surtout à gonfler l’histoire.

Un vestiaire choqué… ou simplement humain ?

Qu’un joueur présent au club depuis sept ans, apprécié, soit mis de côté en vue d’un transfert et suscite de la compassion, c’est presque banal. On parlerait plutôt d’un vestiaire normal. Il serait plus surprenant de voir Gabriel Magalhaes ou Declan Rice se réjouir ouvertement de son départ.

Le cas Martinelli n’est pas un mystère. L’ailier sort d’une saison famélique : un but, quatre passes décisives. Pour un champion en titre, c’est très léger. Il arrive en fin de contrat dans un an, même si Arsenal dispose d’une option pour douze mois supplémentaires. Le club a donc un choix à faire : prolonger à des conditions élevées ou vendre maintenant.

Dans ce contexte, les 50 millions de livres évoqués ne sont pas un scandale. Certains clubs comme Chelsea ou Manchester City ont bâti un modèle économique sur la maximisation des plus-values, avec des ventes répétées de joueurs de rotation à des prix élevés. Arsenal, moins habitué à ce type de trading agressif, se situe dans une autre logique.

Comparer Martinelli à un profil comme Kenan Yildiz, plus jeune de quatre ans, dix buts et sept passes en Serie A la saison passée, n’aide pas vraiment sa cause. Même les défenseurs les plus acharnés du Brésilien peinent à soutenir qu’il a réellement franchi un cap sur les deux dernières saisons. La question posée dans le Mirror – « a-t-il vraiment progressé ? » – trouve une réponse assez froide : non. D’où la valeur.

Le prisme Savinho et la colère sur le marché

Le débat s’est enflammé lorsque le transfert de Savinho vers Tottenham, pour 85 millions de livres, est entré dans l’équation. Dans le Mirror, John Cross s’interroge : pourquoi Martinelli vaudrait-il 50 millions si Savinho part pour 85 ? Pourquoi Arsenal n’obtiendrait-il pas mieux ?

La réponse se trouve dans les mécanismes du marché, et dans un autre transfert sous-évalué, celui d’Omar Marmoush, qui sert de point d’ancrage à cette inflation ciblée. Savinho s’inscrit dans un montage plus large, où les prix sont parfois gonflés ou compressés pour équilibrer des opérations entre clubs liés. Martinelli, lui, est un actif plus classique : rendement en baisse, contrat qui s’amenuise, statut déclinant dans l’effectif.

La frustration des supporters vient de là : la sensation qu’Arsenal ne “vend” pas aussi bien que ses rivaux directs. Mais entre un joueur sur lequel le staff ne compte plus et un ailier en pleine ascension, les dynamiques sont opposées. La valeur suit la trajectoire sportive.

Arteta, Alvarez et la condition qui n’en est pas une

Dans le même temps, le nom de Julian Alvarez circule avec insistance autour d’Arsenal. Le Mirror évoque un “plan” à 130 millions de livres, avec une “condition” posée par Mikel Arteta.

On pourrait s’attendre à une exigence tactique, un détail contractuel, une clause complexe. Non. La fameuse “condition” serait qu’Alvarez… veuille vraiment venir à Arsenal. Autrement dit, le minimum absolu de n’importe quel transfert d’envergure.

Présenté comme un ultimatum, c’est en réalité une évidence. Aucun club ne pose 130 millions sur un joueur réticent. Derrière la formule, on retrouve surtout la volonté de donner du poids à une rumeur en quête de crédibilité.

Newcastle, Jaissle et le temps qui s’étire

Plus au nord, un autre débat agite la Premier League. Ian Ladyman, dans le Daily Mail, s’est attardé sur Matthias Jaissle, nouvel entraîneur de Newcastle, et sa réaction après le penalty concédé en toute fin de match contre Liverpool.

Le technicien allemand a pointé du doigt l’arbitre Stuart Attwell pour ce penalty tardif, obtenu par Victor Munoz après un contact avec Lewis Hall. Ladyman, lui, rappelle que le contact est clair, et renvoie Jaissle à ses propres choix.

Le tournant ? Un changement dans le temps additionnel : Yoane Wissa remplacé par Fabian Schar dans les ultimes secondes. Pour Ladyman, ce remplacement a été pensé pour grignoter quelques instants, et a simplement poussé l’arbitre à ajouter 30 secondes, dans lesquelles Munoz a provoqué le penalty.

Les nouvelles consignes sont claires : un joueur doit quitter le terrain en moins de dix secondes sous peine de carton. Les changements “pour casser le rythme” perdent de leur intérêt. Reste une autre lecture possible : remplacer un attaquant par un défenseur en fin de match pour verrouiller un score n’a rien de révolutionnaire. La frontière entre gestion tactique et “anti-jeu” devient de plus en plus fine, et les entraîneurs vont devoir s’adapter à ce chronomètre renforcé.

Manchester United, Baleba et le “plan” qui ressemble à de l’improvisation

À Manchester, on parle aussi de “plan”. Selon le Manchester Evening News, la stratégie de Manchester United sur le mercato aurait “payé” avec un gain de 45 millions de livres autour du dossier Carlos Baleba.

L’idée est simple : l’été dernier, le milieu aurait coûté environ 115 millions. Un an plus tard, United s’apprête à le recruter pour 70 millions. Économie réalisée : 45 millions. Sur le papier, ça ressemble à un coup de maître.

Sur le terrain, l’histoire est moins flatteuse. Le club a repoussé un transfert jugé trop cher, pour revenir un an plus tard avec une somme toujours énorme, après une saison décevante du joueur. Entre-temps, l’équipe a démarré la saison en perdant contre un promu, Hull, avec un milieu dépassé où Youri Tielemans peine à suivre le rythme. Difficile de présenter cela comme un scénario parfaitement orchestré.

Ce “plan” ressemble davantage à une série de réajustements : intérêt pour Elliot Anderson, Mateus Fernandes, voire Sandro Tonali avant de revenir sur Baleba. Un chemin tortueux maquillé en stratégie long terme.

Entre un vestiaire d’Arsenal présenté comme en rébellion pour une phrase ambiguë, des “conditions” de transfert qui n’en sont pas, et des “plans” de mercato racontés après coup, une constante se dessine : l’histoire se vend mieux quand elle paraît dramatique, tranchée, presque romanesque.

Sur le terrain, les véritables réponses tomberont plus vite que les gros titres. Martinelli partira-t-il relancer sa carrière ailleurs ? Arteta obtiendra-t-il le profil offensif qu’il réclame ? Et qui, au final, aura vraiment un plan, au-delà des mots ?